Neuf ans qu’il n’en avait manqué aucune. Ce lundi 17 août, Emmanuel Macron a présidé pour la dernière fois la cérémonie commémorant la libération de Bormes-les-Mimosas, petite commune du Var devenue, au fil des étés, un rendez-vous quasi rituel de son mandat. Depuis 2018, deuxième année de sa présidence, le chef de l’État a pris l’habitude de marquer chaque rentrée par ce passage obligé, à quelques pas du fort de Brégançon où lui et Brigitte Macron villégiaturent chaque été depuis leur arrivée à l’Élysée.
Cette année-là, le 82ème anniversaire du débarquement de Provence avait un goût particulier. Bormes, élue village préféré des Français en 2026, accueillait un président en fin de course, dans un département exsangue après un été d’incendies parmi les plus destructeurs de son histoire.
Bilan militaire avant le sursaut
Sur les hauteurs du village, Emmanuel Macron a choisi de d’abord dérouler son bilan. Les efforts budgétaires consentis pour les armées depuis 2017 ont occupé une bonne partie de son discours, avant de glisser vers un registre plus solennel : la France reste, a-t-il martelé, une puissance d’équilibre et de liberté. Le ton, mi-nostalgique mi-combatif, n’a échappé à personne. « Neuf ans, c’est au fond une époque », a-t-il lâché, presque en aparté.
Puis vient l’avertissement. Face à une population encore sonnée par les flammes, le président a appelé à ne pas céder à ce qu’il a qualifié d’« esprit rampant de défaitisme ». « Rien n’est jamais écrit. La France reste une grande nation. Ayez confiance en vous, en la France, en notre jeunesse qui s’engage et a le goût de l’avenir », a-t-il lancé. Une formule qui sonne comme un début de testament politique, à dix mois de la fin de son second mandat.
Le Var, un été de cendres
Le décor n’était pas choisi au hasard. Quelques heures avant la cérémonie, Emmanuel Macron avait rencontré plusieurs maires de communes ravagées par les incendies estivaux. L’un des plus violents, celui du Gros Bessillon, a détruit plus de 6 300 hectares et touché sept communes du centre du Var. Un autre feu, à Taradeau et aux Arcs, a parcouru environ 200 hectares en juillet, endommageant dix maisons et en détruisant quatre.
Les édiles n’ont pas attendu pour chiffrer l’addition. À Barjols, la maire Catherine Venturino-Gabelle réclame un soutien financier supplémentaire de l’État pour accompagner ses administrés ; l’incendie, dit-elle, « va nous coûter cher dans le futur », entre reconstruction et aide aux sinistrés. Aux Arcs, le maire Marcel Florent évalue déjà à 300 000 euros les travaux d’urgence à financer. Au-delà des chiffres, il entend porter devant le président des questions plus structurelles : obligations de débroussaillement, contrôle de leur application, ou encore distance réglementaire des poteaux d’incendie, passée de 400 à 200 mètres depuis 2017. Le président, lui, a promis une enveloppe exceptionnelle pour les communes sinistrées, sans en détailler le montant à ce stade.
Un dernier acte, plus intime, a clôturé la rencontre. Le maire de Bormes, François Arizzi, n’a pas caché son émotion en évoquant ce « dernier 17 août partagé », saluant celui qui reste, selon lui, le seul président à avoir honoré cette commémoration neuf années d’affilée. Brigitte Macron, en tailleur blanc, a multiplié les selfies place Saint-François aux côtés de Stéphane Bern, sous le regard d’habitants eux aussi gagnés par la nostalgie. « Vous aussi, vous allez me manquer », a promis le président avant de tourner les talons vers la rentrée politique proprement dite : un Conseil des ministres attendu à la fin du mois d’août.






