Déjà 64 966 exemplaires vendus en six semaines en France, selon les chiffres de GfK rapportés par Le Parisien : le roman « C’était ça ou mourir » est en tête des ventes de romans. Paru aux éditions Grasset le 19 août dernier, c’est l’un des phénomènes de la rentrée littéraire. Pourtant, ce succès s’accompagne d’une polémique. D’abord en lice pour le prix Goncourt, le livre raconte l’odyssée de Jonas Dorléon, un professeur haïtien contraint de fuir Port-au-Prince. Le 21 septembre, Thélyson Orélien est accusé, dans une publication du compte « Balance ton Claude » sur le réseau social X, d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire son roman. L’auteur nie avoir utilisé l’IA. Dans le même temps, il est visé par des accusations de plagiat liées à des textes publiés au Canada, où il vit depuis 2010. Invoquant les accusations de plagiat et d’utilisation de l’IA, l’Académie Goncourt écarte le 25 septembre « C’était ça ou mourir » de sa sélection.
De polémique à phénomène
Le recours à l’IA reste contesté par l’auteur. Mais une chose est claire : les ventes du roman de Thélyson Orélien ont continué à augmenter en France, même après le début de la polémique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 18 254 exemplaires ont été vendus du 21 au 27 septembre, semaine durant laquelle la polémique a été lancée, contre 12 506 la semaine précédente, selon le palmarès des meilleures ventes NielsenIQ BookData/Livres Hebdo. Un chiffre particulièrement élevé pour un premier roman écrit par un auteur jusqu’alors peu connu en France.
Le livre prend la première place dans la catégorie des romans et devance plusieurs poids lourds de la rentrée comme Marc Levy et Amélie Nothomb. Défendu par des libraires, qui invitent les lecteurs à se forger leur propre opinion, l’auteur canado-haïtien avait reçu le prix du roman Fnac avant le début de la polémique.
Une utilisation de l’IA qui soulève des questions
Sur le plan légal, l’usage de l’IA n’est pas interdit en soi. En France, écrire et publier un livre avec l’aide de l’IA ne constitue pas, à lui seul, une infraction. Cela ne dispense toutefois pas du respect du droit d’auteur. Le CSPLA (Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique), instance consultative, n’impose pas aux auteurs de déclarer cet usage : son rapport publié en décembre 2024 porte sur la transparence des contenus utilisés pour entraîner les modèles d’IA.
En ce qui concerne les prix, les conditions de sélection relèvent de chaque jury. Dans le cas du prix Goncourt, l’Académie a rappelé que son rôle consiste à promouvoir et à couronner « la littérature écrite par des femmes et des hommes ». La polémique a également eu des répercussions sur la promotion du livre. En pleine tournée en France, Thélyson Orélien a interrompu ses rencontres et est retourné au Canada. L’auteur continue de contester les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle dans la rédaction de « C’était ça ou mourir ».





