Le ministre de l’Économie Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau ont toutefois tenu à être rassurants ce mardi 3 mars à propos de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’économie de la France.

Le conflit au Moyen-Orient est scruté de près. Le ministre de l’Économie Roland Lescure ainsi que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, se sont exprimés ce mardi 3 mars concernant la situation économique française face au conflit actuel au Moyen-Orient, et se sont voulus rassurants. Ils ont affirmé prévoir de suivre « de très près » les développements d’une éventuelle crise économique. Roland Lescure a souligné que ce conflit était en train de provoquer des « incertitudes économiques et financières » que le gouvernement français doit encore « suivre de très près ». Le ministre a par ailleurs assuré qu’il n’y avait « aucun risque d’approvisionnement à court terme en France, ni sur le gaz, ni sur l’essence », lors d’un point presse qui a eu lieu au siège du ministère de l’Économie à Bercy. « Ne créons pas un problème qui n’existe pas. On n’a aucune raison de se ruer aujourd’hui dans les stations-service », a prévenu le ministre de l’Économie.

La mise en place d’une cellule de crise à Bercy

Roland Lescure a également précisé qu’un dispositif avait été mis en place afin de surmonter cette situation le mieux possible. Une « cellule de crise qui se réunit une fois par jour » a été mise en place et sera sous sa propre direction à Bercy afin de « suivre l’évolution des marchés financiers, des indicateurs économiques et, évidemment, les marchés de l’énergie ». Le ministre a ajouté qu’il allait « échanger dans la journée avec les représentants des services économiques régionaux qui sont sur le terrain et qui ont l’information, évidemment, sur ce qui se passe ». Des rencontres devraient avoir lieu « avec les filières industrielles, notamment les secteurs principalement concernés, l’énergie, le transport, la logistique, l’industrie », pour la fois « pouvoir informer nos entreprises », mais aussi « faire remonter de l’information sur ce qu’elles voient sur le terrain ».

François Villeroy de Galhau a de son côté indiqué que la Banque de France était actuellement en train de suivre avec « une grande attention » les « développements sur l’énergie et sur les marchés financiers ». Il a par ailleurs estimé que « ce serait une erreur de prévoir aujourd’hui, dans la précipitation, un mouvement éventuel sur les taux d’intérêt », faisant un parallèle avec les déclarations de la Banque centrale européenne. La BCE pointe du doigt un potentiel risque pour la zone euro de voir l’inflation flamber à cause du conflit qui se déroule depuis l’opération américano-israélienne contre l’Iran ce samedi 28 février. Un conflit qui prend des proportions à l’échelle régionale, impactant directement le commerce du pétrole à l’échelle mondiale. Le prix des barils venant du détroit d’Ormuz, espace où 20 % du pétrole mondial transite, a flambé depuis le lundi 2 mars. D’après des informations de l’AFP, dans la matinée du samedi 28 février à 7h30, heure de Paris, le baril de Brent de la mer du Nord a augmenté de 7,56 %, passant ainsi à 78,37 dollars. Il a augmenté après ce week-end, s’élevant à plus de 82 dollars. Le baril de WTI nord-américain a lui gagné 7,21 %, à 71,82 dollars.

Un conflit qui fait « grimper le prix du pétrole de plus de 10 % »

Dans une interview publiée ce mardi 3 mars dans le quotidien Financial Times, l’économiste en chef de la Banque centrale européenne, Philip Lane, a expliqué que « dans l’ensemble, une hausse des ⁠prix de l’énergie exerce une pression à la hausse sur l’inflation, en particulier à court terme, et un tel conflit serait négatif pour l’activité économique ». Quand Israël a intensifié ses attaques lundi 2 mars, notamment en bombardant le Liban, et quand l’Iran a également amplifié ses frappes contre plusieurs bases américaines et israéliennes dans les États du Golfe, la situation a fait grimper le prix du pétrole de plus de 10 %, selon Reuters. « L’ampleur de l’impact et les implications pour l’inflation à moyen terme dépendent de l’étendue et ⁠de la durée du conflit », a souligné Philip Lane, ajoutant que la BCE continuerait de suivre la situation de près.

« Nous ne déciderons pas seulement au vu des prix instantanés de l’énergie », a toutefois rappelé le gouverneur de la Banque de France. François Villeroy de Galhau a également jugé que l’économie française abordait « ces tensions avec certains éléments favorables, une inflation basse, une croissance relativement résiliente et un secteur financier solide, avec une exposition limitée sur le Moyen-Orient ». Il a tout de même souligné qu’« il faut un peu plus de recul », précisant que le Conseil des gouverneurs de la BCE disposera, lors de sa prochaine réunion dans 15 jours, les 18 et 19 mars, « de prévisions économiques actualisées ».