La légende oscarisée du cinéma hollywoodien, Quentin Tarantino, a confié dans un texte publié par la revue britannique Sight and Sound que le cinéma hollywoodien contemporain ressemblait désormais à une « usine à saucisses sans saveur » et qu’il préférait aujourd’hui « lire un livre ».

Quentin Tarantino envoie un sacré revers au Hollywood contemporain. Le célèbre réalisateur de Pulp Fiction affirme dans un texte publié par la revue de cinéma britannique Sight and Sound que « depuis la pandémie, il semble presque impossible qu’un nouveau film sorte sans que je le critique à outrance ». Quentin Tarantino a en effet jugé que le cinéma hollywoodien contemporain était devenu une « usine à saucisses sans saveur qui s’appelait autrefois Hollywood » et qui a fini « par sombrer ». En ne mâchant pas ses mots, le cinéaste américain a fustigé « les incohérences et les situations peu crédibles » des derniers films sortis d’Hollywood, mais également la fausse « flatterie du public » et les « erreurs de casting ».

Des films qui inspirent plus de « mépris que de bienveillance »

« Les défauts, les invraisemblances, la démagogie envers le public, les erreurs de casting ou de simples conneries pures et dures torpillent en général chaque nouveau film qui sort de cette usine à saucisses sans saveur qui s’appelait autrefois Hollywood », a-t-il martelé. Le réalisateur oscarisé de Pulp Fiction, Kill Bill et Django Unchained a déclaré que « les films de ces six dernières années font passer les années 80 pour les années 30 ». L’une des légendes du cinéma américain affirme toutefois avoir pu « pardonner » les films de cette décennie car il « adorait aller au cinéma ».

« Aujourd’hui, je préfère lire un livre. De nos jours, en revanche, la notion même de film m’inspire davantage du mépris que de la bienveillance », regrette-t-il, tout en affirmant avoir une certaine grâce pour quelques films post-Covid, comme le récent The Rip, avec Matt Damon et Ben Affleck, réalisé par Joe Carnahan et disponible sur Netflix.

Des éloges allant de Steven Spielberg à Joe Carnahan

« Un nouveau film à suspense est sorti, qui m’a accroché et m’a tenu en haleine pendant toute sa durée », raconte Quentin Tarantino avant de poursuivre :

« Le film est un polar haletant, bâti sur un postulat original, qui parvient à tenir toutes ses promesses de manière très ingénieuse. L’ensemble fonctionne pour moi : la mise en scène de Carnahan, la distribution étincelante, l’image du film ; mais l’élément vraiment moteur de cet ensemble remarquable, c’est le scénario sensationnel de Carnahan et Michael McGrale », a-t-il lancé comme éloge.

Il a aussi mentionné parmi ses derniers films favoris West Side Story, réalisé par Steven Spielberg, et Horizon : An American Saga, de Kevin Costner. « Mais rien qui m’ait vraiment saisi et emporté vers ce pays magique du plaisir où je me rendais régulièrement, et qui faisait que j’aimais le cinéma plus que toute autre forme d’art », regrette ce nouveau critique de l’industrie hollywoodienne.

Un retour tant attendu pour 2027

Le dernier film réalisé par Quentin Tarantino, Once Upon a Time… in Hollywood, remonte à 2019. Cette déclaration d’amour au cinéma américain, avec en tête d’affiche Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et Margot Robbie, se déroulait dans le Hollywood des années 1960. Depuis, il en a publié une version romanesque, parue en 2021. Une suite centrée sur le personnage de Cliff Booth est également en cours, mais elle sera réalisée par David Fincher, le cinéaste de Fight Club et Seven. Ce long-métrage, intitulé The Adventures of Cliff Booth, doit sortir en IMAX pour deux semaines à partir du 25 novembre 2026, avant d’être disponible sur Netflix dès le 23 décembre.

Deux ans auparavant, Quentin Tarantino a renoncé à aller jusqu’au bout de ce qui devait être normalement son dixième et dernier film, The Movie Critic. Le cinéaste avait toujours affirmé qu’il prendrait sa retraite en tant que réalisateur après dix films. Depuis, il travaille sur une nouvelle pièce de théâtre baptisée The Popinjay Cavalier où il met en scène une comédie tumultueuse de tromperie inspirée des grandes épopées de cape et d’épée dans une Europe des années 1930. La première mondiale est par ailleurs prévue dans le West End londonien en 2027.