Une nuit d’horreur qui a fait basculer l’euphorie en effroi. Le 1ᵉʳ janvier, l’Europe s’est réveillée avec les yeux embués et rivés vers la Suisse et la station de Crans-Montana où un incendie ravageur dans une discothèque a provoqué l’une des plus grandes tragédies du pays. Avec un bilan encore provisoire d’une quarantaine de morts et d’une centaine de blessés, dont de nombreux en urgence absolue, la France s’est immédiatement rapprochée de son voisin afin de lui apporter son soutien, notamment logistique. « La France accueille des blessés dans ses hôpitaux et se tient disponible pour toute aide. Merci aux équipes et aux soignants mobilisés », a écrit sur X Emmanuel Macron après s’être entretenu par téléphone avec le président de la Confédération helvétique, Guy Parmelin. « Nos équipes diplomatiques et consulaires suivent la situation et apportent l’assistance nécessaire à nos compatriotes touchés par ce drame », a précisé le chef de l’État.
Dans les prochaines heures, huit nouveaux blessés en situation d’urgence absolue devraient rejoindre les hôpitaux français, alors que trois blessés, dont deux Français et un Suisse, ont déjà été pris en charge dans les hôpitaux de Lyon et Paris.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist a annoncé hier soir réserver sur le territoire français, dix-neuf lits pour les grands brûlés, soit quinze lits adultes et quatre lits pédiatriques.
Parmi les premiers éléments, on sait que neuf Français ont été blessés et huit autres n’ont pas encore été localisés, selon un bilan fourni par le ministère français des Affaires étrangères le 1er janvier.
Le club de football du FC Metz a indiqué que Tahirys Dos Santos, joueur stagiaire du club, figure parmi les blessés de l’incendie. « Grièvement brûlé, le jeune Grenat âgé de 19 ans a été transféré par avion en Allemagne, où il est actuellement soigné », a fait savoir le club dans un communiqué.
De son côté, la Fédération italienne de golf a annoncé le décès d’un de ses jeunes talents, Emanuele Galeppini, âgé de seize ans.
Récit d’une nuit en enfer
Cette tragédie qui a eu lieu dans la station huppée de Crans-Montana serait survenue en raison des bougies festives fixées sur les bouteilles de champagne qui auraient touché le plafond de l’établissement « la constellation » situé en plein centre-ville, avant que celui-ci ne s’embrase.
« La piste privilégiée est celle d’un embrasement généralisé qui a provoqué une déflagration », a précisé la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, qui a précisé que « l’enquête sera là pour déterminer si toutes les normes de sécurité ont été respectées ».
Malgré le signalement rapide du feu qui s’est propagé en quelques secondes dans toute la discothèque vers 1h30 du matin, un mouvement de foule conséquent a empêché une évacuation par l’unique porte de sortie.
Ce mouvement de foule a notamment condamné une partie des personnes qui se trouvaient au sous-sol, au pied d’un escalier, où certains se sont retrouvés piégés par les flammes.
De nombreux jeunes, parfois mineurs, fêtaient la nouvelle année dans cet établissement dont les propriétaires sont un couple de Français, originaires de Corse.
« On a vu les gens sortir tous en pagaille, casser les vitres, des hommes en souffrance et des femmes les habits cramés, pleurer, hurler, des gens qui ne savaient pas si leurs proches étaient à l’intérieur », a décrit un jeune homme au micro de BFM TV, qui a vu l’incendie depuis l’extérieur.
« Tout le monde se bousculait comme pas possible » a précisé Laëtitia, dix-sept ans, qui fêtait le passage à la nouvelle année dans la boîte de nuit et s’est « retrouvée sous trois-quatre personnes qui étaient en train de brûler », avec « des gens morts autour de nous ». « De nombreuses vies, jeunes pour la plupart, ont été perdues », a déploré le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin. « Derrière ces chiffres, il y a des visages, des prénoms, des familles, des destins brutalement interrompus ou à jamais bouleversés », a-t-il confié alors que les recherches se poursuivent et que de nombreuses familles sont toujours sans nouvelles.
Les drapeaux du palais fédéral ainsi que ceux du canton de Vaud resteront en berne lors des cinq prochains jours.






