Alors qu’en France les 26 personnes cas contact ont de nouveau été testées négatives au virus et restent en isolement, l’opération d’évacuation à Tenerife se termine et une mission scientifique se rend la semaine prochaine sur les origines du virus à Ushuaïa.

« C’est une très bonne nouvelle » : aucun des 26 cas contacts n’est positif. En France, la femme rapatriée de la croisière MV Hondius testée positive à l’hantavirus est toujours prise en charge au service de réanimation de l’hôpital Bichat à Paris, pendant que les 26 autres cas contacts ont été placés à l’isolement. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré que les 26 cas contacts de la croisiériste néerlandaise du MV Hondius décédée,  ont tous été testés négatifs à l’hantavirus. « Par mesure de précaution », toutes les personnes concernées sont « placées en isolement hospitalier » et « continueront à être suivies médicalement et à être testées 3 fois par semaine », a indiqué la ministre.

Aucun cas contact contagieux relevé

L’infectiologue à l’hôpital Saint-Antoine, Karine Lacombe, s’est réjouie de la nouvelle : « C’est une très bonne nouvelle » face à un potentiel risque de propagation du virus, « même si elles devaient “positiver” plus tard, elles n’ont pas pu contaminer des personnes avant », affirme-t-elle. Puisque les personnes concernées « sont actuellement toutes isolées », si jamais elles développent la maladie, elles ne pourront pas la transmettre.

Les 26 cas contacts français testés négatifs pour le moment peuvent encore développer le virus s’ils en sont porteurs. La durée d’incubation des 26 jours peut s’étendre jusqu’à 42 jours. Les tests actuels, au-delà de confirmer que ces personnes ne sont pas atteintes du virus, attestent également qu’elles n’ont à l’heure jamais été contagieuses non plus. 

Selon la spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, le risque d’apparition d’un nouveau foyer comme celui qui s’est manifesté sur le MV Hondius est « extrêmement faible », bien qu’« un risque, par définition », ne soit « jamais zéro ». Karine Lacombe a ajouté que l’hantavirus « ne se transmet pas tellement de personne à personne », elle relativise en affirmant que « dans tous les pays européens, des mesures ont été prises, un peu semblables », même si « certains pays ont été moins fermes », souligne-t-elle.

Une évacuation réussie à Tenerife

Dans les îles des Canaries, « notre travail à Tenerife est terminé », a écrit dans un message sur le réseau social X le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, adressant des remerciements « du plus profond de [son] cœur » aux habitants de l’île de Tenerife. C’est sur cette île qu’une partie des passagers et des membres de l’équipage ont pu débarquer pour être rapatriés dans leur pays d’origine. « Nous vivons à une époque où il est facile de fermer les portes, de se replier sur soi, de laisser la peur se transformer en hostilité. Tenerife a choisi un autre chemin », a-t-il affirmé, « mais pour nous, le travail n’est pas terminé tant que tous les passagers et l’équipage ne seront pas sortis de la quarantaine et réunis avec leurs proches », a assuré le directeur de l’OMS.

À la recherche de rongeurs porteurs du virus

En parallèle, une mission scientifique se rendra la semaine prochaine à Ushuaïa afin de suivre les traces de l’origine de la contamination à l’hantavirus, ont annoncé les autorités sanitaires locales. Une équipe de l’Institut Malbran de Buenos Aires en Argentine se rendra pour observer une éventuelle présence de rongeurs porteurs de l’hantavirus. Le bateau de croisière MV Hondius, qui était parti du port d’Ushuaïa le 1ᵉʳ avril dernier, devait visiter l’Antarctique et plusieurs îles situées dans l’Atlantique Sud. « L’idée est de faire le prélèvement d’échantillons [de rongeurs] la semaine prochaine », a déclaré à la presse sur place le directeur Épidémiologie de cette région de la Terre de Feu, Juan Petrina, qui a précisé que, « à partir de ces analyses, « on suppose que les résultats devraient être prêts dans les quatre semaines ».
Selon les autorités, le virus est toutefois absent dans la province d’Ushaïa, les lieux précis où doivent être éventuellement réalisées les captures de rongeurs « n’ont pas encore été définis », mais sont actuellement en discussion entre la province et l’institut Malbran. Ce qui est cependant certain, c’est qu’aucun prélèvement ne sera fait « dans la décharge », qui d’après des théories pourrait être le lieu à l’origine de la première contamination.
Juan Petrina l’affirme lui-même : « Ça n’a pas de sens : les rongeurs qui s’y trouvent sont des rongeurs urbains, pas susceptibles d’hantavirus. » Alors qu’Ushuaïa se défend catégoriquement d’être à l’origine de la propagation de l’hantavirus, un Néerlandais avait séjourné pendant 48 heures dans cette ville avant d’embarquer sur le fameux navire de croisière après quatre mois à voyager en Argentine, au Chili et en Uruguay.