L’administration Trump et le président américain ont enchaîné ces derniers jours les attaques à l’encontre des médias et du camp démocrate, à la suite de l’attaque d’un tireur, Cole Allen, lors du gala à la Maison Blanche dans la soirée du samedi 25 avril. 

Pas de répit pour Donald Trump qui prend pour cible les médias et le camp démocrate. Depuis qu’un Américain de 31 ans, Cole Allen, a tenté de faire irruption samedi 25 avril dans la soirée lors d’un gala des correspondants de la Maison Blanche, le président américain et son administration multiplient les attaques à l’encontre des démocrates et des médias, en particulier contre l’animateur de talk show Jimmy Kimmel. Le tireur a été inculpé lundi 27 avril pour tentative d’assassinat à l’encontre de Donald Trump, par un tribunal fédéral de Washington. Il a également à charge contre lui trois chefs d’accusation : tentative d’assassinat du président des États-Unis, transport entre États d’une arme à feu et de munitions avec l’intention de commettre un crime et utilisation d’une arme à feu lors d’un crime violent.

Les autorités américaines ont à charge de récupérer un mail qui explique la motivation du tireur, ce qui pourrait lui valoir la prison à perpétuité. « Je suis citoyen des États-Unis d’Amérique. Ce que font mes représentants rejaillit sur moi. Je ne suis plus disposé à laisser un pédophile, un violeur et un traître souiller mes mains de ses crimes », écrit-il notamment. Pour le moment, les enquêteurs penchent pour une attaque qu’il aurait préparée et effectuée seul, contrairement à l’administration Trump qui tient pour responsables les médias et les démocrates.

« Le culte de la haine venu de la gauche » 

En pleine visite à Washington du roi britannique Charles III, la Maison Blanche a publié un communiqué mardi 28 avril où l’administration Trump détaille sa vision d’une « attaque » qui « n’est pas le fruit du hasard ». Selon eux, « c’est le résultat prévisible d’années de rhétorique imprudente, incendiaire et de plus en plus virulente de la part des démocrates », attestent-ils dans le communiqué.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré lors d’un point presse lundi 27 avril, qu’« il s’agit de la troisième tentative majeure d’assassinat contre le président Trump en deux ans. Aucun autre président dans l’histoire n’a été confronté à des tentatives aussi graves et répétées contre sa vie ». Elle a ensuite dénoncé « le culte de la haine venu de la gauche contre le président, sa famille ainsi que tous ceux qui le soutiennent et travaillent pour lui, a déjà causé des blessés et des morts, et cela a bien failli se reproduire encore ce week-end ». Elle a également condamné que « ceux qui traitent, en permanence et à tort, le président de fasciste, de menace pour la démocratie et qui le comparent à Hitler dans des buts politiques alimentent ce type de violence ».

La porte-parole de la Maison Blanche « veut donner des leçons de civisme à l’Amérique et nous donner des leçons de civisme ? Qu’elle aille se faire voir. Balayez devant votre porte avant de nous dire quoi que ce soit sur le vocabulaire que nous utilisons », a répondu Hakeem Jeffries, chef des élus démocrates à la Chambre des représentants.

Les accusations du couple Trump à l’encontre de Jimmy Kimmel

Le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, a pris la parole lors d’une conférence de presse tenue dans l’après-midi du lundi 27 avril : « Les médias [portent] une part de responsabilité » dans l’attaque. « Ils sont tout aussi coupables que beaucoup de personnes sur X lorsque vous avez des journalistes qui se montrent excessivement critiques et qualifient le président de noms horribles sans raison ni preuve », a-t-il déclaré. Ce dernier a été désigné par intérim jeudi 2 avril dernier après le renvoi de l’ancienne procureure générale Pam Bondi. Todd Blanche est aussi l’avocat personnel du président républicain.

Deux publications sur les réseaux sociaux ont été postées lundi 27 avril par le président républicain et sa femme, Melania Trump, où ils ont tous deux exigé que la chaîne ABC licencie l’humoriste Jimmy Kimmel. La raison : un de ses sketchs lors de son talk-show « Jimmy Kimmel Live ! » diffusé deux jours avant le dîner des correspondants de la Maison-Blanche. L’animateur américain avait jugé que la première dame « était rayonnante comme une veuve à en devenir ».

Cette « controverse autour d’une plaisanterie faite lors d’un dîner censé célébrer le premier amendement devrait raviver le différend entre [Donald] Trump et [Jimmy] Kimmel sur la liberté d’expression et la censure, qui avait éclaté l’automne dernier », rapportait le quotidien New York Times. Le dernier grand différend entre Donald Trump et Jimmy Kimmel concernait la mort d’un partisan MAGA du président républicain, Charlie Kirk, en septembre 2025, ce qui avait valu à Jimmy Kimmel d’être suspendu plusieurs semaines.

Sur son réseau social, Truth Social, le président américain a déclaré que Disney et la chaîne télévisée ABC devaient congédier « immédiatement » l’animateur, affirmant que le monologue de Jimmy Kimmel sur sa famille « ne relève en rien de la comédie – ses propos sont corrosifs et détériorent le climat politique aux États-Unis ». « Quelle personne saine d’esprit dirait qu’une épouse serait radieuse face au meurtre potentiel de son mari bien-aimé ? », avait ajouté Karoline Leavitt lors de son point presse lundi 27 avril. Melania Trump avait déclaré dans la même journée dans un message publié sur X : « Les gens comme Kimmel ne devraient pas avoir l’opportunité d’entrer dans nos foyers chaque soir pour répandre la haine », l’accusant de porter une « rhétorique de haine et de violence ».

Une demande de renouvellement de licences

Dans le monologue en question, Jimmy Kimmel ne revendiquait pas un potentiel assassinat de Donald Trump. L’animateur s’est abstenu de s’excuser lundi 27 avril et a nié être responsable d’un « ignoble appel à la violence », comme l’affirme le président américain. Il a affirmé que son sketch était « une petite vanne très gentille sur le fait qu’il a presque 80 ans et qu’elle est plus jeune que moi », ironisant tout de même :  « Je comprends que la Première dame ait vécu une expérience stressante ce week-end, comme probablement chaque week-end. […] Je suis d’accord pour dire que les propos haineux et violents sont quelque chose que nous devrions rejeter », a-t-il assuré, estimant que le meilleur moyen de les bannir du débat public « serait d’avoir une conversation » avec le président siégeant à la Maison Blanche.

Le régulateur américain des télécoms, mardi 28 avril, a ordonné à la chaîne ABC de soumettre une demande de licence plus tôt que prévu. Disney, qui détient ABC, a indiqué avoir bien reçu la requête de l’agence gouvernementale des communications et s’est défendu en se disant « confiant dans le fait que nos états de services [démontraient] que nous avons les qualifications pour ces licences ». Les licences en question arrivent à échéance entre 2028 et 2031 selon le processus ordinaire, rapporte l’AFP.

Karoline Leavitt a terminé par soutenir l’importance de financer le département de la Sécurité intérieure actuellement paralysé depuis plusieurs semaines. Pour cause : le différend entre les démocrates et les républicains à propos des pratiques jugées répressives de la police fédérale de l’immigration (ICE). La semaine passée, plus de 250 journalistes avaient fait pression sur la WHCA pour dénoncer lors du dîner annuel des correspondants les « attaques systématiques, soutenues et sans précédent » de Donald Trump contre les médias, rappelle sur son site Radio-Canada.