Ads

Édition française du magazine TIME – Abonnement 1 an 4 n°, 41 € (économisez 10%)

Investie par les Écologistes, Marine Tondelier fait un premier pas vers l’élection présidentielle

Marine Tondelier a elle-même été désignée candidate des écologistes pour la primaire de la gauche crédit@Antoine Gyori - Corbis via Getty Images
Après un vote qui avait laissé peu de place au suspens, la secrétaire nationale des Ecologistes a largement remporté le scrutin interne qui fait d'elle la candidate des verts à la primaire de la gauche. Une victoire qui lance une campagne placée sous le signe de l'union de la gauche. 

Y en avait-il pour croire que cela n’allait pas arriver ? Depuis le siège parisien des Écologistes, Marine Tondelier a été officiellement investie ce 8 novembre par son parti, après un vote électronique qui a duré tout le week-end. Les chiffres parlent d’eux mêmes. Marine Tondelier a bénéficié d’un large soutien : sur les 6891 militants qui ont pris part au vote, 86% d’entre eux ont accordé leur confiance à Marine Tondelier et seulement 14% d’entre eux ont fait le choix de son seul opposant à ce scrutin, Waleed Mouhali, conseiller municipal à la Garenne-Colombes. Ce dernier a félicité « très chaleureusement »  celle à qui il faisait face, affirmant qu’il sera « le plus loyal possible », précisant tout de même qu’il sera « loyal et exigeant ». 

Marine Tondelier s’est elle félicité d’avoir été investie « très largement » par les militants du parti auquel elle appartient « depuis 2009 », précise-t-elle. « Ce n’était pas mon choix de vie il y a quelques années », explique la cheffe de file des Écologistes, remerciant aux passage celles et ceux qui l’ont « convaincu » de participer au scrutin.
Voilà donc Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes depuis décembre 2022, glissée dans les habits de prétendante à beaucoup plus, puisqu’elle se soumettra en automne prochain, à un autre scrutin dont les modalités exactes n’ont pas encore été révélées : la primaire de la gauche. Pour le moment, elle est la troisième candidate à ce processus de désignation, avec les anciens insoumis Clémentine Autain et François Ruffin. Le PS, dont la direction s’est engagée à participer à cette primaire, devrait désigner son candidat après les élections municipales. 

Un trait d’union à gauche

Dès l’annonce des résultats, Marine Tondelier a esquissé les contours de la campagne qu’elle compte mener. Elle explique les réunions publiques inversées auxquelles elle se livre dans un tour de France.  « On commence par se taire et écouter », raconte-t-elle. Des réunions publiques qui vont continuer de se tenir régulièrement, comme ce 13 décembre à Pantin. Elle égraine des thèmes de campagne, de l’enfance à la solitude, en passant par les territoires « abandonnée, méprisés, délaissés ». Une campagne qui a déjà son slogan : « tenez bon, nous arrivons », déjà imprimé sur un tract à son effigie.

Si en ce mois de décembre 2025, l’investiture de Marine Tondelier ne surprend personne, rien ne le prédisait il y a de cela un peu plus d’un an. C’est au lendemain des élections législatives qu’elle devient une figure nationale à gauche. Celle qui était tenue responsable du mauvais score de la liste de Marie Toussaint aux Européennes – 5,50% des voix, pour un scrutin pourtant privilégié par les Verts – s’est révélée comme une défenseuse invétérée de l’union de la gauche dans la campagne des législatives qui ont suivi. Elle qui pourtant, avait refusé de faire liste commune aux européennes, devient une voix parmi celles qui défendent la création d’un Nouveau Front Populaire.
C’est à ce moment qu’elle revêt une veste verte qu’elle ne quittera plus, un vêtement qui deviendra un gimmick politique. Une veste verte qu’elle portait d’ailleurs dans le studio de France Inter au lendemain du premier tour des élections législatives, en juillet 2024. Face à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, qui refuse de glisser un bulletin insoumis en cas de second tour face au Rassemblement National, Marine Tondelier peine à cacher les trémolos de sa voix et fait part, sans phare, se dit « atterrée » et « en colère » face à un macroniste dont elle dénonce un comportement « de lâche et de privilégié ». « Cela fait dix ans que je vis dans une ville tenue par le Rassemblement national », déclare alors celle qui a grandi à Hénin-Beaumont, fief de Marine Le Pen où Marine Tondelier est conseillère municipale depuis 2014. 

Critiquée en interne

Depuis, Marine Tondelier a conservé l’image de la plus unioniste des unionistes, et a largement gagné en popularité.
L’an dernier, elle a été la seule Française à apparaître dans le classement des 100 personnalités de demain de l’édition américaine de TIME Magazine.
En novembre 2024, avec un autre visage de l’union de la gauche, Lucie Castets, elle appelle les forces d’un NFP affaibli à une candidature commune pour la présidentielle de 2027. Quelques mois plus tard, à Bagneux, Marine Tondelier s’affiche sur l’estrade, entourée de François Ruffin, Lucie Castets, Clémentine Autain, Olivier Faure ou encore Benjamin Lucas. Ces derniers lancent « Front populaire 2027 », cette primaire pour proposer une candidature commune à gauche et insuffler une dynamique unioniste pour la présidentielle de 2027, alors que l’insoumis Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, ont refusé d’en faire partie et semblent sur la voie d’une candidature en leur nom propre. 

Mais la personnalité de Marine Tondelier ne fait pas pour autant consensus. Au printemps dernier, si elle a été largement reconduite à la tête des Écologistes, le congrès qui a eu lieu a remis sur le devant de la scène les critiques qu’elle suscite en interne. Preuve que cette dernière n’est pas une dirigeante incontestée, la conseillère municipale d’Hénin-Beaumont avait d’ailleurs face à elle trois candidats : l’ancienne eurodéputée Karima Delli, l’adjointe au maire de Bordeaux et proche de Sandrine Rousseau, Harmonie Lecerf Meunier et l’adjoint à la maire de Paris, Florentin Letissier. Marine Tondelier a notamment été critiquée par ses opposants internes pour sa manière de diriger le parti, où il lui est reproché un manque de démocratie interne. Des opposants qui dénonçaient notamment la rédaction de nouveaux statuts du parti afin de museler les oppositions. Qu’importe, la large popularité de Marine Tondelier lui permet de l’emporter dès le premier tour avec 73% des voix. 

Une désignation qui « ne résout rien » ?

Plusieurs mois après ce congrès pourtant, les critiques n’ont pas disparu. Alors qu’en réaction à sa désignation comme candidate à la primaire, Marine Tondelier a salué un processus de désignation qui « se passe bien et sereinement », ce qu’elle qualifie d’« historique » au sein des Écologistes. « Sereinement, parce que tout le monde s’en fout », grince auprès de TIME France un observateur de la gauche au fait des débats internes chez les verts.
Ce connaisseur du parti remet par ailleurs en question l’analyse de Marine Tondelier sur la participation au scrutin. Si cette dernière a loué une participation « plus importante qu’au congrès » d’avril dernier, il affirme qu’ « il y avait 10 fois plus de participants à la primaire de 2022 et le taux de participation s’élevait à 85% au second tour », explique-t-il. Certes, cette primaire était ouverte et n’est donc pas totalement comparable au processus de désignation qui a auréolé Marine Tondelier, mais ce dernier note aussi des taux de participation bien plus élevés aux primaires de 2016 (73% au premier tour) et de 2011 (77% au premier tour). 

Florentin Letissier, opposant interne à la secrétaire nationale, nuance les propos de Marine Tondelier sur la participation au scrutin : « 54%, ce n’est pas une participation très satisfaisante ». Ce dernier évoque aussi un « timing hors-sujet ». « C’est un calendrier taillé sur mesure pour Marine Tondelier car il  s’agissait pour elle d’aller vite », affirme-t-il, évoquant des réserves en interne sur le sujet. Au moment où Marine Tondelier avait annoncé sa candidature à la primaire dans un entretien au Nouvel Obs, puis sur le plateau du journal de TF1 déjà, la députée de Paris Sandrine Rousseau avait évoqué ce timing comme  « le pire qui puisse être ». « J’ai l’impression que cette désignation ne résout rien. On n’est toujours pas fixés sur la primaire, on ne sait même pas si elle aura lieu. On y verra beaucoup plus clair au lendemain des municipales, on pourra en tirer un certain nombre de conclusions », déclare Florentin Letissier. 

« Je ne vote pas pour David Copperfield »

Proche de Marine Tondelier, le député européen David Cormand loue les atouts d’une candidature au service de l’union de la gauche. « On met toutes les chances de notre côté pour peser, non pas dans une démarche individuelle, mais pour peser dans une primaire. La candidature de Marine Tondelier s’inscrit dans une logique collective de dépassement de l’écologie pour faire face à l’extrême droite en 2027 », affirme le soutien de la secrétaire nationale. Concernant les chances de la candidate écologiste si cette dernière remportait la primaire de la gauche, celui-ci veut croire : « on est à une fin de cycle qui avait commencé après l’effondrement de la présidence Hollande, avec des personnalités qui ont occupé la scène politique française ».

Il évoque notamment parmi eux celui qui a été trois fois candidat à l’Elysée, l’insoumis Jean-Luc Mélenchon. « Sa candidature a prouvé des éléments de solidité, mais aussi prouvé une incapacité de se qualifier au second tour », avance l’eurodéputé. Dans une interview donnée à Radio Nova, Marine Tondelier a elle mis en doute la capacité de l’insoumis à l’emporter au second tour en 2027, citant le baromètre Odoxa pour Public Sénat selon lequel Jean-Luc Mélenchon ne réunirait même pas l’ensemble des électeurs de gauche face à Jordan Bardella. « La gauche, dans ce sondage, fait entre 30 et 35 % au premier tour. Jean-Luc Mélenchon, s’il se qualifie au 2nd tour, fait 25%. C’est-à-dire que tous les gens de gauche ne votent même pas pour lui » contre l’extrême droite, a-t-elle lancé, poursuivant avec ironie : « Il nous a parlé de la magie du deuxième tour. Moi, je ne vote pas pour David Copperfield ».
En attendant l’élection présidentielle, Marine Tondelier devra déjà dépasser plusieurs obstacles, de la primaire à l’hypothétique campagne qui suivrait, avant de s’imaginer avancer sur le perron de l’Elysée. 

Partagez cet article : 

PEOPLE

FOR PRINT MOSUKE46557

Mory Sacko

Bérengère Krief.

Bérengère Krief

Niels Schneider. (Crédits: Nicolas Valois, Charlotte Studio)

Niels Schneider

Céline Dion. ( Crédits: Roy Rochlin via WireImage)

Céline Dion

Isabelle Adjani. (Crédits: Stéphane Feugère)

Isabelle Adjani

George Clooney assiste à la cérémonie des « Albies », organisée par la Fondation Clooney pour la justice, à la Bibliothèque publique de New York, le 28 septembre 2023, à New York. (Photo : Gotham/FilmMagic)

George Clooney

Bonnie Tyler. (Crédits: Aldara Zarraoa/Redferns)

Bonnie Tyler

Jeudi 11 juin, David Guetta a performé au Stade de France, un accomplissement qu’il considère comme « le moment le plus important de [sa] vie ». (Photo by Kristy Sparow/Getty Images)

David Guetta