Chaque petit pas compte même si on ne connaît pas l’étendue du chemin qu’il reste à accomplir. Dans la foulée de nouvelles discussions à Miami, les États-Unis et l’Ukraine ont salué le 21 décembre des échanges « productifs et constructifs » entre les émissaires des deux pays réunis en présence de négociateurs européens, en vue de mettre fin au conflit en Ukraine.
Bien que les pourparlers n’aient abouti à aucune avancée majeure, tous les participants réunis autour de la table ont souhaité souligner l’élan positif des débats. « Au cours des trois derniers jours en Floride, la délégation ukrainienne a tenu une série de réunions productives et constructives avec ses partenaires américains et européens », ont ainsi salué sur X Steve Witkoff, fidèle de Donald Trump et réputé proche du Kremlin, à la baguette des discussions, et Roustem Oumerov, négociateur en chef de Kiev.
«À partir du moment où on veut que l’Europe soit à la table, la conséquence logique, c’est quand même qu’il puisse parler à Poutine » un proche d’Emmanuel Macron
Au menu de ces nouveaux échanges en Floride, quatre documents essentiels : un plan en 20 points (contre 28 auparavant, suite aux différents amendements), un cadre multilatéral de garantie de sécurité, un cadre américain de garantie de sécurité pour l’Ukraine ainsi qu’un plan économique et de prospérité.
Autour de la table, où les échanges ont été menés par Steve Witkoff et Jared Kushner, la présence des Européens était la grande nouveauté, avec pour la première fois des émissaires français, allemands et britanniques.
De quoi envisager une reprise de dialogue entre la Russie et la France ? L’hypothèse, encore farfelue il y a quelques semaines, commence à prendre de l’épaisseur, après une trêve de relations diplomatiques entre les deux pays depuis plusieurs années, et où seul un appel téléphonique infructueux en juillet dernier à propos de l’Iran avait mis fin à trois ans de silence entre les deux chefs d’État.
« Je constate qu’il y a des gens qui parlent à Vladimir Poutine, donc je pense que nous, Européens et Ukrainiens, on a intérêt à trouver le cadre pour réengager cette discussion en bonne et due forme », a déclaré Emmanuel Macron le 19 décembre depuis Bruxelles en marge d’un sommet européen où un prêt de 90 milliards d’euros a été accordé à l’Ukraine.
De son côté, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a saisi la balle en vol et confirmé que Vladimir Poutine était « prêt au dialogue » avec son homologue français. « Il est bienvenu que le Kremlin donne un accord public à cette démarche. Nous aviserons dans les prochains jours sur la meilleure manière de procéder », a indiqué l’Élysée qui a également rappelé que « l’invasion de l’Ukraine et l’obstination du président Poutine ont mis fin à toute possibilité de dialogue » ces trois dernières années.
Concernant les contours de ces hypothétiques échanges, la présidence française a affirmé que toute discussion avec Moscou se ferait « en toute transparence » avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et les Européens et que son objectif restait d’obtenir une « paix solide et durable » pour les Ukrainiens dont la France soutient ardemment la position depuis le début du conflit. « Cela fait un moment que le président mûrit cette réflexion. À partir du moment où on veut que l’Europe soit à la table, la conséquence logique, c’est quand même qu’il puisse parler à Poutine », confie à TIME France un proche du chef de l’État qui se veut prudent quant à la suite des négociations et rappelle que le président russe a « tout intérêt à montrer qu’il échange avec les Européens ».
Les frappes russes se poursuivent
Dans la foulée de ces différentes prises de parole, le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, a écarté la tenue d’une rencontre imminente entre la Russie, les États-Unis et l’Ukraine.
Il a confirmé que rien de tel n’était « en cours de préparation », alors que Kiev avait évoqué une proposition de Washington en ce sens.
De son côté, le président Ukrainien, Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois condamné la position russe : « Malheureusement, les véritables signaux en provenance de la Russie restent uniquement négatifs : des assauts le long de la ligne de front, des crimes de guerre russes dans les zones frontalières et des frappes continues contre nos infrastructures », a-t-il déploré, précisant que les troupes de Vladimir Poutine avaient « lancé approximativement 1 300 attaques de drones, presque 1 200 bombes aériennes guidées et neuf missiles de différents types » sur le territoire ukrainien la semaine passée, touchant particulièrement le sud, et notamment la ville d’Odessa, au bord de la mer Noire.
Le président ukrainien a également désigné son homologue américain comme étant le seul capable de mettre fin au conflit : « les États-Unis et le président Trump ont cette force. Et je pense que nous ne devrions pas chercher d’alternatives aux États-Unis. Tout autre choix soulève des doutes », a-t-il souligné. « Passer par le tiers américain n’est pas la seule solution. Le seul sujet aujourd’hui, c’est ll’efficacité »,tranche un intime d’Emmanuel Macron. Assez pour rappeler que le conflit semble encore loin de son dénouement.






