Patrick Bruel, accusé de viols et d’agressions sexuelles par plusieurs femmes, va faire face à trois juges d’instruction ce 10 juin 2026 en vue d’une possible mise en examen. Le chanteur et acteur, qui annonçait fin mai renoncer à bon nombre de ses concerts « dans un souci d’apaisement et de responsabilité », avait passé 48 heures en garde à vue depuis lundi 8 juin.
Le parquet de Nanterre a requis son placement en détention provisoire, précise le ministère public, qui fait mention dans son communiqué d’une liste de neuf faits s’établissant entre 2000 et 2019. Le magistrat a requis l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de Patrick Bruel, ainsi que sa mise en examen pour des faits présumés d’agressions sexuelles, de viols, de tentatives de viol et de harcèlement sexuel.
Un dénouement judiciaire espéré par les plaignantes
Auditionné depuis deux jours dans le cadre d’accusations de viols et d’agressions sexuelles, Patrick Bruel se présente, ce 10 juin, à trois juges d’instruction en vue d’une possible mise en examen, d’après un communiqué du parquet de Nanterre. Le procureur de la République a également requis le placement en détention provisoire du chanteur et acteur de 67 ans.
« Le procureur de la République a requis l’ouverture d’une information judiciaire à son encontre et sa mise en examen pour des faits de viols, tentatives de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel concernant 9 victimes, commis entre 2010 et 2019 », a indiqué le ministère public dans un communiqué paru mercredi 10 juin.
Les faits visés par ces réquisitions concernent précisément une agression sexuelle à Grenoble en 2000, une tentative de viol à Bruxelles et une tentative de viol à Neuilly-sur-Seine en 2010, un viol à Dinard en 2012, un viol à L’Isle-sur-la-Sorgue en 2015, un viol à Paris en 2019, une agression sexuelle et un harcèlement sexuel à Perpignan en 2019, ainsi qu’un harcèlement sexuel à Ajaccio et un autre à Nyon, en Suisse, la même année. Le parquet précise dans son communiqué que certains des « faits, non prescrits, précédemment classés sans suite, ont été réexaminés, et ont pu être ainsi inclus dans la saisine des juges d’instruction ».
Ont également été jointes au dossier de l’information judiciaire « les procédures concernant 13 victimes de viols, tentatives de viol, agressions sexuelles et harcèlement sexuel commis entre septembre 1992 et septembre 2008 », en dépit de leur prescription apparente « à ce stade ». Les juges d’instruction auront notamment pour tâche de vérifier si cette prescription est effectivement acquise.
Les plaintes s’accumulent et le chanteur conteste les faits
Depuis la révélation de l’affaire par Mediapart en mars 2026, les accusations contre Patrick Bruel se sont multipliées. À ce jour, près d’une trentaine de femmes ont choisi de porter plainte, de témoigner ou d’adresser des signalements à la justice, le parquet de Nanterre centralisant désormais une partie importante des procédures depuis mi-mai.
Au cours de la garde à vue du chanteur et acteur, initiée lundi 8 juin, trois nouvelles plaintes pour viols et tentative de viol ont été annoncées par deux avocates de plaignantes, Maîtres Myriam Guedj-Benayoun et Corinne Herrmann.
Les réquisitions prononcées par le procureur de la République sont « un signal fort », estime Me Carine Durrieu Diebolt, avocate d’une plaignante au micro de BFMTV. « C’est une avancée hautement symbolique pour les victimes. Mais combien de victimes a-t-il fallu dans cette affaire pour qu’enfin émerge leur parole ? ».
Acculé par les nombreuses accusations qui déferlent depuis la révélation de l’affaire il y a deux mois, Patrick Bruel a progressivement pris la décision de réduire ses apparitions publiques. Le chanteur de 67 ans a notamment annulé les dernières représentations de la pièce Deuxième partie, écrite par Samuel Benchetrit et jouée au théâtre Édouard VII. Même destin pour ses concerts estivaux, lesquels devaient inaugurer sa tournée anniversaire de son deuxième album Alors Regarde, paru il y a 35 ans. Patrick Bruel s’est également retiré de la troupe des Enfoirés tout en espérant la rejoindre « une fois que la justice aura prouvé [son] innocence ». « Compte tenu des circonstances, j’ai décidé de ne mettre aucune ni aucun d’entre vous dans un quelconque embarras », avait-il envoyé par message à la troupe.
Patrick Bruel conteste fermement l’ensemble des accusations formulées à son encontre. Ses avocats, Maîtres Céline Lasek, Christophe Ingrain et Fanny Colin, soulignent la volonté de leur client de répondre à la justice. Il « avait depuis plusieurs semaines fait savoir qu’il était à la disposition de la justice, pour pouvoir enfin répondre dans le cadre de la procédure judiciaire, devant l’autorité compétente », ont-ils indiqué. « Il répondra à toutes les questions des enquêteurs, transmettra tous les éléments nécessaires à démontrer son innocence », ont-ils également déclaré, alors que l’affaire entre désormais dans une nouvelle phase judiciaire.





