Selon le chef de la diplomatie français, « ni blocage, ni chantage, ni péage » ne doit être toléré. Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU se tenait lundi 27 avril au siège de New York, où le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a déclaré qu’« il n’y aura pas de solution durable à cette crise sans que le régime iranien ne consente à des concessions majeures et un changement radical de posture » dans les prochains pourparlers en vue de mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient. Le chef de la diplomatie française a insisté sur le fait que, concernant le détroit d’Ormuz, la situation ne fait selon lui « que des perdants ».
Alors que l’Iran a fait part de son souhait d’instaurer un droit de passage dans ce détroit, « les eaux internationales sont un bien commun de l’humanité, dont l’usage est protégé par la convention des Nations Unies sur le droit de la mer », a rappelé Jean-Noël Barrot. « Les détroits sont les artères du monde, ils ne sont la propriété de personne, ils ne sont pas à vendre, ils ne peuvent donc être entravés par aucun obstacle, ni aucun droit de passage : ni blocage, ni chantage, ni péage. Ni par l’Iran, ni par quiconque et sous aucun prétexte », a-t-il également martelé, d’autant plus que, selon le ministre français, accepter que l’Iran instaure un système de paiement pour que les navires circulent dans le passage stratégique pourrait provoquer « un dangereux précédent ».
Aucune taxe, aucun droit de douane, aucune base légale
Dès lors qu’un système serait appliqué comme celui proposé par l’Iran, « d’autres pays prendraient des initiatives similaires et l’exception deviendrait la norme : l’accès à la mer serait un privilège réservé à quelques-uns, les détroits deviendraient des corridors militarisés, le commerce mondial serait pris en otage, et des régions entières seraient isolées », a-t-il alerté. Lors de cette même réunion, le chef de l’agence maritime de l’ONU, Arsenio Dominguez, a déclaré qu’il n’existait « aucune base légale » pour que le droit de passage que l’Iran souhaite instaurer s’applique : « Il n’existe aucun fondement juridique pour l’introduction d’aucune taxe, d’aucun droit de douane ou d’aucun frais sur les détroits utilisés pour la navigation internationale ».
De son côté, l’Iran prépare un projet de loi pour que son armée ait autorité sur le détroit d’Ormuz. Ce projet de loi prévoit que ce passage où circulent le pétrole et le gaz produits au Moyen-Orient soit placé sous l’autorité des forces armées de la République islamique iranienne et que, pour avoir un droit de passage, les navires doivent verser de la monnaie locale, le rial, explique Ebrahim Azizi, président de la commission du Parlement sur la sécurité nationale, après avoir examiné le texte. Le président de la commission du Parlement sur la sécurité de l’Iran a également déclaré à la télévision d’État que les forces armées contrôleraient le détroit avec pour objectif premier d’interdire aux « navires hostiles » de transiter, comme les navires israéliens.
Vladimir Poutine garantit la paix au Moyen-Orient
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré lundi 27 avril à son arrivée en Russie, où il se rendait pour échanger avec Vladimir Poutine, que « la sécurité du passage dans le détroit d’Ormuz est une question mondiale importante », selon l’agence de presse iranienne IRNA. Le chef du Kremlin a promis au ministre iranien à Saint-Pétersbourg de faire « tout son possible pour garantir la paix au Moyen-Orient dans les plus brefs délais », rapporte l’AFP.
De l’autre côté du Pacifique, les États-Unis ont réaffirmé ne pas avoir l’intention de lever leur blocus, où ils ont estimé être en position de force dans les prochaines négociations avec l’Iran. « La liberté de navigation n’est pas négociable », s’est montré outré le chef de l’Organisation internationale maritime (OMI), Arsenio Dominguez, ajoutant qu’« aucun pays n’a le droit d’entraver le trafic dans un détroit ».
Emmanuel Macron en discussion avec l’Iran
En France, Emmanuel Macron a promis lundi 27 avril d’échanger « avec les autorités iraniennes » pour espérer les « convaincre » de rouvrir le détroit d’Ormuz « dans les prochains jours ». « La cause du problème, c’est qu’aujourd’hui il y a ce blocus et le détroit d’Ormuz qui est fermé. Donc il faut traiter le problème à la racine, permettre aux choses de repartir », a-t-il estimé lors de son déplacement à Andorre, selon l’AFP. « C’est important de pouvoir rouvrir de part et d’autre le trafic pour permettre au gaz, au pétrole, aux engrais, aux marchandises de pouvoir passer ce détroit parce que ça impacte l’économie mondiale », a également ajouté le chef de l’État.
Cette question autour de la réouverture du détroit d’Ormuz est particulièrement stratégique pour les exportations d’hydrocarbures aux quatre coins du monde pour les pays du Golfe. Ce passage est le centre des tensions entre Washington et Téhéran depuis plusieurs semaines, alors qu’un cessez-le-feu tient encore à un fil et que le détroit est sans arrêt paralysé.





