Le groupe Amazon s’implante encore un peu plus en France. La firme étasunienne a dévoilé, dans un communiqué paru dans la soirée du mardi 5 mai, un plan d’investissement de plus de 15 milliards d’euros sur le territoire. Il s’agit du plus grand investissement jamais assumé par le géant du e-commerce, qui prévoit notamment la création de 7 000 emplois.
Grâce à cette somme inédite, Amazon convoite de construire de nouveaux sites logistiques, de renforcer ses activités dans le cloud et l’intelligence artificielle (IA) et de consolider son réseau existant. « Ce plan d’investissement de plus de 15 milliards d’euros porte une ambition claire : être toujours plus utiles aux Français et à l’économie française », a vanté Jean-Baptiste Thomas, directeur général d’Amazon France depuis février 2026.
Plus d’une dizaine de milliers d’emplois créés
Plus d’un an après avoir annoncé la suppression de 14 000 postes en raison de l’IA, Amazon livre en ce début mai une annonce radicalement opposée. Au total, ce sont pas moins de 7 000 nouveaux emplois en CDI qui seront créés en France et « qui bénéficieront directement » aux territoires français, se félicite Jean-Baptiste Thomas, qui souligne l’« engagement le plus important en France depuis plus de 25 ans ».
Invité sur RTL ce mercredi 6 mai, Jean-Baptiste Thomas a précisé que les recrutements ne se joueront pas sur le niveau d’études des candidats, lesquels n’auront pas besoin de CV ni de diplôme pour entrer chez Amazon. « On recrute sur le potentiel […] pour aider à la réinsertion professionnelle », a précisé le DG d’Amazon France.
Amazon créera ces postes dès 2026, en parallèle de l’ouverture prochaine de quatre centres de distribution : un à Illiers-Combay (Eure-et-Loire) et à Beauvais (Oise) avec chacun 1 000 CDI, puis un à Colombier-Saugnieu (Rhône) avec 3 000 CDI. Un autre centre de distribution sera lancé à Ensishein (Haut-Rhin) fin 2027 et permettra de recruter 2 000 CDI. Ce dernier, qui s’étalera sur une surface de 189 000 mètres carrés à trois niveaux, sera l’un des plus grands entrepôts d’Amazon en Europe.
Amazon compte déjà à ce jour pas moins de 25 000 salariés en CDI en France, répartis entre huit centres de distribution, 26 agences de livraison et quatre centres de tri. Le groupe, présidé depuis 2021 par Andy Jassy, mise beaucoup sur le marché tricolore. Après les États-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni, la France est le troisième territoire dans lequel Amazon s’est implanté. La firme étasunienne affirme « vitaliser les territoires en soutenant l’emploi, en stimulant l’activité économique et en participant aux recettes fiscales des collectivités ».
Le dernier centre de distribution Amazon qui a ouvert en France, implanté à Augny près de Metz, a permis de créer 4 000 emplois en un an. La société fondée par Jeff Bezos s’est, par la suite, imposée comme le premier employeur privé du département de la Moselle et a généré 2,5 millions d’euros de contributions fiscales locales en 2023.
Des livraisons plus rapides
Le plan d’investissement de 15 milliards d’euros permettra, en plus de créer plus d’une dizaine de milliers d’emplois, « des livraisons plus rapides, un choix plus large et des prix bas accessibles partout en France et une empreinte environnementale réduite grâce à un réseau logistique de proximité », selon Jean-Baptiste Thomas. Les clients français devraient être les premiers satisfaits de cette opération.
Nicolas Forissier, ministre délégué du Commerce extérieur et de l’attractivité, y voit le signe que « notre pays attire » et « donne envie de s’engager dans la durée ». « Derrière ces 15 milliards d’euros, il y a des milliers d’emplois, des territoires qui avancent et des opportunités concrètes pour nos entreprises. Nous poursuivons notre mobilisation pour faire de la France un leader européen du commerce et de l’innovation », se félicite-t-il.
Parce que les stocks d’Amazon seront encore plus proches des consommateurs, les délais de livraison comme les prix se verront réduits. La firme étasunienne renforce son implantation en France alors que la concurrence est rude avec les géants asiatiques du e-commerce, comme Shein, Temu et AliExpress. Ces derniers, qui inondent les marchés européens avec leurs produits très bon marché, sont accusés de concurrence déloyale par les entreprises locales en raison de leurs règles douanières avantageuses.
Dans ce contexte, Amazon tient à rappeler ses 2,6 milliards d’euros de contribution fiscale en France en 2024, dont plus de 900 millions d’euros d’impôts directs. Ce faisant, la firme étasunienne affirme se classer dans les 50 premiers contributeurs fiscaux directs du pays. Elle revendique être le premier créateur net d’emplois en France depuis 2010.





