Il est l’une des plus grandes figures du cinéma sud-coréen. Le réalisateur Park Chan-wook a été nommé président du jury de la 79ᵉ édition du Festival de Cannes. Le cinéaste de 62 ans, accompagné de son jury, désignera la prochaine Palme d’or lors d’une cérémonie qui se déroulera du 12 au 23 mai 2026. « Park Chan-wook et son jury désigneront la Palme d’or 2026, qui succédera à celle de l’Iranien Jafar Panahi, remise l’an dernier par Juliette Binoche à Un simple accident », a déclaré dans un communiqué le festival de Cannes. L’actrice française avait présidé le jury composé de 9 professionnels qui doit impérativement être issu du milieu du cinéma et de l’art, parmi lesquels se trouvaient notamment la comédienne américaine Halle Berry, la journaliste et écrivaine française Leila Slimani ou encore l’acteur américain Jeremy Strong.
L’année précédente, en 2024, c’était la réalisatrice américaine Greta Gerwig qui présidait le jury. C’est la première fois que le festival culturel le plus médiatisé au monde choisit un cinéaste sud-coréen pour présider les jurés. Une initiative du festival de Cannes qui permet d’ouvrir davantage la porte au cinéma coréen et international. Park Chan-wook a réalisé douze longs-métrages depuis les années 1990. Le réalisateur est notamment connu pour aborder des sujets liés à la vengeance, à la violence, aux injustices et à la société sud-coréenne.
Une volonté de rassembler autour du cinéma
Le cinéaste sud-coréen a souhaité partager son enthousiasme dans le communiqué : « Je suis impatient de vivre cette double captivité volontaire avec les membres du jury », avant d’ajouter qu’« en cette époque de haine et de division, je crois que le simple fait de se rassembler dans une salle de cinéma pour regarder un film en même temps, en synchronisant nos respirations et nos battements de cœur, permet de créer de la solidarité, émouvante et universelle ». Le réalisateur au succès mondial et à la croisée des genres est avant tout « celui de toutes les audaces : scénaristiques, stylistiques, morales », a rappelé le festival. Park Chan-wook s’est particulièrement fait connaître à l’international avec son thriller d’action Old Boy, qui a été sacré Grand Prix du jury à Cannes en 2004. Le film adapté d’un manga culte marque aussi l’identité même du cinéma sud-coréen, qui aborde souvent les inégalités sociales. Le film se veut sanglant et sombre avec comme fil conducteur les questions autour de la vengeance.
L’occasion de faire rayonner la culture sud-coréenne
Deux autres de ses films ont également pu bénéficier d’un prix sur la Croisette. C’est le cas de la romance Thirst, ceci est mon sang, qui a aussi reçu le prix du jury en 2009, ainsi que du drame Decision to Leave, un polar considéré par les critiques comme étant d’un romantisme noir et qui est en partie inspiré par Vertigo, d’Alfred Hitchcock. Il a remporté le prix de la mise en scène du Festival de Cannes en 2022. Son dernier film sorti en 2025, Aucun autre choix, est adapté du roman Le Couperet de Donald Westlake. Le drame social, qui est aussi profondément comique, raconte l’histoire d’un homme au chômage prêt à tout pour obtenir un emploi.
Les œuvres du cinéaste de renom permettent de faire rayonner la culture sud-coréenne à l’échelle mondiale. Il a permis d’une certaine façon d’ouvrir la voie à d’autres œuvres sud-coréennes comme la Palme d’or de 2019, Parasite, réalisé par Bong Joon-ho, qui a obtenu l’Oscar du meilleur film en 2020. Le film d’animation nommé dans les plus grandes cérémonies de cinéma dans le monde cette année, la création Netflix K-Pop Demon Hunters, connaît un succès immense auprès des jeunes générations. La série Netflix Squid Game a connu le meilleur démarrage de l’histoire de la plateforme avec un total de 111 millions de visionnages en 27 jours en 2021. Les groupes stars de la K-Pop tels que le groupe BTS ou encore Blackpink s’inscrivent dans une renommée mondiale de la culture contemporaine du pays.





