Nathalie Kosciusko-Morizet sort de l’ombre… et a choisi son candidat pour 2027. L’ancienne ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, connue sous le surnom de « NKM », a déclaré mardi 2 juin soutenir le candidat Horizons Édouard Philippe à la prochaine élection présidentielle. « On est à un moment où il ne faut pas se tromper. Je vais soutenir Édouard Philippe », a déclaré celle qui s’était présentée à la mairie de Paris en 2014 au micro de France Inter lors de la matinale. Après sa défaite aux législatives de 2017, l’ancienne ministre de l’UMP avait quitté la scène politique. En revenant après neuf ans d’absence, cette dernière n’est pas passée par quatre chemins pour annoncer son soutien au candidat d’Horizons.
Édouard Philippe : le candidat qui rassemble ?
« Je pense qu’il a cette capacité à rassembler, à rassembler dans le calme, à rassembler dans le dialogue », estime-t-elle. Actuellement maire du Havre et ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe est, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, issu du groupe Les Républicains. « C’est une femme de grande expérience politique. Elle en est complètement sortie depuis 9 ans, et revient avec une expérience nouvelle et très intéressante, notamment sur l’IA et la défense. C’est extrêmement précieux », a expliqué l’entourage d’Édouard Philippe.
Le président d’Horizons a déjà enregistré le soutien de différentes personnalités politiques de droite et du centre, au risque de tendre un peu plus la compétition avec son principal concurrent, Gabriel Attal. Il a notamment obtenu le soutien du président du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan. Sans le rallier officiellement, l’ancien ministre Jean-François Copé l’a qualifié de « mieux placé » pour représenter la droite à la présidentielle. Édouard Philippe a par ailleurs nommé comme co-directrice de campagne Marie Guévenoux, ancienne ministre et ancienne députée Renaissance.
Un candidat du centre droit qui semble vouloir rassembler malgré l’enquête judiciaire qui le vise pour des soupçons de détournement de fonds publics, de favoritisme, de prise illégale d’intérêts et de concussion dans une affaire liée au Havre. À l’inverse, ses deux principaux rivaux dans le camp de la droite et du centre, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, peinent pour l’instant à afficher le même niveau de ralliements visibles.
La nécessité de candidats qui « tiennent leur cap »
Lors de son premier meeting à Paris samedi 30 mai, peu de grandes figures de la macronie étaient présentes dans les rangs du candidat de Renaissance, Gabriel Attal : ni Emmanuel Macron et encore moins le Premier ministre Sébastien Lecornu ou la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. Quant au candidat des Républicains, qui organise son premier grand meeting le 20 juin prochain, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez ont déjà affirmé ne pas répondre présent.
Tous avaient par le passé soutenu ou s’étaient ralliés à Alain Juppé, dont Édouard Philippe lui-même qui s’était engagé en tant que lieutenant lors de la primaire de la droite en 2016. D’après Nathalie Kosciusko-Morizet, « la vie politique française a été contaminée par un mouvement qui vient des réseaux sociaux, de l’économie de l’attention, du clic, vous savez, les chocs de dopamine ».
« On nous sature notre espace intellectuel, notre énergie, toute notre attention. Et ça, ça a débordé sur la vie politique : on va de réaction en réaction. Et vous savez quoi ? La réaction, ce n’est pas l’action », juge l’ancienne secrétaire générale de l’UMP, estimant qu’« on a besoin de gens qui ne vont pas de réaction en réaction et qui tiennent leur cap ». Celle qui était porte-parole de la campagne perdue de Nicolas Sarkozy en 2012 a pris soin de clarifier les quelques doutes quant à ses éventuelles ambitions personnelles en affirmant : « Je ne suis candidate à rien. »
Une figure de la droite engagée contre l’extrême droite
Après avoir passé cinq années au sein du fonds d’infrastructures et d’investissement Antin, l’ancienne ministre de François Fillon, de 2009 à 2012, a rejoint en janvier dernier le CNTI, un centre de recherche consacré aux liens entre information, technologie et innovation, notamment dans les secteurs de l’intelligence artificielle et des médias. En parallèle, elle développait avec son frère Pierre Kosciusko-Morizet des investissements dans le secteur de la tech et des médias. Une réapparition d’une figure de la droite républicaine qui ressurgit à un moment qui n’est pas choisi par hasard. En effet, Nathalie Kosciusko-Morizet affirme vouloir « faire ce qui sera utile. En particulier sur les sujets sur lesquels j’ai le plus travaillé, comme l’intelligence artificielle ».
Toujours critique du parti de Marine Le Pen, à l’époque encore nommé Front national, l’ancienne députée UMP n’a depuis pas changé d’opinion sur le sujet. « Je n’ai pas changé d’avis. Le Rassemblement national vient d’ailleurs, ce n’est pas la continuité de la droite ». Cette dernière considère même le parti nationaliste comme un mouvement inscrit dans un « monde de force brute », en évoquant Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping, ainsi que l’exemple de l’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orban.





