Les proches de Brigitte Bardot l’ont confirmé : l’hommage se fera à l’abri des caméras, dans une atmosphère intime, réservée à la famille et aux amis. Après une cérémonie religieuse célébrée à l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, l’inhumation aura lieu au cimetière marin de Saint-Tropez, face à la Méditerranée. L’actrice reposera dans le caveau familial, aux côtés de ses parents et de ses grands-parents maternels. Dès le début de la semaine, un ouvrier est venu y graver son nom.
Le cimetière marin n’est pas seulement le lieu de repos de Brigitte Bardot. On y trouve également son premier mari, Roger Vadim, réalisateur d’Et Dieu… créa la femme, le film qui révéla l’actrice au grand public et marqua durablement l’histoire du cinéma français.
Une cérémonie organisée dans la discrétion
Depuis de longues années, Brigitte Bardot s’était retirée de la vie publique et vivait à La Madrague, sa maison de pêcheur devenue emblématique, à Saint-Tropez. C’est dans cette ville, indissociable de son image et de sa carrière, qu’elle souhaitait être enterrée. Elle avait exprimé à plusieurs reprises son refus de voir sa tombe devenir un lieu de rassemblement public.
La famille a néanmoins choisi le cimetière marin pour son inhumation. Selon la Fondation Brigitte-Bardot, l’actrice avait formulé des demandes précises : des bouquets simples et colorés, sans roses, ainsi que des tenues sombres, en référence au noir qu’elle portait depuis des années « pour porter le deuil des animaux ».
Si la discrétion demeure une priorité, la cérémonie religieuse sera retransmise sur écrans géants à plusieurs endroits de la ville : sur le port, place de la Mairie et place des Lices. « La cérémonie sera à son image, dans la simplicité », a indiqué Bruno Jacquelin, directeur des relations publiques de la Fondation. Le convoi funéraire traversera le centre de Saint-Tropez vers 10 heures, permettant au public de saluer une dernière fois l’icône, avant de rejoindre l’église pour une cérémonie prévue à 11 heures.
Entre hommage public et retenue officielle
Les chaînes d’information BFMTV, CNews et LCI diffuseront l’hommage en direct. France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur lui consacrera une émission spéciale. Du côté de la liste des invités, cela reste volontairement flou. Autour de son mari Bernard d’Ormale et de ses amis proches, plusieurs personnalités qu’elle avait côtoyées devraient être présentes, dont Max Guazzini, secrétaire général de la Fondation Brigitte-Bardot, Allain Bougrain-Dubourg, figure de la défense animale, ainsi que Paul Watson.
Une partie de la famille, installée en Norvège, est attendue, notamment son fils unique Nicolas-Jacques Charrier, accompagné de ses enfants et petits-enfants. En revanche, Mijanou, la sœur cadette de Brigitte Bardot, installée à Los Angeles, ne pourra pas se déplacer.
Parmi les autres personnalités évoquées figurent la journaliste Wendy Bouchard et Chico, membre des Gipsy Kings, ami de longue date de l’actrice. Côté politique, le président Emmanuel Macron ne sera pas présent. Il avait salué la disparition de l’actrice par un message évoquant « une légende du siècle ». Les relations entre Brigitte Bardot et le chef de l’État avaient toutefois été marquées par de nombreux désaccords, notamment sur la création d’un ministère dédié à la condition animale. Brigitte Macron ne devrait pas non plus assister à la cérémonie. L’hypothèse d’un hommage national, proposée par l’Élysée, n’a pas été retenue par la famille. Une initiative qui avait suscité des débats politiques, certains responsables appelant à un hommage officiel, d’autres dénonçant une récupération.
Marine Le Pen a, pour sa part, confirmé sa présence, expliquant se rendre aux obsèques « à titre personnel et amical ». Une démarche qui rappelle les liens anciens entre l’actrice et certaines figures politiques, et qui souligne une nouvelle fois la dimension clivante de son héritage.
Une image pour résumer un engagement
Pour le faire-part, la famille a retenu une photographie emblématique : Brigitte Bardot, en 1977, sur une banquise canadienne, tenant un bébé phoque dans ses bras. Une image en noir et blanc qu’elle considérait comme l’une de ses préférées, selon Bruno Jacquelin, et que la Fondation Brigitte-Bardot a choisie pour symboliser son combat.
Cette photographie marque un tournant dans la vie de l’actrice, qui avait alors mis fin à sa carrière au cinéma pour se consacrer entièrement à la défense des animaux. Ce voyage au Canada, mené dans le but d’alerter sur la chasse au phoque, est devenu l’un des symboles les plus forts de son engagement.
Brigitte Bardot laisse derrière elle une fondation appelée à perdurer, mais aussi une empreinte indissociable de Saint-Tropez. Dans un communiqué publié après l’annonce de son décès, la ville rappelle combien Et Dieu… créa la femme a contribué à faire rayonner le village dans le monde entier. Une manière de souligner que, même après sa disparition, Brigitte Bardot continue d’habiter l’imaginaire collectif français. Aujourd’hui, encore plus que les autres jours.




