Le leader social-démocrate Raphaël Glucksmann était l’invité du JT de 20 heures de TF1, mardi 26 mai. Il y a réaffirmé son « intime conviction » que « l’espace social-démocrate est le seul qui peut vaincre l’extrême droite en 2027 ». Le potentiel candidat se donne « trois mois » pour convaincre la gauche de sa candidature.

Le compte à rebours est lancé pour Raphaël Glucksmann. Le potentiel futur candidat à la présidentielle se donne un délai de « trois mois » pour décider s’il se présente à l’élection présidentielle de 2027. Le leader de Place publique compte convaincre qu’il est le plus à même de porter les couleurs social-démocrates, qui doivent, selon lui, être représentées par un seul et même candidat. « Je me donne trois mois, trois mois pour sillonner le pays et proposer [un] nouveau contrat patriotique, trois mois pour réunir ma famille politique », a-t-il annoncé mardi soir au 20 heures de TF1, affirmant ne pas être « un candidat de plus sur l’espace de la gauche démocratique ».

L’eurodéputé compte donc s’imposer parmi les mieux placés à gauche dans les sondages. Dans le baromètre Odoxa publié mardi 26 mai, il est crédité de 11 % des intentions de vote, derrière Jean-Luc Mélenchon, donné à 16 %, et devant Marine Tondelier, créditée de 4 %. Il doit également faire face à l’offensive de potentiels rivaux comme l’ancien président socialiste François Hollande. Selon Raphaël Glucksmann, dans la finalité, il devrait y avoir « une seule candidature » parmi toutes les branches de la gauche non-LFI. Il a réaffirmé avoir « l’intime conviction » que cet espace de la gauche sera « le seul qui peut vaincre l’extrême droite en 2027 ».

La bataille pour être « la personne la mieux placée » à gauche

« Notre responsabilité est immense, et la mienne en particulier », a-t-il martelé lors de sa déclaration sur TF1, rappelant qu’il avait réalisé « le seul score à deux chiffres de ces dix dernières années pour la social-démocratie à une élection nationale », avec près de 14 % aux élections européennes de 2024. « Je suis comptable de l’espoir que j’ai levé », a-t-il également lancé.

Alors que le Parti socialiste reste divisé sur la désignation d’un candidat pour 2027, Raphaël Glucksmann compte bien écarter l’idée, à gauche et sans LFI, d’une primaire défendue par le premier secrétaire Olivier Faure et la cheffe des Écologistes Marine Tondelier. Une primaire qui pourrait retarder la campagne présidentielle du potentiel candidat social-démocrate.

Le coprésident de Place publique ne dispose cependant pas d’une structure assez puissante dans le débat pour appuyer seul sa candidature auprès de la gauche. Il doit donc tenter de convaincre les socialistes, mais aussi une partie de l’électorat macroniste déçu, pour parvenir à élargir ses rangs. Avec comme sérieux concurrents François Hollande, Bernard Cazeneuve ainsi que le chef de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, crédité à 16 % des intentions de vote dans le dernier baromètre Odoxa, Raphaël Glucksmann se défend en réaffirmant être « la personne la mieux placée » à gauche.

« Jean-Luc Mélenchon est un agent électoral de l’extrême droite », a lancé l’eurodéputé pendant le JT de TF1, affirmant être persuadé qu’au second tour face à la figure du RN en tête des sondages, Marine Le Pen ou Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon perdrait le duel final. Son objectif durant ces trois prochains mois est aussi de rallier suffisamment d’élus pour sécuriser les 500 parrainages nécessaires à une candidature présidentielle.

Séduire un électorat déçu par le macronisme

Le 13 juin prochain, l’eurodéputé organise un premier grand meeting à Aubervilliers pour « envoyer un message d’espérance ». Il va poursuivre ses prises de parole dans les médias autour du lancement de son livre, qui paraît jeudi 28 mai, intitulé Nous avons encore envie. Celui qui affirme vouloir reprendre le drapeau français des mains de l’extrême droite considère que la gauche doit proposer un « nouveau contrat patriotique » pour « rendre à la France sa puissance » et « redonner aux Français la maîtrise de leur destin ».

Raphaël Glucksmann a d’ores et déjà dévoilé une série de propositions qui pourraient toutefois déplaire dans son camp, des propositions qu’il assume totalement : « Je ne parle pas ici de la gauche à la gauche, mais de la France aux Français. » Parmi les propositions chocs : l’instauration d’un service civique obligatoire de 10 mois. Il entend aussi faire de la sécurité un axe majeur et mettre en place une « convention citoyenne sur l’immigration », afin de ne pas « fuir le débat ». Autre grande proposition : la création d’un « passeport pour l’émancipation » garantissant à chaque enfant de partir en séjour collectif. L’objectif est ainsi de contrer la disparition des colonies de vacances en les remplaçant par ce dispositif.

Une volonté de redorer son image à gauche ?

Le potentiel futur candidat social-démocrate est souvent accusé de se concentrer sur une vision trop parisienne et d’être déconnecté de la réalité de la majorité des Français. Il a également fait l’objet récemment d’une polémique à propos d’une note de « stratégie de campagne » rédigée par l’un de ses conseillers. En effet, Mathieu Lefèvre-Marton, adhérent de Place publique et conseiller de Raphaël Glucksmann, lui proposait d’« éviter » certaines cibles électorales parmi lesquelles figuraient les banlieues, les faibles revenus, les parents seuls avec enfant, la jeunesse ou encore certaines régions comme les Hauts-de-France, la région PACA ou le Grand Est. Questionné sur le sujet, il a rétorqué avoir « jeté à la poubelle » cette fameuse note.

Raphaël Glucksmann, au contraire, a assuré vouloir raccrocher les wagons avec « la France des pavillons », dont certains partis de gauche « ne cherchent plus à comprendre » les « besoins » et les « aspirations ». En faisant de l’école publique son cheval de bataille, il promet aussi d’augmenter le salaire des enseignants. Il soutient l’objectif de la taxe Zucman, défendue à gauche, qui vise à instaurer une imposition minimale sur les très hauts patrimoines, mais entend en proposer une adaptation. Il défend aussi l’idée de mettre en place un « nouveau contrat social et fiscal favorable aux travailleurs » et un rééquilibrage de la « taxation entre le travail, le capital, la retraite et l’héritage ». Enfin, l’eurodéputé défend une « nouvelle révolution industrielle française » fondée sur la « transformation écologique ».