En deuil après le décès de la mère de Didier Deschamps, les Bleus, exceptionnellement dirigés par Guy Stéphan, affrontent la Norvège ce vendredi soir pour valider la première place de leur groupe de la Coupe du monde 2026.

« Toutes nos pensées vont à notre coach et à l’ensemble de sa famille. Vous n’êtes pas seuls », a écrit Kylian Mbappé dans une story Instagram. C’est dans un climat chargé d’émotion que se poursuit ce qui doit être la dernière Coupe du monde de Didier Deschamps en tant que sélectionneur de l’équipe de France. Le natif de Bayonne, rentré précipitamment en France pour assister aux obsèques de sa mère, a confié ses Bleus à Guy Stéphan, à l’aube d’un match important contre la Norvège prévu ce 26 juin à 21h00 (heure française).

Peinée par cette triste nouvelle, l’équipe de France bénéficie désormais du soutien de Guy Stéphan, qui dirigera exceptionnellement cette dernière ce vendredi 26 juin contre les Drillos. Le fidèle adjoint de Deschamps officiera comme numéro un par intérim jusqu’au retour du sélectionneur, attendu dans la nuit de vendredi à samedi ou samedi. En signe de soutien, les joueurs ont été aperçus, dans une story publiée par Kylian Mbappé, réunis en cercle sur le gazon. Un hommage qui dit l’essentiel : malgré la distance géographique et la douleur du moment, l’équipe de France doit rester soudée pour poursuivre son parcours en Coupe du monde.

Une équipe touchée mais toujours vaillante

La nouvelle est tombée à un moment crucial pour l’équipe de France, privée de son sélectionneur historique avant son troisième match de poule contre la Norvège. Cette confrontation, qui peut permettre aux Bleus de conserver la première place du groupe I, se jouera sous la direction de Guy Stéphan, entraîneur depuis près de 40 ans, ancien sélectionneur du Sénégal et bras droit de Deschamps depuis ses années à l’Olympique de Marseille, en 2009. Discret mais sensé et essentiel, Guy Stéphan s’impose plus que jamais comme un relais indispensable dans cette Coupe du monde 2026.

L’élan des Bleus, porté par leurs victoires face au Sénégal (3-1) et à l’Irak (3-0), va-t-il s’essouffler en raison du drame familial de Deschamps ? Si rien n’est sûr tant que le match ne sera pas terminé, l’émotion a gagné l’ensemble du groupe. « On a une pensée, moi, l’ensemble du staff et des joueurs, pour Didier et sa famille. On est très affecté par ce qui lui arrive. Je vais essayer de rendre une situation difficile la plus normale possible », a expliqué Guy Stéphan ce 25 juin en conférence de presse, lui qui devra faire preuve d’adaptation pour endosser le rôle confié par Deschamps.

« J’ai la sensation que je ne suis pas à ma place devant vous », a confié Guy Stéphan devant les journalistes. « Ma place est sur le terrain d’entraînement, à mettre le matériel et à attendre que les joueurs arrivent. On est dans une situation cruelle et il faut assurer le troisième match », a-t-il poursuivi, assurant garder un contact étroit avec Didier Deschamps au téléphone.

Guy Stéphan n’est cependant pas tout à fait en terrain étranger, lui qui avait déjà remplacé Deschamps à la suite de la mort de son père, en juin 2022. Cet épisode était survenu avant un match contre le Danemark en Ligue des nations, que les Bleus avaient perdu au Stade de France (1-2). Quelques semaines plus tard, Deschamps avait décrit auprès de L’Équipe un décès « violent » et « soudain », reconnaissant ne pas avoir eu sa « force » ni son « énergie habituelles » durant cette période.

Les enjeux pesant sur les épaules des Bleus

La défaite n’interdirait pas la qualification, déjà acquise, mais elle ferait perdre aux Bleus la tête du groupe. Deschamps et Stéphan se sont tous deux accordés sur « un plan bien défini » pour le match contre la Norvège. Dans une volonté de « mettre la meilleure équipe possible » et de « faire vivre le groupe », le duo a notamment prévu de faire souffler William Saliba, touché au dos ; Maxence Lacroix pourrait en profiter. Marcus Thuram, victime d’une gêne au mollet, reste lui aussi à surveiller avant le match contre la Norvège.

La première place reste l’objectif partagé de Deschamps et Stéphan. « La première place, c’est la meilleure », a souligné Guy Stéphan. « Au niveau de la logistique, c’est complètement différent. Les temps de trajet sont beaucoup plus importants si on finit deuxième, avec une question d’horaires et de températures aussi ». Le défi s’avère périlleux mais loin d’être impossible, les Bleus affrontant des Norvégiens qui n’avaient plus participé au Mondial depuis 1998. Les Vikings seront notamment représentés par certains grands joueurs, parmi lesquels Erling Haaland et Martin Ødegaard.

Obtenir la première place du groupe permettrait à l’équipe de France, dont le camp de base est implanté à Boston, de rester sur la côte Est lors de la première partie de la phase à élimination directe : New York pour les 16es, Philadelphie pour les 8es et Boston pour les quarts. En cas de deuxième place, le parcours potentiel l’enverrait à Dallas pour les 16es, à New York pour les 8es, puis à Miami pour les quarts : une tout autre équation logistique, avec plusieurs milliers de kilomètres à avaler.

Une victoire ou un simple match nul assurerait aux Bleus la première place du groupe, grâce à leur meilleure différence de buts que les Norvégiens (+5 contre +4 avant le coup d’envoi). Ceux-ci ne manquent pourtant pas d’arguments sur le rectangle vert, avec deux succès brillants contre l’Irak (4-1) et le Sénégal (3-2), portés notamment par Erling Haaland, auteur de 59 réalisations en sélection. « On sait qu’on va faire face à une très bonne équipe, mais on sera prêt », assure Aurélien Tchouaméni. La mémoire des confrontations rappelle aussi qu’avant même leur premier duel officiel de 1923, un Norvège-France officieux s’était soldé par un 7-0, à Oslo, en juin 1922.