Des négociations annulées au dernier moment par le vice-président de Donald Trump ? Les négociations entre l’Iran et les États-Unis, initialement prévues ce vendredi 19 juin en Suisse, sont finalement reportées a annoncé le gouvernement suisse quelques heures après l’annonce du départ du vice-président américain, JD Vance. « Les discussions prévues entre les États-Unis, l’Iran, le Qatar et le Pakistan ont été reportées. La Suisse reste disposée à faciliter ces discussions. Les travaux préparatoires correspondants se poursuivent », a déclaré dans un message transmis à l’AFP le ministère des Affaires étrangères. Aucune précision concernant les prochaines dates de pourparlers n’a été donnée.
L’annulation de la venue de JD Vance en Suisse continue de faire planer une forme d’incertitude quant à la tenue de ces discussions en vue d’une paix définitive. La guerre continue au Moyen-Orient, malgré la signature survenue dans la semaine d’un accord-cadre pour mettre fin au conflit déclenché par des attaques israélo-américaines sur l’Iran le 28 février dernier.
Ce conflit entamé depuis quatre mois a déjà provoqué des milliers de morts, dont la majorité en Iran et au Liban, mais aussi d’importantes perturbations de l’économie mondiale dues au blocage du détroit d’Ormuz, par lequel circule un cinquième du pétrole brut.
Le programme nucléaire iranien sur la table des négociations
Les négociations en vue d’un accord définitif doivent se dérouler dans une durée de 60 jours, un délai qui peut éventuellement être reconductible. Les pourparlers devraient notamment se concentrer sur le programme nucléaire iranien. Elles devaient s’entamer ce 19 juin à l’occasion d’une cérémonie dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, construit sur les flancs d’une montagne surplombant le lac de Lucerne, au nord de la Suisse. Mais JD Vance, principal attendu pour représenter son pays, a reporté sa venue. De même pour le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont la médiation est décisive depuis les premières discussions entre les États-Unis et l’Iran.
« Les plans pour les discussions techniques à venir n’ont pas été finalisés, et la délégation américaine s’est préparée à partir à la première opportunité. Mais la logistique pour ces négociations n’a jamais été simple ni prévisible. Pour le moment, le vice-président ne partira pas ce soir », a prévenu dès le 18 juin la Maison Blanche. Le protocole d’accord a déjà été signé électroniquement et à distance par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump. Quant au guide suprême du régime iranien, Mojtaba Khamenei a affirmé dans un message écrit le 18 juin qu’il allait approuver le texte malgré des réserves l’accord.
« Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l’avenir ne présagent pas de l’acceptation du point de vue de l’ennemi », a indiqué Khamenei, qui n’a pas été vu en public depuis la mort de son père, Ali Khamenei, auquel il a succèdé depuis mars dernier. L’ancien Guide suprême a été tué par les premiers bombardements israélo-américains sur l’Iran.
Les prix du pétrole au même niveau que pendant l’avant-guerre ?
En attendant que les pourparlers se poursuivent, le trafic a repris doucement dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce international d’hydrocarbures et doublement verrouillé depuis le début de la guerre par l’Iran puis par le blocus américain, lequel a d’ailleurs été levé le 18 juin comme prévu par l’accord-cadre. Les forces américaines « ont laissé plus d’une douzaine de bateaux passer », a notamment affirmé JD Vance.
La télévision d’État iranienne, citant dans un communiqué du Conseil suprême de sécurité nationale du pays, a déclaré que les navires souhaitant traverser le passage stratégique devraient déposer leur demande de circulation auprès d’un nouvel organisme gouvernemental. Selon les termes employés par le protocole mis en place, « aucun frais » ne sera perçu « pendant une période de 60 jours », a rappelé la chaîne d’information d’État.
De son côté, le président américain en visite à l’occasion du G7 en Suisse s’est félicité sur son réseau Truth Social des « prix du pétrole en baisse » qu’il estime être « un succès ». Les cours du pétrole brut continuent de baisser ce vendredi 19 juin et se rapprochent même de leur niveau d’avant-guerre. La presse américaine reste toutefois très offensive envers le gouvernement américain, fustigeant un accord-cadre qui permet à l’Iran d’énormes avantages financiers, sans pour autant exiger le démantèlement de son infrastructure nucléaire.
Un accord-cadre qui « acte l’échec des États-Unis » ?
Les États-Unis ont affirmé s’engager en cas d’accord définitif à rendre plus facile « avec leurs partenaires régionaux » le déblocage d’un fonds à hauteur de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l’Iran, sans toutefois que les États-Unis ne participent financièrement à ce projet de reconstruction. L’accord « acte l’échec des États-Unis », a notamment estimé le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a promis une « réponse décisive » en cas de violation des engagements.
De son côté, Israël a annoncé ce vendredi 19 juin dans la matinée entamer de nouvelles frappes contre des cibles du Hezbollah après que l’organisation chiite ait annoncé avoir détruit trois chars israéliens lors d’affrontements entre ses combattants et une unité de l’armée israélienne dans le sud du pays du Cèdre. « Cet accord-cadre prévoit la cessation des hostilités, le gouvernement israélien doit le respecter, et les États-Unis en particulier doivent exercer toute la pression nécessaire sur le gouvernement israélien pour que ce soit le cas », a affirmé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Une dernière étape.





