« Je n’aime pas considérer cela comme une défaite. » Au soir du 3 novembre, Donald Trump ne conteste pas la victoire démocrate, mais s’emploie à en limiter la portée politique. Interrogé par Fox News, le président américain se dit « un peu surpris » par les résultats : « Je pensais que nous ferions mieux. » Quelques heures plus tard, sur son réseau Truth Social, il formule plus directement sa défense : « Je n’étais pas sur le bulletin de vote et, si je l’avais été, nous aurions gagné PAR UN RAZ-DE-MARÉE ! »
Cette réaction contraste avec la stratégie qu’il avait lui-même adoptée pendant la campagne. Dans les semaines précédant le scrutin, Donald Trump avait appelé les électeurs républicains à voter comme si sa propre candidature figurait sur les bulletins. S’il reconnaît finalement les mérites de ses adversaires (« Je pense que les démocrates ont fait du bon travail, vraiment. Ils se sont battus avec acharnement », déclare-t-il sur Fox News), il ne remet pas pour autant en cause son propre bilan.
Candidats républicains, prix de l’essence : les raisons avancées par Trump
Parmi les premières explications avancées par Donald Trump figurent les candidats républicains eux-mêmes. « Ils n’aimaient pas les candidats et certains de ceux que j’ai soutenus m’avaient combattu », affirme-t-il sur Fox News. Le président met ainsi en cause les divisions internes à son parti, laissant entendre qu’elles ont empêché certains candidats de convaincre les électeurs.
Mais cette lecture ne suffit pas à expliquer le revers républicain. Le scrutin s’est également déroulé dans un contexte économique tendu, marqué notamment par la hausse des prix de l’essence. La guerre contre l’Iran a contribué à cette hausse, qui a pesé sur le pouvoir d’achat des Américains et a pu renforcer le mécontentement envers la Maison-Blanche.
Interrogé sur le rôle de la guerre, Trump répond d’abord à Bret Baier, journaliste de Fox News : « Je ne pense pas que ce soit la guerre, Bret, je pense que c’est le prix de l’essence. » Il reconnaît toutefois ensuite que le conflit a compté : « Je pense qu’une partie [de la défaite] est due à l’Iran. » Le président estime que les électeurs pouvaient comprendre la nécessité de l’intervention militaire tout en refusant d’en supporter les conséquences économiques immédiates. Il justifie la poursuite du conflit par la nécessité d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. « J’ai fait ce qu’il fallait. Je l’aurais refait », affirme-t-il également au Wall Street Journal. Trump admet ainsi que la guerre a eu un coût électoral, sans remettre en cause le bien-fondé de sa décision.
Un Congrès démocrate : une marge de manœuvre réduite
La défaite républicaine pose désormais une question concrète : comment Donald Trump compte-t-il gouverner avec un Congrès dominé par ses adversaires ? Les démocrates pourront bloquer une partie de ses projets, peser sur les négociations législatives et renforcer le contrôle parlementaire sur son administration. Pour le président, la perte des deux chambres complique donc la mise en œuvre de son programme.
Trump assure pourtant être prêt à coopérer. Dans le même temps, il brandit une arme institutionnelle dont il conserve la maîtrise : le veto présidentiel. « Ils vont envoyer des textes insensés et j’y opposerai mon veto », prévient-il sur Fox News. Il imagine ainsi un rapport de force dans lequel les démocrates, confrontés aux blocages, seraient finalement contraints de négocier avec lui.
Le veto ne lui permet toutefois pas d’imposer seul ses priorités. Le Congrès conserve le pouvoir d’adopter les lois et de contrôler l’action de l’exécutif. Pour surmonter un veto présidentiel, les élus doivent réunir une majorité des deux tiers dans chacune des chambres. Cette prérogative donne à Trump un moyen de résistance, mais ne compense pas la perte de ses majorités parlementaires.




