L’agence de renseignement sud-coréenne a déclaré lundi que, selon des informations, la fille adolescente de Kim Jong-un serait en voie de devenir son héritière, d’après des parlementaires ayant assisté à une réunion à huis clos avec le Service national de renseignement (NIS) du pays. Le directeur du NIS, Lee Jong-seok, a déclaré que la jeune fille pouvait être considérée comme la successeure de son père alors qu’il répondait aux questions des parlementaires sur sa position politique, d’après ce que le député Lee Seong Kweun a rapporté à l’issue de la réunion.
La fille de Kim Jong-un s’appellerait Kim Ju Ae et serait âgée d’environ 13 ans. Elle a été qualifiée d’enfant « la plus aimée » et « la plus respectée » du dictateur par les médias d’État. La Corée du Nord n’a pas divulgué de détails sur la jeune fille, mais ses apparitions publiques aux côtés de son père depuis 2022 ont alimenté les spéculations selon lesquelles elle serait en position de lui succéder.
Kim Jong-un a toujours été très discret au sujet de sa famille. Il n’a présenté son épouse, Ri Sol-Ju, au public que bien après leur mariage. On pense que la jeune fille en question est la deuxième des trois enfants du dirigeant, mais leur nombre et leur ordre de naissance n’ont pas été confirmés. Les informations concernant le nom de sa fille proviennent de l’ancien joueur de la NBA Dennis Rodman, qui a déclaré au Guardian l’avoir tenue dans ses bras lors d’un voyage à Pyongyang, la capitale nord-coréenne, en 2013.
Elle a fait sa première apparition publique en 2022, lorsque Kim Jong-un l’a emmenée assister au lancement d’un missile balistique intercontinental. En 2023, elle apparaissait plus fréquemment en public aux côtés de son père et figurait sur certains timbres du pays. Le NIS a déclaré aux parlementaires sud-coréens en mars 2023 que la jeune fille suivait un enseignement à domicile à Pyongyang et aimait l’équitation, le ski et la natation, a indiqué l’Associated Press. L’agence a déclaré en janvier 2024 qu’elle était l’héritière « la plus probable » de son père, sa première évaluation de ce qu’elle considère comme une succession potentielle.
L’agence de presse nord-coréenne KCNA a publié le mois dernier des photos de la jeune fille au volant d’un char de l’armée, son père assis derrière elle. Plus tôt en mars, les médias d’État avaient publié des photos des deux tirant au pistolet lors d’une inspection d’une usine de munitions. Le NIS a annoncé lundi que les photos de la fille du dirigeant visaient à dissiper les doutes concernant une héritière féminine et à mettre en avant ses capacités militaires, selon des législateurs. Depuis sa fondation en 1948, la Corée du Nord n’a jamais eu de femme à sa tête. Park Sun-won, député du Parti démocrate au pouvoir en Corée du Sud, a déclaré que les photos de la jeune fille visaient à rendre « hommage » aux apparitions militaires de Kim Jong-un lorsqu’il se préparait à succéder à son père, Kim Jong Il, décédé en 2011.
A la question de savoir si la sœur de l’actuel dirigeant suprême, Kim Yo Jong — considérée comme la deuxième personnalité politique de Corée du Nord — s’opposait à l’ascension potentielle de sa nièce, le directeur du NIS a répondu que Kim Yo Jong n’avait aucun pouvoir indépendant. Des députés sud-coréens avaient également déclaré plus tôt cette année que Kim Jong-un prenait des mesures pour positionner sa fille comme son héritière, citant le NIS. « Par le passé, le NIS décrivait Kim Ju Ae comme étant “en formation pour devenir héritière”, mais aujourd’hui, la formulation utilisée est qu’elle “est en passe d’être désignée comme héritière en interne” », a indiqué Lee aux journalistes après une réunion à huis clos avec des représentants de l’agence de renseignement en février.
Aucun des autres enfants présumés de Kim n’a jamais été vu en public, et l’existence d’aucun enfant, à l’exception de celle de la fille considérée comme son héritière, n’a été confirmée par les dirigeants du pays.
Si la jeune fille succède à son père, le règne de la famille entrera dans sa quatrième génération.
- Article issu de TIME US - Traduction TIME France





