Plus de vingt ans après Confessions on a Dance Floor, Madonna dévoile ce vendredi 3 juillet Confessions II. Retour à la dance-pop, invités de premier plan, récit plus intime et stratégie assumée : à 67 ans, la reine de la pop joue autant son héritage que sa capacité à peser dans le présent.

Ce vendredi 3 juillet, Madonna dévoile Confessions II, un album que l’industrie attend autant qu’elle le scrute. Sept ans après Madame X et ses quelque 500 000 exemplaires écoulés, Madonna, 67 ans, rejoue sa carte la plus sûre : le dancefloor. En 2005, Confessions on a Dance Floor s’était vendu à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde, porté par le tube planétaire « Hung Up », clin d’œil assumé à Abba. Vingt-et-un ans plus tard, l’industrie a changé de visage. Les plateformes de streaming structurent les écoutes, les réseaux sociaux façonnent la circulation des morceaux. Madonna choisit de miser sur une valeur sûre : Stuart Price, déjà producteur du premier Confessions, reprend les commandes de ce quinzième album studio.

Le single « I Feel So Free », dévoilé quelques semaines avant la sortie, donne le ton : synthés électro, envie de disparaître dans la foule anonyme d’un club. « Les gens pensent que la dance music est superficielle. Ils se trompent », affirme aussi Madonna dans un texte associé au morceau « One Step Away ». Une manière de défendre ce retour assumé au dancefloor après l’échec commercial de Madame X. Entre-temps, Madonna a consacré plusieurs années à un biopic finalement abandonné après un différend avec Universal. Netflix a ensuite envisagé une série, mais le projet n’a pas abouti à ce stade, notamment en raison des droits du scénario et de la difficulté à trouver un showrunner. À l’heure où l’IA gagne l’industrie musicale, la chanteuse a aussi tranché sans détour : selon elle, travailler en fonction des algorithmes et de l’intelligence artificielle ne permet pas de prendre des risques, soit l’inverse de l’art.

Sabrina Carpenter, Stromae, Lourdes Leon : les collaborations au cœur du disque

La popstar regarde aussi vers la nouvelle génération. Sur « Bring Your Love », Madonna partage le micro avec Sabrina Carpenter, rencontrée à Coachella en avril dernier et présentée depuis comme sa protégée. Sur « My Sins Are My Savior », c’est Stromae qui pose sa voix, confirmé par Madonna elle-même dans le magazine Interview : « C’est Stromae qui chante dessus. Il a une voix magnifique ». Kylie Minogue, elle, entretient le doute. Invitée le 26 juin dans The Graham Norton Show aux côtés de Madonna, l’Australienne n’a pas confirmé sa présence sur l’album, Madonna se contentant de répondre qu’il était de son devoir de rester « mystérieuse ».

Autre nom associé au disque : celui de Lourdes Leon, 29 ans, fille aînée de la star et de l’acteur Carlos Leon. Les deux femmes ont coécrit « The Test », placé vers la fin de l’album. L’initiative revient à Lourdes Leon, qui a proposé ce travail commun à sa mère alors que leur relation était réputée tendue. « Un vrai moment de guérison », a résumé Madonna. Ce n’est pas leur première collaboration : Lourdes avait déjà prêté sa voix aux chœurs de « Superstar » en 2012 et était apparue dans le clip de « Celebration » en 2009.

Un comeback pensé pour la scène

Avant même la sortie de l’album, Madonna a multiplié les apparitions publiques. Le 4 mai 2024, elle bouclait son Celebration Tour par un concert gratuit sur la plage de Copacabana à Rio de Janeiro, devant 1,6 million de personnes selon les autorités locales, l’un des plus grands rassemblements gratuits de l’histoire du live. Début juin, pour le Mois des fiertés, elle a donné un mini-concert surprise d’une quinzaine de minutes à Times Square, en partenariat avec l’application Grindr, enchaînant notamment « I Feel So Free », « Bring Your Love », « Love Sensation », « I Love New York » et « Hung Up ». Aucune tournée n’est officialisée pour Confessions II, mais difficile d’imaginer Madonna lancer un album de cette ampleur sans prolonger l’expérience sur scène.

L’album porte aussi la trace de deuils récents : la mort de son frère cadet Christopher Ciccone en 2024, après celle de sa belle-mère. De quoi nuancer l’image d’un disque uniquement festif. Reste une question, posée depuis vingt ans à chaque nouvelle sortie : Madonna peut-elle encore imposer le tempo dans une pop désormais dictée par TikTok ? Le 3 juillet donnera un premier élément de réponse, chiffres de streaming à l’appui.