La France semble décidément abonnée à la victoire. Alors que toute défaite signifie désormais, dans cette Coupe du monde, une élimination immédiate et un retour à la maison, les Bleus ont gardé la tête froide face à la Suède en lui infligeant un 3-0 net. Une victoire attendue dans le cadre de ces seizièmes de finale, mais euphorisante, tant chez les joueurs que chez les supporters. La première demi-heure du match contre les Blågult, somme toute assez lente et fermée, s’est rapidement muée en une domination nette des Tricolores.
L’équipe de France s’est offert de nombreuses occasions, notamment grâce à son quatuor offensif composé de Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Michael Olise et Bradley Barcola. Avec sa force d’attaque, les Bleus avancent avec ambition dans le tournoi, même si la route vers les derniers tours reste encore longue. L’équipe de Didier Deschamps se prépare, pour l’heure, à affronter le Paraguay en huitième de finale, ce samedi 4 juillet.
Le match porté par un duo étincelant
En ligne avec les précédents matchs disputés lors de cette Coupe du monde 2026, Kylian Mbappé s’est imposé comme un élément indispensable dans la confrontation face à la Suède. Auteur de deux buts, le premier marqué avant la mi-temps dans un angle fermé (45e) et le second sur une passe décisive de Michael Olise (74e), l’avant-centre du Real Madrid poursuit une dynamique irréprochable depuis le début de la compétition.
Le joueur de 27 ans, élu homme du match, affiche le bilan imposant de six buts en quatre rencontres au cours de ce Mondial organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Depuis le début de sa carrière chez les Bleus, le natif de Paris se rapproche des plus grands buteurs de l’histoire de la Coupe du monde, avec 18 réalisations en trois éditions. L’Argentin Lionel Messi, détenteur de huit Ballons d’or, reste légèrement au-dessus avec un bilan inégalé de 19 buts. Le joueur de 39 ans demeure, pour l’instant, le buteur le plus prolifique de l’histoire de la compétition, bien que son record soit plus que jamais menacé par son homologue français.
En complément de la performance essentielle de Kylian Mbappé sur le gazon vert, les capacités de Michael Olise contre la Suède se sont, elles aussi, montrées à la hauteur des enjeux. « C’est un monstre, il voit les choses si vite et différemment des autres. Les joueurs aussi techniques oublient parfois les efforts défensifs, pas lui », s’est réjoui Thierry Henry sur la chaîne américaine Fox Sports. Dribbles maîtrisés, auteur de deux passes décisives, retourné magnifique sur le poteau en première période… le milieu offensif de 24 ans a fait l’objet, lors de sa sortie aux côtés de Kylian Mbappé à la 85e minute, d’une ovation remarquée par les 80 000 spectateurs du MetLife Stadium, près de New York. Il s’impose aujourd’hui comme le meilleur passeur de la compétition.
« Ce genre de match, ce n’est jamais évident. J’ai regardé les autres seizièmes, c’est difficile pour tout le monde. Ça l’a été moins pour nous, car on a bien fait les choses. Dans quatre jours, on sait ce qui nous attend. Il faudra remettre ça face à un adversaire qui a des qualités différentes », s’est exprimé Didier Deschamps lors de la conférence de presse suivant le match.
Le duo de prestige Mbappé-Olise a performé avec une belle cohésion grâce à la présence des Parisiens Ousmane Dembélé et Bradley Barcola, le premier s’étant démarqué par des actions cruciales, dont une passe décisive pour Kylian Mbappé, et le second ayant signé le deuxième but du match, à la 53e minute.
Une équipe soudée autour de Didier Deschamps
Bien au-delà des compteurs et des résultats, l’équipe de France s’est illustrée par sa cohésion inébranlable, renforcée par le retour de son illustre mentor, Didier Deschamps. Cette unité s’est illustrée dès la première mi-temps après le premier but de Kylian Mbappé, dont la joie a transporté l’attaquant jusqu’aux bras de son sélectionneur. Le natif de Bayonne, qui était retourné expressément en France afin d’assister aux funérailles de sa mère, manquant alors l’affrontement contre la Norvège, a resserré son équipe dans une vague d’unisson et d’affection.
« Toute l’équipe était là avec lui. Il y a des choses qui sont plus importantes qu’une Coupe du monde, que le football. C’est l’ADN de ce groupe, d’être tous ensemble, de vraiment être soudés et on est tous derrière le coach. On voulait lui faire ressentir qu’il n’était pas tout seul », a déclaré Kylian Mbappé à la sortie de l’affrontement.
L’accolade de l’attaquant à la suite de son premier but contre la Suède, lourde de symboles, n’a pas manqué d’émouvoir Didier Deschamps, qui s’est exprimé sur cet instant de forte cohésion. « Le groupe était uni, ils ont fait ce qu’il fallait quand je n’étais pas là et c’était mieux que je ne sois pas là pour moi et pour eux. Et à partir du moment où je suis revenu, ils savent que je suis avec eux », a confié le sélectionneur, qui se dit « fier » de la prestation de ses joueurs.
Si les Tricolores ont maîtrisé le match de bout en bout jusqu’à la victoire, Didier Deschamps refuse de céder à la facilité de l’orgueil et veut encore identifier les faiblesses de son équipe. Le sélectionneur regrette notamment que ses joueurs aient « concédé un peu trop d’occasions », tandis que « des petits ajustements [restent] à faire dans le placement ». Se perfectionner est une étape essentielle alors que « l’exigence va monter », selon le technicien, au fur et à mesure que les affrontements se poursuivront dans le Mondial.
Le prochain match, qui se déroulera le 4 juillet contre le Paraguay à Philadelphie (Pennsylvanie), ne devrait pas être de tout repos pour les Bleus. Les joueurs affronteront une équipe déterminée qui a, contre toute attente, éliminé l’Allemagne ce 29 juin, après un nul (1-1) et une séance de tirs au but remportée 4-3. Un exploit qui semble faire pousser des ailes dans le dos du sélectionneur et des joueurs paraguayens, selon qui les « vingt-six guerriers » de leur équipe n’ont « peur de personne », y compris des « stars » françaises.
Le prochain match de l’équipe de France rappelle à Didier Deschamps sa Coupe du monde de 1998, au cours de laquelle il avait affronté, en huitième de finale également, le Paraguay, remportant le match 1-0. « J’espère que ce sera moins dur. J’ai vu le match face à l’Allemagne. Le Paraguay a de la qualité, de bons joueurs, de l’agressivité, une capacité à bien défendre et à s’accrocher, qui est dans son ADN. Ils vont jouer leur chance à fond », a-t-il analysé, appelant ses protégés à « ne pas tomber dans l’euphorie » de leurs victoires successives.






