Le prix Nobel donne le coup d’envoi de la saison des récompenses les plus attendues au monde. Ce 5 octobre, le prix Nobel de physiologie ou médecine a été décerné à Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel. Le trio est récompensé pour ses travaux pionniers sur l’optogénétique, une technique qui permet de contrôler l’activité de cellules nerveuses à l’aide de la lumière.
Les annonces se poursuivront jusqu’au 12 octobre. Le prix Nobel de la paix sera attribué vendredi 9 octobre. L’année dernière, le comité avait été placé sous pression par la campagne de Donald Trump en faveur de sa propre candidature. La séquence avait été d’autant plus délicate que la lauréate du Nobel de la paix 2025, la Vénézuélienne María Corina Machado, avait ensuite remis sa médaille au président américain, estimant qu’il la méritait, après la capture du président Nicolás Maduro.
De candidat à lauréat : un parcours très sélectif
Cette séquence autour du Nobel de la paix rappelle une règle essentielle : il n’est pas possible de se porter soi-même candidat à un prix Nobel. Les candidatures doivent être proposées par des personnes habilitées à le faire, selon des critères qui varient en fonction du prix. Pour le Nobel de la paix, les personnes habilitées comprennent notamment des parlementaires, des ministres, des chefs d’État, des universitaires et d’anciens lauréats.
Les candidatures sont ensuite étudiées par l’instance chargée de décerner chaque prix. Pour le Nobel de la paix, il s’agit du Comité Nobel norvégien, composé de cinq membres élus par le Parlement norvégien. Des experts peuvent aussi être consultés au cours de l’examen des candidatures.
Le processus de sélection comprend plusieurs étapes, dont l’établissement d’une liste restreinte. Mais être régulièrement nommé ne garantit en rien de remporter le prix.
L’astrophysicienne canadienne Chiara Mingarelli souligne ainsi dans la revue Nature Physics que « les nominations sont loin d’être une garantie de victoire ». « Certains des scientifiques les plus célèbres ont été sélectionnés des dizaines de fois sans jamais remporter le prix », ajoute-t-elle. Le chimiste russe Dmitri Mendeleïev, à l’origine du tableau périodique des éléments, en est un exemple.
Enfin, le secret reste au cœur du processus. Les noms des personnes nommées et les propositions de candidature ne peuvent être rendus publics qu’au terme d’un délai de 50 ans.
Quelques minutes avant le monde entier, les lauréats apprennent leur victoire
Après des mois de sélection et de délibérations, vient le moment de l’annonce. Les lauréats sont généralement prévenus peu avant que leur nom ne soit rendu public. Selon la Fondation Nobel, certains sont difficiles à joindre ou pensent à une plaisanterie lorsqu’ils décrochent leur téléphone.
Mais le Nobel ne se résume pas à cette reconnaissance internationale. Il s’accompagne également d’une importante récompense financière. Cette dotation trouve son origine dans le testament d’Alfred Nobel, rédigé le 27 novembre 1895, un an avant sa mort. Le scientifique et industriel suédois y prévoit que l’essentiel de sa fortune soit placé dans des investissements sûrs afin que les revenus générés puissent être distribués chaque année aux lauréats.
En 2026, la dotation s’élève à 12 millions de couronnes suédoises par prix, soit environ 1,1 million d’euros. Les lauréats reçoivent également une médaille d’or et un diplôme personnalisé, réalisé à la main.
Après leur annonce en octobre, les lauréats sont officiellement récompensés le 10 décembre, date anniversaire de la mort d’Alfred Nobel. Les cérémonies se déroulent à Stockholm pour les prix de physique, de chimie, de physiologie ou médecine, de littérature et d’économie. Le Nobel de la paix est remis à Oslo.



