Pour Richard Permin, le ski ne se mesure pas en coupes alignées sur une étagère, mais en émotions imprimées sur la pellicule. Véritable as du freeride et du freestyle français, le skieur de 36 ans a troqué très tôt les piquets du ski alpin, dont il fut champion de France dès l’âge de 7 ans, pour la liberté absolue des grands espaces. Des pentes vertigineuses de l’Alaska aux sommets de l’Europe, il a fait de la montagne son terrain de jeu et de l’image sa véritable boussole.
Rescapé d’une carrière intense marquée par 37 fractures, cet ambassadeur de la maison Moncler Grenoble incarne l’alliance parfaite entre l’exigence technique et le sens de l’esthétique. Mais au-delà de l’athlète repoussant les limites de la gravité sur des pentes ultra-raides, Richard Permin est un esthète, un producteur et un réalisateur dans l’âme. À ses yeux, la vidéo n’est pas un simple outil de communication mais l’essence même de son sport, le seul témoin d’une vie passée à traquer la lumière et la plus belle trajectoire.
On vous voit régulièrement réaliser des exploits impressionnants en montagne, puisque vous êtes passionné de ski freeride et de freestyle. Vous êtes aussi ambassadeur Moncler : à quoi ressemble un vêtement parfait pour votre pratique du ski ?
Le vêtement parfait repose sur quelque chose de très important, les matériaux utilisés. Dans la gamme de Moncler Grenoble, on peut tout avoir, mais je vais personnellement préférer une gamme très Gore-Tex, parce que j’ai besoin d’avoir différentes couches que je peux changer en fonction de ce que je fais. Le Gore-Tex, pour moi, va être quelque chose de très important quand on passe des journées entières dans la neige : il me faut des vêtements qui soient très techniques.
L’autre point qui va être très important est le shape, la forme du vêtement. C’est quelque chose que j’adore et qu’on peut retrouver chez Moncler. Dans la gamme Grenoble, on retrouve aussi bien des vêtements pour des gens qui vont faire deux pistes et aller se faire un resto qu’un habit qui est très « montagne », très « corps ».
Accordez-vous la même importance à l’esthétique, à la technique et au confort ?
On a besoin de tout. Concernant l’esthétique, Moncler est irréprochable et part d’une base très solide. J’étais au show de Moncler cette année, à Aspen, et le thème de la nouvelle collection m’a surpris encore une fois. Ils connaissent l’esthétique et la technique.
Au-delà d’être passionné de ski freeride, vous avez la passion de le filmer. La réalisation est-elle la juste continuité de votre pratique sportive ?
Ça fait partie de ça. Depuis que j’ai commencé à skier, le seul moyen de nommer le meilleur skieur de l’année était en passant par la vidéo. Quand on part en expédition pour chercher des montagnes en Alaska, au Japon, en Europe… c’est le cumulé d’images de toute une saison de voyage (ce qu’on appelle une « part »), qui est jugé et qui permet de dire si untel ou untel est le meilleur skieur de l’année ou pas.
Je suis dans ce format depuis que j’ai 17 ans, donc le travail de l’image est une partie intégrante de mon sport. Tout est vraiment structuré tout autour de la vidéo.
Comment parvient-on à garder une passion après plusieurs dizaines d’années de pratique ?
Déjà, je suis un amoureux de la montagne. Je ne cache pas qu’à mon avis, beaucoup d’athlètes sont obligés d’arrêter en raison de leurs nombreuses blessures au fur et à mesure de leur carrière. C’est quelque chose que j’ai réussi à gérer. Malgré mes 37 fractures, je n’ai pas eu de blessures m’ayant immobilisé trop longtemps, pendant deux ans.
Aujourd’hui, j’ai vraiment ce goût de la production, d’aller chercher la belle photo et la belle image. J’aime trouver des inspirations et me mettre le challenge de réussir à produire mon contenu.
J’ai toujours dit que je préférais vraiment avoir une belle image qu’un trophée ou une coupe de champion du monde, qui finiront au placard à prendre la poussière. Il m’arrive de sortir des images prises il y a 20 ans, qui me replacent immédiatement dans leur contexte. J’ai toujours préféré l’image aux résultats.
La montagne la plus impressionnante que vous ayez descendue ? Celle qui vous reste à affronter ?
J’aime beaucoup le ski en Europe, en particulier Zermatt, le Glacier 3000. C’est un lieu que je connais très bien, mais ma montagne de prédilection demeure l’Alaska, dans laquelle j’ai passé quasiment 7 saisons. Le manteau neigeux y est très stable parce que la montagne est entourée d’océans, ce qui permet d’avoir des grosses chutes de neige sur des pentes très raides. L’humidité ambiante assure que la neige ne part pas en grosse plaque d’avalanche, contrairement à l’Europe. Ce phénomène permet de faire du ski de façon très rapide et engagée.
Auriez-vous pu faire un autre métier ?
Je ne sais pas. Je pense qu’on ne le saura jamais parce que j’ai tout fait pour faire ce que je fais, qui était une passion dès le départ.
Dès mes 7 ans, j’étais champion de France de ski alpin et avais déjà été repéré pour rentrer en formation avec l’équipe de France. J’ai tout fait pour réussir.
Autrement, j’aime beaucoup l’architecture (mon frère est architecte) et trouve que c’est un métier aussi beau que compliqué. Designer est quelque chose que je trouve très chouette aussi, tout comme photographe. J’aime beaucoup tout ce qui touche à l’image, donc producteur ou réalisateur me semblent chouettes également.
Quel regard avez-vous sur le dérèglement climatique qui menace, chaque année un peu plus, la pratique du ski ?
Il y a des gros chamboulements. La stabilité du manteau neigeux en hors-piste devient très complexe, voire très difficile à lire au courant de l’hiver. Il faut savoir s’adapter et être opportuniste dans le sens où il est nécessaire d’être à l’affût des meilleures conditions. Il y a un vrai dérèglement.
On parle beaucoup aujourd’hui de réchauffement climatique : il y a 10 ans, j’ai déjà vu des glaciers descendre de 2 km en l’espace d’un hiver. On était déjà conscient de tout ça à l’époque même si nous participions à ce phénomène en utilisant des hélicoptères. Cela faisait partie de notre éducation et nous n’avions pas de regard sur tout ça. Aujourd’hui, je ne fais plus beaucoup de voyages comme ça : tout se fait à pied, en randonnée.
Le prochain projet dans lequel on vous retrouvera ?
Je suis en train de bosser un projet d’expédition au Svalbard, sur le cercle arctique, pour l’hiver. J’ai en parallèle d’autres projets qui sont plus artistiques : j’aimerais faire une exposition photo parce que ça fait 5 ans que je suis ambassadeur Moncler et que je travaille avec le même photographe depuis quasiment 8 ans.
J’ai pas mal de petits projets que je suis en train de mettre en place : j’ai fait la dernière campagne de Moncler pour l’hiver, qui était à la fin du mois de mars, et je suis parti en Irlande faire un trip de rando pendant une semaine. Je suis dans mes valises depuis 7 mois. Sur la partie montagne, tout est très dépendant de la météo et des conditions de neige, ce qui fait que les projets sont toujours en train de switcher : il faut vraiment s’adapter.





