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Iran, Ormuz, Ukraine, IA : à l’ONU, un ballet de dirigeants sans ligne commune

Donald Trump s'exprime lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies. (Crédits: Patrick van Katwijk via Getty Images)
À l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump a menacé l’Iran d’« anéantissement ». Emmanuel Macron a défendu une coalition pour rouvrir le détroit d’Ormuz, tandis que des dirigeants de vingt pays ont appelé à mieux encadrer l’intelligence artificielle.

Cent cinquante chefs d’État et de gouvernement, une même tribune de marbre vert, et presque autant de calculs différents. Le débat général de l’Assemblée générale de l’ONU, ouvert le 22 septembre à New York, ressemble chaque année un peu moins à un forum commun qu’à un échiquier où chacun avance ses pièces, sous le regard appuyé de Donald Trump. Le président américain a occupé le devant de la scène dès l’ouverture, consacrant une large part de son discours à défendre la guerre contre l’Iran. Sa politique étrangère est désapprouvée par 71 % des Américains, selon un sondage CNN-SSRS publié le même jour.

Il a résumé sept mois de conflit à une alternative théâtrale : conclure un accord avec Téhéran ou « anéantir » la République islamique. Il a toutefois estimé qu’un accord serait « probablement » conclu après les élections américaines de mi-mandat, prévues en novembre. En marge de l’Assemblée, des représentants américains et iraniens ont engagé des échanges par l’intermédiaire de médiateurs, selon l’émissaire américain Steve Witkoff.

Les alliés cherchent une issue à Ormuz

Trump n’a pas eu la tribune pour lui seul. Emmanuel Macron a dénoncé, sans le nommer, le retour de « l’impérialisme » et de « l’arrogance », ainsi que celui de « la force sans règle ni retenue ». Il a rappelé qu’une coalition multinationale avait été mise sur pied pour rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, par où transite près d’un quart du commerce énergétique mondial. Le trafic y est fortement perturbé depuis le début de la guerre.

L’émir du Qatar a tenu un discours voisin, pointant l’absence d’un système régional de sécurité capable d’empêcher qu’un conflit ne finisse par asphyxier l’économie mondiale. Un haut responsable iranien a, de son côté, affirmé que Téhéran pourrait rouvrir le détroit sous sept jours si Washington levait le blocus de ses ports. La diplomatie se joue aussi loin de la tribune.

D’autres fronts, d’autres calculs

Le reste du sommet a confirmé que chaque dirigeant poursuit ses propres objectifs. Volodymyr Zelensky, arrivé le 22 septembre à New York, s’est entretenu avec Trump des moyens d’ouvrir une voie diplomatique dans la guerre en Ukraine et de renforcer la défense du pays avant l’hiver. Les dirigeants de vingt pays, ainsi que des représentants de l’Union européenne, ont soutenu un appel lancé la veille par la Finlande et la Norvège pour mieux encadrer les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés. Trump a, pour sa part, défendu leur développement sans restrictions supplémentaires. Le président américain a aussi profité de la tribune pour évoquer la capture de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro et prédire un changement à Cuba, deux épisodes qu’il présente comme des succès de sa politique étrangère.

Cette juxtaposition de discours, de menaces et de contre-propositions dessine moins un consensus international qu’une série de parties simultanées. Washington affiche sa force tout en poursuivant des échanges avec Téhéran ; Paris et Doha cherchent une issue à la crise du détroit d’Ormuz ; Kiev tente d’obtenir des avancées diplomatiques et militaires ; plusieurs pays appellent à fixer des règles communes pour l’intelligence artificielle. Sept mois après le début de la guerre contre l’Iran, l’Assemblée générale de l’ONU donne surtout à voir l’addition de stratégies nationales plutôt que l’esquisse d’une position commune.

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