À force de négocier, les choses se précisent. Le conflit ukrainien pourrait prendre une nouvelle tournure dans les prochains jours si l’on se fie aux déclarations de Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien a affirmé qu’il s’apprêtait à rencontrer son homologue américain afin de poursuivre les discussions en vue d’une sortie de conflit. « Nous sommes convenu d’une rencontre au plus haut niveau avec le président Trump dans un avenir proche. Beaucoup de choses peuvent être décidées avant le Nouvel An », a déclaré le président ukrainien sur ses réseaux sociaux.
Dans la foulée de cette déclaration, un journaliste américain du média Axios a confirmé que l’échange au sommet devrait se tenir dimanche 28 décembre à Mar-a-Lago, la résidence de Donald Trump en Floride.
Après un premier plan en 28 points imaginé par les Américains, au cœur des négociations, la copie a été revue à 20 points et le président ukrainien en a révélé l’entièreté le 24 décembre (voir ci-dessous) avec notamment certains points cruciaux : un gel du front aux lignes actuelles tout en n’offrant aucune solution immédiate sur la question des territoires occupés par la Russie, qui représentent plus de 19 % de l’Ukraine.
Contrairement à la version originale du plan, la nouvelle copie supprime deux exigences de Vladimir Poutine : un retrait des forces ukrainiennes des territoires du Donbass encore sous leur contrôle et un engagement juridique contraignant l’Ukraine à ne pas adhérer à l’OTAN.
Satisfaisant pour Zelensky mais plus difficile à imaginer du côté de Vladimir Poutine qui serait en train de « formuler sa position » d’après le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov qui n’a rien laissé filtrer.
Maria Zakharova la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a, de son côté, estimé que les progrès vers la fin de la guerre étaient « lents mais réguliers ».
« Nous avons discuté de certains détails importants du travail en cours. Il existe de bonnes idées qui peuvent contribuer à un résultat commun et à une paix durable», a détaillé Volodymyr Zelensky sur Facebook après s’être entretenu avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, à la manœuvre des pourparlers. Le chef des troupes ukrainiennes souhaite qu’un dénouement se rapproche : « J’espère que les ententes conclues aujourd’hui à l’occasion de Noël et les idées dont nous avons discuté s’avéreront utiles ». De quoi ouvrir la porte à une issue imminente ? « Dans ces contextes, les choses peuvent s’accélérer très rapidement, mais c’est trop tôt pour le dire », souffle à TIME France un proche d’Emmanuel Macron. Une prudence de rigueur à l’aube de prochains jours décisifs.
Le nouveau plan de paix en 20 points négocié par Washington et présenté aux dirigeants ukrainiens et russes :
- La souveraineté de l’Ukraine sera réaffirmée. Nous déclarons que l’Ukraine est un État souverain, et tous les signataires de l’accord le confirment par leurs signatures.
- Ce document est un accord de non-agression total et inconditionnel entre la Russie et l’Ukraine. Pour maintenir une paix durable, un mécanisme de surveillance sera établi pour contrôler la ligne de contact par l’intermédiaire d’un suivi aérien sans équipage, afin d’assurer un signalement rapide des violations et de résoudre les différends. Des équipes techniques en arrêteront tous les détails.
- L’Ukraine recevra de solides garanties de sécurité.
- L’armée ukrainienne conservera un effectif de 800 000 personnes en temps de paix.
- Les États-Unis, l’OTAN et les États européens signataires fourniront à l’Ukraine des garanties de sécurité calquées sur l’article 5 de l’Otan si la Russie envahit l’Ukraine, en plus d’une réponse militaire coordonnée, toutes les sanctions mondiales contre la Russie seront rétablies. Si l’Ukraine envahit la Russie ou ouvre le feu sur le territoire russe sans provocation, les garanties de sécurité seront réputées nulles et non avenues.
- La Russie formalisera une politique de non-agression envers l’Europe et l’Ukraine dans toutes les lois et documents requis pour la ratification.
- L’Ukraine deviendra membre de l’Union européenne dans un délai précisément défini, et l’Ukraine bénéficiera à court terme d’un accès privilégié au marché européen.
- Un programme mondial d’aide au développement de l’Ukraine sera défini dans un accord distinct. Il couvrira un large éventail de domaines économiques, sans s’y limiter. Un fonds de développement de l’Ukraine sera notamment créé et les États-Unis s’investiront dans la reconstruction et le développement des infrastructures.
- Plusieurs fonds seront créés dédiés au redressement de l’économie ukrainienne, la reconstruction des zones et des régions endommagées, ainsi qu’aux questions humanitaires. L’Ukraine se réserve le droit à réparation pour les dommages infligés.
- Après la conclusion du présent accord, l’Ukraine accélérera le processus de conclusion d’un accord de libre-échange avec les États-Unis.
- L’Ukraine confirme qu’elle demeurera un État non nucléaire conformément au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
- La centrale nucléaire de Zaporijjia sera gérée conjointement par trois pays : l’Ukraine, les États-Unis et la Russie.
- Les deux pays s’engagent à mettre en œuvre des programmes éducatifs dans les écoles et au sein de la société qui favorisent la compréhension et la tolérance à l’égard des différentes cultures et qui combattent le racisme et les préjugés.
- Dans les régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson, la ligne de déploiement des troupes à la date du présent accord est de facto reconnue comme la ligne de contact. La Fédération de Russie doit retirer ses troupes des régions de Dnipropetrovsk, Mykolaïv, Soumy et Kharkiv pour que le présent accord entre en vigueur.
- Après s’être entendues sur de futurs arrangements territoriaux, la Fédération de Russie et l’Ukraine s’engagent toutes deux à ne pas modifier ces dispositions par la force.
- La Russie n’entravera pas l’utilisation par l’Ukraine du Dniepr et de la mer Noire à des fins commerciales.
- Un comité humanitaire sera créé pour résoudre les questions en suspens. Tous les prisonniers de guerre restants, y compris ceux condamnés en Russie de 2014 à ce jour, seront échangés selon le principe du « tous contre tous » .
Tous les civils et otages détenus, y compris les enfants et les prisonniers politiques, seront libérés. Des mesures seront prises pour remédier aux problématiques et aux souffrances des victimes du conflit. - L’Ukraine doit organiser des élections dès que possible après la signature de l’accord.
- Le présent accord a force obligatoire. Sa mise en œuvre sera surveillée et garantie par un Conseil de paix présidé par le président Trump. L’Ukraine, l’Europe, l’OTAN, la Russie et les États-Unis feront partie de ce mécanisme. Des sanctions s’appliqueront en cas de violations.
- Une fois que toutes les parties auront accepté le présent accord, un cessez-le-feu total entrera immédiatement en vigueur.






