Le nœud serré au Moyen-Orient par les États-Unis et l’Iran ne semble pas se démêler. Alors qu’un navire français a été la cible d’une attaque lors de son passage dans le détroit d’Ormuz ce mercredi 6 mai, le président américain Donald Trump a annoncé la suspension de son « Projet Liberté » d’escorte de navires dans le détroit d’Ormuz. Selon lui, ce blocage devrait avoir lieu le temps qu’« un accord » soit « finalisé et signé » avec le régime iranien. « Compte tenu de l’énorme succès militaire » ainsi que des « grands progrès accomplis en vue d’un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens », le « projet Liberté […] sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l’accord peut être finalisé et signé », a écrit mardi 5 mai le président américain dans un message sur Truth Social.
Donald Trump a également précisé que cette pause avait été prise à « la demande du Pakistan et d’autres pays », tout en faisant état du maintien du blocus américain des ports iraniens, un blocus entré en vigueur lundi 13 avril. Le « projet Liberté », qui a pour objectif de permettre à des centaines de navires bloqués dans le golfe de franchir le détroit, a été lancé ce lundi 5 mai.
Des « dommages » causés par un « projectile d’origine inconnue »
Depuis, un regain de tension a enflammé le détroit d’Ormuz, notamment après que le porte-conteneurs San Antonio de l’entreprise française CMA CGM a « fait l’objet d’une attaque » lors de son passage dans la zone empreinte à des blocages, confirme le groupe à Franceinfo. Cette « attaque », dont l’origine n’a pas encore été déterminée, a occasionné des « dommages » au navire français. Des membres de l’équipage, des marins philippins, ont été blessés puis évacués où ils reçoivent actuellement les soins médicaux nécessaires, a confirmé CMA CGM dans un bref communiqué à l’AFP.
En début de soirée mardi 5 mai, l’agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu’un porte-conteneurs avait été la cible d’une frappe vers 18h30, heure GMT, par un « projectile d’origine inconnue » dans le détroit d’Ormuz. Sur le plateau de Franceinfo ce mercredi 6 mai dans la matinale, le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, a expliqué qu’il y avait encore au détroit d’Ormuz « 59 navires à intérêt français » ainsi que « 26 marins français ». Le ministre a ajouté que « les équipages sont des équipages minimum et ceux qui souhaitaient être remplacés l’ont été ».
Plus tôt dans la journée de mardi, le chef de la diplomatie américaine a assuré que la phase offensive du conflit avec l’Iran touchait à sa fin. « L’opération est finie. “Fureur épique” [est finie] – comme le président l’a signifié au Congrès. Nous avons passé ce stade », a déclaré Marco Rubio lors d’un point presse à la Maison-Blanche. Le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, a toutefois averti que l’armée se tenait « prête à reprendre des opérations majeures de combats », en cas de besoin.
L’Iran en discussion avec la Chine
Donald Trump avait aussi mis en garde Téhéran, alors que la veille de sa déclaration des accrochages et attaques avaient été rapportés en mer contre les Émirats arabes unis, des attaques immédiatement imputées à l’Iran. « Ils savent ce qu’ils ont à faire et […] ce qu’ils ne doivent pas faire », avait affirmé le président américain, qui s’était retenu d’accuser l’Iran d’avoir violé la trêve entrée en vigueur le mois dernier.
De l’autre côté, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s’est rendu à Pékin mercredi 6 mai pour s’entretenir avec son homologue chinois Wang Yi, rapporte l’agence d’État Chine Nouvelle. Les sujets qui devraient être abordés lors de ces discussions n’ont pas été précisés. Une visite qui intervient en amont de celle de Donald Trump dans l’empire du Milieu, qui est alors prévue pour les jeudi 14 et vendredi 15 mai prochain, où il doit rencontrer le dirigeant chinois Xi Jinping.
En début de semaine, l’Iran a tiré des missiles et des drones contre des bâtiments militaires américains. Des frappes interceptées selon le commandement central américain (Centcom). Alors que les Émirats arabes unis ont subi une attaque, l’Iran a démenti mardi 5 mai dans la soirée les accusations à son encontre. Plus tôt, les Émirats arabes unis affirmaient avoir activé de nouveau leurs défenses aériennes pour intercepter des frappes qui, selon eux, avaient été lancées depuis l’Iran.
Un projet de résolution déposé à l’ONU
Les Gardiens de la Révolution ont quant à eux menacé d’une « riposte ferme » les bateaux qui ne respecteraient pas les règles de passage que Téhéran impose dans le passage stratégique. Pour le ministre américain de la Défense Pete Hegseth, il est hors de question de « laisser l’Iran bloquer une voie de navigation internationale ». Dans un communiqué, Marco Rubio a déclaré que les États-Unis allaient déposer une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU pour « défendre la liberté de navigation et sécuriser le détroit d’Ormuz ».
Un projet de résolution rédigé par les États-Unis avec la participation du Bahreïn, de l’Arabie saoudite, des Émirats, du Koweït et du Qatar. Tous « exigent que l’Iran cesse les attaques, le minage et tout péage » dans le détroit, précise le secrétaire d’État américain. Selon le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, les États-Unis et leurs alliés mettent « en péril » la sécurité du transport maritime.
Enfin, le Centcom assure que deux navires marchands sous pavillon américain ont franchi lundi 4 mai le détroit d’Ormuz. Le géant danois du transport Maersk a aussi rapporté que l’un de ses bateaux « accompagné de moyens militaires américains » était parvenu à sortir du passage maritime.





