Le directeur général de Live Nation France, Angelo Gopee, annonce l’acquisition de Paris la Défense Arena, la plus grande salle couverte d'Europe qui peut accueillir plus de 40 000 spectateurs. Il dévoile sa vision pour l'enceinte à TIME France.

Si l’Autorité de la concurrence valide la transaction, Live Nation va devenir le nouveau propriétaire de Paris La Défense Arena, la plus grande salle de concert d’Europe. Que symbolise cette acquisition pour le groupe ?
C’est une politique qui a été mise en place depuis quelques années par Michael Rapino, le CEO du groupe : continuer à développer l’activité de la société et saisir l’opportunité d’acquérir des salles.
Pendant seize ans, on ne l’a pas fait, car il faut rappeler qu’en France, 99 % des salles appartiennent au domaine public, que ce soit local, territorial ou régional. Il n’y a quasiment pas de salles privées.
Paris La Défense Arena, qui a été construite sous l’impulsion de Jacky Lorenzetti, avec une très belle vision entrepreneuriale, nous a tout de suite semblé être quelque chose d’extraordinaire à acquérir, pour y mettre notre passion et notre vision pour les prochaines années.

Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur cette enceinte qui a moins de dix ans ?
Parce qu’il n’y en a pas d’autre. 99 % des salles en France appartiennent au domaine public. La seule salle en France, en dehors de Paris La Défense Arena, qui est 100 % privée, c’est celle de Lyon, construite par Jean-Michel Aulas et gérée par son fils Alexandre. Et il faut avoir en tête que le milieu de la tournée et de la musique évolue : il y a de plus en plus de concerts et d’événements.

“Pour un artiste qui souhaite se produire dans une très grande salle, c’est l’opportunité de faire un show devant 35 000 personnes”

Quelle est sa plus grande force et pourquoi séduit-elle autant les artistes qui s’y produisent ?
Sa polyvalence. Pour l’ensemble des producteurs de spectacles et d’événements, Paris La Défense Arena est intéressante car c’est une salle située entre l’Accor Arena, qui peut accueillir 15 000 à 18 000 spectateurs, et le Stade de France, qui en accueille 70 000. Entre les deux, il n’y a rien. Pour un artiste qui souhaite se produire dans une très grande salle, c’est l’opportunité de faire un show devant 35 000 personnes. Et surtout, il est possible d’y organiser des concerts du 1er janvier au 31 décembre, alors qu’aujourd’hui, les grands concerts dans les stades ont lieu principalement entre mai et août.

Avez-vous déjà en tête certains ajustements à apporter ?
Nous allons, dans un premier temps, attendre la décision de l’Autorité de la concurrence. Mais nous apporterons des ajustements techniques. Aujourd’hui, à Paris La Défense Arena, lorsqu’on veut organiser un concert, il faut un ou deux jours de préparation, car c’est une très grande salle. Dans un cadre normal de tournée, on monte très tôt le matin et on repart dans la nuit.
Si nous arrivons à ajuster techniquement la salle, nous pourrions accueillir deux fois plus de concerts.

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La chanteuse Dua Lipa en concert à Paris La Défense Arena crédit@storyofmarco


Quel sera le plus grand défi avec ce nouveau chapitre ?

Nous voulons continuer à avoir un impact économique sur le territoire. Aujourd’hui, plus de concerts, c’est beaucoup plus d’emplois directs et indirects. C’est gagnant pour tout le monde.
C’est une vision que nous portons : que les personnes autour de la salle se sentent concernées par le projet, avec le plus d’inclusivité possible, notamment pour les jeunes de la région qui souhaitent rejoindre l’aventure.
Nous voulons aussi poursuivre le travail extraordinaire mené par les équipes de la salle et par Jacky Lorenzetti, et y apporter notre vision et notre ambition.

Le groupe est américain. Peut-on s’attendre à voir encore plus d’artistes internationaux ?
Nous allons accueillir tous les plus grands artistes au monde, qu’ils soient français, américains ou africains. Aujourd’hui, l’artiste le plus streamé au monde est Bad Bunny, et il se produira à Paris La Défense Arena en juillet.

Live Nation a récemment investi un milliard de dollars dans les salles de concert aux États-Unis. Cette acquisition traduit-elle un regain d’enthousiasme pour le divertissement en France ?
Le rebond, on le ressent depuis quatre ans. Il y a dix ans, il y avait seulement trois ou quatre artistes qui se produisaient au Stade de France. Aujourd’hui, vous en avez près de trente ou quarante, et cela va continuer à croître.
La démocratisation de l’accès à la musique via les plateformes permet à de plus en plus de personnes d’écouter de la musique. C’est cela le plus important.