Dans cette nouvelle aventure, William Boiché promet une proposition singulière. Après avoir lancé et revendu en 2024 Clémentine et ComptaLib, ses entreprises de comptabilité, ce tech-entrepreneur lance Racines Investissement. Grâce à une réserve personnelle de 30 millions d’euros, il propose un concept d’investissement « à contre-courant » : Racines Investissement n’est pas à la recherche de start-up, mais d’entrepreneurs à qui elle propose des start-up clés en main.
Contrairement aux investisseurs classiques qui cherchent un profit rapide, l’objectif fixé par Racines investissement est clair : la rentabilité qui, pour William Boiché, « n’est pas un gros mot, c’est un préalable ». Pour cela, il affirme privilégier le temps long et des entreprises qui gagnent de l’argent dès le départ. Time France a rencontré le président de Racines Investissement, qui confie vouloir « nourrir et soutenir des plateformes d’investissement solides pour renforcer notre souveraineté économique ».
Time France : Comment vous en êtes arrivé à créer Racines ?
William Boiché : Avant d’avoir fondé Racines, j’ai cofondé le groupe de comptabilité Clémentine et Comptalib, que j’ai cédé après l’avoir bootstrapé (autofinancé la création et le développement d’une entreprise, ndlr) pendant plus de dix ans. Au départ, depuis ma région, la Lorraine, en tant que bon provincial, et ensuite jusqu’à Paris. Cette cession à la fin de 2024 m’a permis d’avoir du capital. Capital que j’ai choisi de structurer dans une ligne d’investissement qu’on a appelée Racines Investissement.
Après la cession, en 2025, je me suis posé la question de comment relancer des entreprises. Il y avait alors plusieurs manières : soit en recréant une start-up, soit en rachetant des entreprises existantes et en les développant. Comme on a déjà du capital, on peut utiliser cet argent comme carburant et aller chercher des entrepreneurs qui ont envie de s’associer avec nous pour créer ces start-ups.
Racines Investissement, ça résulte de cet événement de la vente de l’entreprise. Tout le capital que j’ai mis dedans me permet de développer deux verticales : une verticale startup studio, appelée Racines Studio, où l’on crée des start-up, et une verticale Racines Equity Story, qui est la verticale de build-up où l’on rachète des entreprises pour les développer en consolidant un marché. Au total, c’est une enveloppe de 30 millions d’euros qui est dédiée à ces investissements sur les deux verticales.
Si vous deviez expliquer la singularité de Racines Investissement, comment le feriez-vous ?
Notre thèse d’investissement, c’est d’avoir une stratégie de croissance en étant rentable. On souhaite créer des marques fortes, avec l’intégration des dirigeants et du fondateur en tant que salariés et associés. Avec l’objectif, chevillé au corps, d’avoir de la rentabilité, tout en étant sur des business répétables, c’est-à-dire qui peuvent se développer à l’étranger.
« Les entrepreneurs qui nous rejoignent pour le start-up studio ont un salaire dès le premier jour d’incubation et un système de décision ultra court »
La singularité, c’est que moi, je n’ai pas de retour sur investissement attendu comme un fonds d’investissement qui collecte de l’argent et qui doit le rendre. Comme c’est l’argent de mon holding personnel, je peux l’immobiliser dans un projet de long terme et, comme il est rentable, sans avoir besoin de revendre ou de « rouler » la dette. Les entrepreneurs qui nous rejoignent pour le startup studio ont un salaire dès le premier jour d’incubation et un système de décision ultra court, puisque la décision se prend directement entre mon directeur général et moi.
Donc une start-up qui se lance avec vous a le bénéfice de commencer à créer de la croissance tout de suite tout en étant accompagnée sur le long terme ?
Exactement. On dispose des ressources dans le holding immédiatement disponibles : structuration juridique, stratégie, recrutement, marketing, finance, informatique… Des bureaux sont notamment mis à disposition. J’ai d’ores et déjà 15 entreprises en portefeuille, donc il y a des compétences qui peuvent être sollicitées pour épauler ces entrepreneurs. Nous sommes les investisseurs majoritaires de ces startups que nous voulons incuber, mais on partage le capital avec ces entrepreneurs qui nous rejoignent.
Vous créez ou rachetez des start-ups et êtes à la recherche d’entrepreneurs pour ces dernières. Quels types d’entrepreneurs particuliers cherchez-vous ?
Des entrepreneurs qui ont une vision engagée et qui savent se projeter sur des périodes longues, de 10 ans par exemple. Il nous faut des gens qui ont une conviction profonde sur l’économie française et qui sont optimistes pour développer des entreprises en France. On se voit comme des bâtisseurs car on continue à investir dans la souveraineté économique française. On cherche des profils qui ont une expérience à la fois commerciale et opérationnelle pour pouvoir diriger l’entreprise. Ils peuvent postuler directement sur le site internet.
Quel est votre objectif à moyen et long terme avec Racines ?
L’objectif de Racines Investissement, c’est que je le conserve toute ma vie. Je veux que ce family office soit autonome et rentable. Je souhaite qu’il soit autosuffisant, afin que l’on puisse réinjecter les résultats dans de nouvelles startups pour développer la French Tech et soutenir les entreprises françaises pour qu’elles se développent en Europe. Notre mission, c’est de nourrir et de soutenir des plateformes d’investissement solides.






