Ads

Édition française du magazine TIME – Abonnement 1 an 4 n°, 41 € (économisez 10%)

Saxe-Anhalt : l’AfD frôle la majorité absolue avec un score historique

Un drapeau allemand au sein d'un rassemblent pro AfD à Brandenburg, en Allemagne. (Crédits: Craig Stennett via Getty Images)
Avec 43,8 % des voix, l’extrême droite s’impose largement face à une CDU en chute libre. Il lui manque pourtant trois sièges pour disposer de la majorité absolue au Parlement de Saxe-Anhalt. Ulrich Siegmund doit trouver des soutiens pour espérer gouverner.

Près de quarante-quatre pour cent des voix. L’AfD n’avait jamais atteint un tel score dans un Land allemand. Ce 6 septembre, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a écrasé la concurrence en Saxe-Anhalt, ce petit Land de l’est du pays où vivent environ 2,1 millions d’habitants. La CDU du chancelier Friedrich Merz s’effondre à 17,2 %, perdant près de 20 points en cinq ans. Les sociaux-démocrates, les Verts et Die Linke obtiennent respectivement 9,3 %, 8,9 % et 8,6 % des voix.

Le candidat vedette de l’AfD, Ulrich Siegmund, 35 ans, rompu à la communication médiatique, a mené une campagne tambour battant contre l’immigration et les minorités sexuelles, promettant de mettre fin au « déclin » du territoire. Le scrutin a fortement mobilisé : la participation a bondi à 77,8 %, soit près de dix-huit points de plus qu’en 2021. « Nous avons écrit l’histoire dans ce pays », s’est félicité le candidat sur l’ARD le soir même.

Il y a toutefois un hic : avec 39 sièges sur 83, l’AfD reste à trois sièges de la majorité absolue au Parlement régional. Avant le scrutin, Siegmund promettait de diriger seul ou de rester dans l’opposition. Une stratégie qui, selon Ed Turner, spécialiste de la politique allemande à l’université Aston de Birmingham, garantissait à l’AfD de gagner sur tous les tableaux : soit elle gouverne, soit elle dénonce un système qui l’exclurait injustement.

Le casse-tête des alliances

Au lendemain du scrutin, la recherche de soutiens s’impose. La coprésidente fédérale de l’AfD, Alice Weidel, s’est dite favorable à une recherche d’alliance régionale. Côté adversaires, la partie s’annonce compliquée. Pour réunir une majorité sans l’AfD, la CDU devrait obtenir le soutien du SPD, des Verts, de Die Linke et du Bündnis Sahra Wagenknecht (BSW). Une coalition improbable, les chrétiens-démocrates ayant exclu toute coalition avec l’AfD comme avec Die Linke. Le BSW, jeune formation de gauche aux positions parfois proches de l’AfD sur l’immigration ou l’Ukraine, a franchi la barre des 5 % nécessaire pour entrer au Parlement, avec 5,3 % des voix.

Le Rassemblement national, qui a rompu ses liens avec l’AfD ces dernières années, est resté silencieux

« Le BSW pourrait être le parti le plus important de cette élection », estime Ed Turner. Sans ses cinq élus, les autres partis opposés à l’AfD ne disposent pas de la majorité absolue. En interne, l’AfD elle-même est divisée sur les concessions à faire. Siegmund a déjà rejeté une proposition du BSW de nommer un ministre-président au-delà des partis, la qualifiant de « bricolage », et menacé d’obtenir « 50 ou 55 % » des voix à de nouvelles élections si aucun compromis n’était trouvé. Le coprésident fédéral Tino Chrupalla s’est montré plus ouvert, évoquant des compromis possibles sur l’immigration et l’économie.

Le 7 septembre, le chef de file régional du BSW, Thomas Schulze, a annoncé que ses élus s’abstiendraient lors d’un éventuel troisième tour de l’élection du ministre-président, tout en maintenant la proposition d’un candidat au-delà des partis. Une abstention qui pourrait faciliter l’arrivée de Siegmund à la tête du Land.

Un séisme jusqu’à Berlin

Le résultat dépasse largement les frontières du Land. Friedrich Merz, arrivé au pouvoir en mai 2025, avait promis dès 2018 de diviser par deux le score de l’AfD. Sa cote de popularité plafonne à 16 %, selon un sondage YouGov de juillet. Au sein même de son camp, la fronde gronde. Le chef de la CSU, Markus Söder, a qualifié le scrutin de « vote sanction » contre Berlin plutôt que de vote régional, appelant le gouvernement à accélérer les réformes. Deux nouveaux scrutins, en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin, doivent se tenir le 20 septembre. L’AfD est créditée de 35 % des intentions de vote dans le premier et de 18 % dans la capitale, selon les enquêtes Infratest dimap publiées respectivement les 3 et 2 septembre. De quoi accentuer la pression sur le chancelier.

En France, la classe politique n’a pas tardé à réagir. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « catastrophique démonstration de l’aveuglement des politiques européennes centristes », tandis que le premier secrétaire du PS Olivier Faure a appelé à un « ordre de mobilisation générale ». Le Rassemblement national, qui a rompu ses liens avec l’AfD ces dernières années, n’avait pas réagi dimanche en début de soirée. Son président Jordan Bardella avait toutefois estimé, avant le scrutin, que « la pression électorale exercée par l’AfD » avait poussé Berlin à rétablir des contrôles à ses frontières. Pour l’heure, l’AfD ne participe toujours à aucun gouvernement régional allemand. Mais pour combien de temps ? En Saxe-Anhalt, son score met à l’épreuve le « cordon sanitaire » maintenu par les autres grandes formations.

Partagez cet article : 

PEOPLE

Bérengère Krief.

Bérengère Krief

Niels Schneider. (Crédits: Nicolas Valois, Charlotte Studio)

Niels Schneider

Céline Dion. ( Crédits: Roy Rochlin via WireImage)

Céline Dion

Isabelle Adjani. (Crédits: Stéphane Feugère)

Isabelle Adjani

George Clooney assiste à la cérémonie des « Albies », organisée par la Fondation Clooney pour la justice, à la Bibliothèque publique de New York, le 28 septembre 2023, à New York. (Photo : Gotham/FilmMagic)

George Clooney

Bonnie Tyler. (Crédits: Aldara Zarraoa/Redferns)

Bonnie Tyler

Jeudi 11 juin, David Guetta a performé au Stade de France, un accomplissement qu’il considère comme « le moment le plus important de [sa] vie ». (Photo by Kristy Sparow/Getty Images)

David Guetta

L'acteur John Travolta, connu pour son rôle dans Pulp Fiction sera présent sur la Croisette pour présenter son premier long-métrage. (Crédit@ Amanda Edwards/[Getty Images pour ABA])

John Travolta