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Angelina Jolie revendique ses cicatrices

Angelina Jolie lors du shooting de la couverture du premier numéro de TIME France crédit@Nathaniel Goldberg/ H&K pour TIME France
À l’affiche du prochain film d'Alice Winocour, « Coutures », Angelina Jolie était l’invitée de France Inter ce 10 février pour la promotion du long métrage, qui sortira mercredi prochain en salles. Un film porteur d’espoir pour les femmes atteintes d’un cancer du sein, et pour lequel la star hollywoodienne a fait la couverture du premier numéro de TIME France.

Une évidence. Questionnée sur ses cicatrices dévoilées au monde entier dans le premier numéro de TIME France, Angelina Jolie a un avis bien tranché sur la question : « Mes cicatrices sont un choix, un choix que j’ai fait pour rester dans ce monde aussi longtemps que possible avec mes enfants, et j’aime mes cicatrices pour cette raison », a livré l’actrice ce 10 février au micro de France Inter. Dans le prochain film d’Alice Winocour, « Coutures », en salle le 18 février, l’histoire intime d’une réalisatrice qui apprend être atteinte d’un cancer du sein, interprétée par Angelina Jolie, fait écho au parcours personnel de l’actrice et de la réalisatrice. Un film réalisé par Alice Winocour dans une « pulsion de vie », avait-elle confié en décembre 2025 à TIME France.

Angelina Jolie incarne le rôle de Maxine Walker, une réalisatrice qui apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein lors d’un tournage sur la Fashion Week de Paris. Un rôle qui fait écho à sa propre histoire personnelle, puisque l’actrice avait choisi à l’époque de subir une double mastectomie préventive en raison de risques élevés de développer un cancer du sein. Reconnaissante d’avoir eu la possibilité de choisir de se faire opérer, elle explique qu’« aborder ce sujet est très important pour moi, la question, pas seulement du cancer, mais aussi de la solidarité entre les femmes, la façon dont on affronte ensemble les difficultés de la vie et qu’on trouve un chemin de vie, ça comptait aussi ». Angelina Jolie est porteuse du gène BRCA, associé au cancer du sein et de l’ovaire. Dans sa famille, sa mère et sa grand-mère ont été emportées par cette maladie.
En 2013 déjà, l’actrice sensibilisait  au dépistage du cancer du sein. Un acte connu sous le nom d’« effet Angelina » avait entraîné une augmentation de 20 % des dépistages, rien qu’en France.

« Coutures », un hymne à la vie

Selon l’Institut Curie, 2 femmes sur 1 000 sont porteuses d’une mutation du BRCA1 ou du BRCA2. Dans son entretien exclusif à TIME France, Angelina Jolie avait expliqué la nécessité pour elle de dévoiler les marques de l’opération sur son corps : « Je partage ces cicatrices avec beaucoup de femmes que j’aime. Et je suis toujours émue lorsque je vois d’autres femmes partager les leurs. » L’actrice expliquait aussi son admiration pour la réalisatrice de « Coutures » : « C’est une histoire très personnelle pour moi ; j’ai tout de suite ressenti une profonde résonance avec Maxine Walker, sa façon d’aborder la maladie est inédite. […] Trop souvent, les films sur les épreuves des femmes – surtout le cancer – parlent de fin et de tristesse, rarement de la vie. Alice a réalisé un film sur la vie […] c’est cette perspective lumineuse qui m’a touchée et donné envie d’incarner ce rôle ». Un hymne à la vie pour les deux femmes, notamment pour la réalisatrice, qui expliquait avoir fait ce film avec l’envie de dire à chacune des femmes concernées par la maladie : « tu n’es pas seule ».

L’actrice américaine a également précisé être parvenue à « s’ouvrir » ainsi qu’à être « vulnérable » dans l’interprétation de son rôle grâce aux directions d’Alice Winocour. « Quand on s’ouvre sur le plan émotionnel, il y a moins de vernis, moins de finitions parfaites et propres. C’est une façon d’apprécier les subtilités de la vie, je crois que je savais en m’engageant là-dedans que je ne serais pas protégée par ce filtre traditionnel, que je serais vraiment ouverte, mise à nu par rapport au cinéma français, cette façon justement naturelle d’aborder les choses ». Elle avait également confié auprès de TIME France ne s’être jamais réellement sentie à l’aise « à Hollywood et dans le business tout autour ».

« Avec Angelina, il y a eu une sorte de confiance et de compréhension immédiate »

De son côté, Alice Winocour affirme que, sur le tournage du film, elle a eu la sensation de vivre une « expérience collective ». La réalisatrice s’était également confiée à l’époque sur son expérience et sur le fait d’avoir elle aussi souffert d’un cancer du sein. Elle explique s’être inspirée de sa propre histoire et que le choix d’Angelina Jolie pour l’interpréter avait tout d’une évidence : « C’était nos vies et c’est quand même différent d’avoir vécu ça dans sa chair. Avec Angelina, il y a eu une sorte de confiance et de compréhension immédiate. »

Lors de son entretien avec TIME France, la cinéaste française confiait qu’en partant de son expérience personnelle, le film retranscrivait « une situation entre la vie et la mort », un sentiment qu’elle considérait comme confus et contradictoire. « Le film est né d’une volonté de raconter une ronde de femmes issues de mondes et de cultures différentes », qu’elle explique en évoquant une rencontre près de chez elle, lors d’une Fashion Week à Paris : « Un jour, je me suis retrouvée au milieu de l’entrée bondée d’un défilé de mode, et dans ce monde d’apparences, de paillettes et de légèreté. Dans la foule, j’ai soudain vu une jeune fille sud-soudanaise qui semblait complètement perdue et qui cherchait son chemin. J’ai immédiatement senti une proximité avec cette jeune fille venue d’un pays en guerre. J’étais perdue aussi, ma guerre était intérieure. » Une rencontre qu’elle a retranscrite dans son film, avec plusieurs personnages féminins principaux qui racontent une même histoire : Maxine, la réalisatrice américaine, Ada, la mannequin sud-soudanaise, et Garance, la maquilleuse. « Les destins de ces femmes se cousent les uns aux autres. Leurs histoires ont en commun de parler du corps des femmes : la beauté des mannequins, le maquillage pour cacher les blessures et la réalité d’un corps menacé ».

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