L’élimination rapide de Jannik Sinner et le forfait de Carlos Alcaraz à l’édition 2026 de Roland-Garros lui ont pavé le chemin vers la victoire. Alexander Zverev, numéro trois mondial du tennis, a embrassé ce dimanche 7 juin 2026 la Coupe des Mousquetaires, au terme d’un long combat de quatre heures et seize minutes contre le tennisman italien Flavio Cobolli en cinq sets (6-1, 4-6, 6-4, 6-7 [5-7], 6-1).
« Pour être honnête, je suis déjà un peu ivre, a avoué Zverev en conférence de presse, après son sacre à Roland-Garros. Donc je me répète probablement un peu plus que d’habitude. Mais je suis surtout heureux d’être assis à côté de ce trophée. »
En dépit de cette légèreté affichée devant les journalistes, le goût de cette finale de Roland-Garros apparaît quelque peu amer dans le monde du tennis. Alexander Zverev traîne derrière lui de lourdes casseroles qui n’ont pas manqué de refaire du bruit. Le vainqueur du court Philippe-Chatrier se confronte à une farouche opposition d’une partie des fans de tennis, qui ne lui pardonnent pas les accusations de violences conjugales formulées par deux anciennes compagnes.
Une finale de Roland-Garros qui met fin à une malédiction
Carlos Alcaraz, contraint de déclarer forfait en raison d’une blessure au poignet, n’a pas pu viser une troisième victoire successive à Roland-Garros. Couplée à l’élimination précoce de Jannik Sinner au deuxième tour, cette configuration exceptionnelle est apparue comme un véritable tremplin pour Alexander Zverev, qui a triomphé face à Flavio Cobolli. Après plus de quatre heures de combat sur terre battue, l’Allemand s’est offert une victoire espérée de longue date, lui qui avait notamment échoué face à Carlos Alcaraz en finale de Roland-Garros en 2024.
« J’ai connu les meilleurs moments de ma carrière sur ce court, mais aussi les pires », a tenu à rappeler le joueur allemand en conférence de presse, évoquant à demi-mots son triste destin lors de l’édition 2022 de Roland-Garros. Le natif de Hambourg avait quitté le court Philippe-Chatrier en fauteuil roulant, trois de ses ligaments s’étant arrachés après une torsion de la cheville lors d’une demi-finale contre Rafael Nadal. En décrochant la Coupe des Mousquetaires ce dimanche, Alexander Zverev clôt la série de neuf tournois du Grand Chelem remportés successivement par l’inarrêtable duo Alcaraz-Sinner.
« Les deux dernières nuits, je n’ai pas bien dormi. J’étais nerveux. Je savais que si je ne gagnais pas cette finale, il y avait un risque que je n’en gagne plus jamais, avec les retours de Carlos et Jannik. Si j’avais perdu cette quatrième finale de Grand Chelem, ça aurait été très dur d’en rejouer une cinquième », a avoué Zverev après la finale.
Alexander Zverev peut se targuer d’être le premier Allemand vainqueur d’un tournoi du Grand Chelem depuis 1996, année du sacre de Boris Becker à l’Open d’Australie. À Paris, la dernière victoire allemande chez les hommes est encore plus ancienne, puisqu’elle remonte à 1937, grâce à Henner Henkel aux Championnats de France. Zverev met ainsi fin à la malédiction de ses finales majeures perdues, après l’US Open 2020, Roland-Garros 2024 et l’Open d’Australie 2025.
Une victoire en demi-teinte dans le monde du tennis
Le passé trouble d’Alexander Zverev, que les fans de tennis n’ont visiblement pas oublié, vient toutefois entacher la conclusion de cette édition 2026 de Roland-Garros. Le joueur allemand pâtit aujourd’hui encore des accusations de violences conjugales formulées par deux anciennes compagnes. La première affaire concerne Brenda Patea, mère de sa fille, qui l’a accusé de violences physiques lors d’une dispute survenue en mai 2020 à Berlin. Alexander Zverev, qui contestait ces accusations, avait notamment été accusé de l’avoir poussée contre un mur et étranglée.
Une autre de ses anciennes compagnes, Olga Sharypova, avait de son côté accusé Zverev de violences physiques et psychologiques au cours de leur relation. La jeune femme avait fait état de plusieurs épisodes brutaux avec le joueur allemand, notamment lors du Masters 1000 de Shanghai en 2019. Une enquête indépendante, ouverte par l’ATP en octobre 2021, s’est terminée en janvier 2023 sans sanction disciplinaire, l’instance estimant ne pas disposer de preuves suffisantes pour étayer les accusations.
Dans l’affaire Brenda Patea, la justice allemande a finalement classé la procédure en juin 2024 après un accord entre les parties. Alexander Zverev a accepté de verser 200 000 euros, dont 150 000 euros à l’État allemand et 50 000 euros à des organisations caritatives. Cette issue ne vaut ni reconnaissance de culpabilité ni condamnation.
« Si vous voulez me qualifier de pire joueur à avoir remporté un Grand Chelem, je m’en fiche complètement à l’heure actuelle ! Si quelqu’un le pense, très bien », s’est exprimé Zverev en conférence de presse, non sans esquisser un certain sourire. Indifférence ou pur cynisme, le numéro 3 mondial du tennis ne retient plus qu’une chose : sa première victoire dans un tournoi du Grand Chelem.





