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Réchauffement climatique : la barre des 1,5 °C se rapproche dangereusement

En 2010, la pollution de l’air était la principale préoccupation environnementale des Français. Dorénavant, elle est devancée par l’enjeu climatique et les catastrophes naturelles. (source : SDES, 2025 / Photo : Planet One Images/UCG/Universal Images Group via Getty Images)
L’Institut européen de Copernicus alerte sur la vitesse à laquelle « les phénomènes climatiques extrêmes sont en train de devenir la norme plutôt que l’exception » sur le Vieux Continent. D’ici 2030, l’objectif des 1,5°C sera dépassé au vu du rythme auquel les gaz à effet de serre s’accumulent.

« En Europe, une vague de chaleur inhabituellement précoce et intense montre à quelle vitesse les phénomènes climatiques extrêmes sont en train de devenir la norme plutôt que l’exception », alerte Samantha Burgess, du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, dans un communiqué du service européen Copernicus publié mercredi 10 juin. En parallèle, le rapport Indicators of Global Climate Change 2025 estime que dans quatre ans, le réchauffement dû aux activités humaines pourrait atteindre le seuil de 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle, vu le rythme auquel les émissions de gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère.

Ce nouveau rapport scientifique alarme sur un réchauffement climatique qui s’est encore accéléré au cours de la dernière décennie. L’un des indicateurs clés permettant de mesurer cette évolution, en s’appuyant sur les méthodes du sixième rapport d’évaluation du GIEC (AR6), montre que le déséquilibre énergétique de la Terre (DET) a atteint un niveau record et a doublé au cours des dernières décennies.

En mai 2026, la température moyenne mondiale a atteint 15,81 °C

Pendant les dernières décennies, les données montrent une accumulation croissante de chaleur dans le système climatique. Au sein de l’Union européenne, l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) estime ce jeudi 11 juin qu’il est urgent pour l’Europe de renforcer la cohérence et l’efficacité des politiques d’adaptation au changement climatique pour faire face aux défis environnementaux.

En Europe, de nouveaux records mensuels ont été relevés en mai dernier, ce qui a provoqué des situations « particulièrement difficiles » dans des régions en France qui n’ont pas l’habitude de telles chaleurs à cette période de l’année. C’était également le cas dans d’autres pays européens, comme au Royaume-Uni, en Irlande et au Portugal, note l’observatoire climatique européen. Samantha Burgess, climatologue au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, affirme que cette « vague de chaleur inhabituellement précoce et intense » illustre un phénomène climatique de plus en plus extrême. Ce sont aussi, selon elle, des phénomènes qui sont en train « de devenir la norme plutôt que l’exception », alarme-t-elle dans un communiqué.

Le rapport de Copernicus note qu’à l’échelle mondiale, le mois de mai 2026 restait toutefois plus faible en termes de températures que celui de mai 2024. Toutes surfaces confondues, de la terre à l’atmosphère en passant par la mer, la température moyenne de l’air à la surface du globe s’est établie à 15,81 °C. Une valeur qui correspond à 0,55 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020 pour un mois de mai, et à 1,42 °C au-dessus des températures estimées lors de la période préindustrielle allant de 1850 à 1900, c’est-à-dire avant que l’exploitation d’énergies fossiles comme le charbon et le pétrole accélère le réchauffement du climat. Par ailleurs, le niveau de réchauffement planétaire d’origine humaine augmente de 0,27 °C par décennie. Avec ce rythme, le seuil de 1,5 °C pourrait être atteint autour de 2030, souligne le rapport rédigé par plus de 70 chercheurs.

Dans le Pacifique équatorial, l’arrivée d’El Niño se confirme

L’étude note que la température des océans a été « exceptionnellement élevée », notamment dans l’océan Pacifique tropical. Alors qu’au contraire, dans le Pacifique équatorial, les eaux poursuivent leur « transition vers des conditions El Niño, attendues dans les mois à venir », souligne Copernicus. Malgré ces chiffres inquiétants, certains éléments indiquent que la croissance des émissions de CO2 a cependant ralenti. Les influences et les changements climatiques présentés dans le rapport reflètent les conséquences des choix énergétiques, industriels et politiques en matière de préservation de l’environnement et de combat contre le réchauffement climatique au cours des années 2020.

Il est urgent pour l’Union européenne de renforcer la cohérence et l’efficacité des politiques d’adaptation au changement climatique pour faire face aux défis environnementaux, estime un rapport publié ce jeudi 11 juin par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). Les 32 pays de l’agence, comprenant les 27 membres de l’UE, l’Islande, la Norvège, la Turquie, le Liechtenstein et la Suisse, ont accompli des progrès remarquables en adoptant notamment à leur échelle nationale des politiques d’adaptation.

L’Europe et ses voisins à l’œuvre… mais pas assez efficacement

Tous les pays ont anticipé une aggravation des risques climatiques, en particulier des vagues de chaleur et des augmentations de température, qui sont suivies de près par les inondations et les sécheresses. Un écart persiste toutefois entre les différentes politiques, la planification ainsi que la mise en œuvre concrète. « Les pays utilisent différents systèmes de planification, instruments juridiques et structures de gouvernance qui reflètent leurs contextes institutionnels nationaux », a souligné le rapport. Ce qui permettrait ainsi une « certaine flexibilité et des solutions adaptées au contexte », mais rendrait plus compliquée l’adoption d’une « approche stratégique cohérente » à l’échelle de l’Europe.

Le rapport défend la mise en place d’un meilleur alignement qui renforcerait donc « les liens entre l’identification des risques climatiques, la conception des politiques, l’action en anticipation, le suivi des progrès et l’apprentissage partagé, contribuant ainsi à réduire les risques climatiques et à renforcer la résilience », note l’AEE. En outre, ces données restent encore incomplètes et insuffisantes pour estimer l’efficacité de ces politiques nationales qui visent à réduire les risques climatiques. L’urgence reste pourtant au cœur des enjeux contemporains étant donné que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale depuis les années 1980.

À l’échelle de l’Union européenne, les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes auraient coûté environ 822 milliards d’euros entre 1980 et 2024. Un quart de ce montant correspond aux pertes enregistrées entre 2021 et 2024, selon l’Agence européenne pour l’environnement.

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