Christophe Leribault a été nommé à la tête du musée du Louvre ce mercredi 25 février à la suite de la démission de Laurence des Cars. Jusque-là président du château de Versailles, il devra « restaurer un climat de confiance », selon la porte-parole du gouvernement.

Qui pour reprendre les commandes du musée du Louvre ? Au lendemain de la démission de l’ancienne directrice Laurence des Cars, un départ qui fait suite au cambriolage survenu le 19 octobre 2025, c’est le président du château de Versailles, Christophe Leribault, qui a pris la tête du musée le plus visité au monde ce mercredi 25 février. L’historien, conservateur d’art et directeur de musées français âgé de 62 ans, était devenu président du château de Versailles en mars 2024. Sa nomination a été actée en conseil des ministres.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déclaré que cet ancien président du Petit Palais et du musée d’Orsay « aura à conduire des chantiers majeurs pour l’avenir de l’institution », tels que « la sécurisation et la modernisation ». Selon le ministère de la Culture, Christophe Leribault devra « restaurer un climat de confiance ». Ce nouveau président arrive dans un climat lourd après la démission de sa prédécesseure, en poste depuis fin 2021. Laurence des Cars a démissionné ce mardi 24 février, dépassée par les dysfonctionnements révélés par le vol des joyaux de la Couronne et la grève lancée par les personnels qui impacte le musée au cœur de Paris depuis la mi-décembre de 2025. Pour l’ancienne directrice du Louvre, « tenir la barre ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir avancer. Et les conditions pour avancer ne sont plus réunies », avait-elle déclaré le jour de sa démission dans le Figaro. 

La nécessité « d’un apaisement social »

Faisant état d’une pression devenue trop lourde à porter, la dirigeante mise en très grande difficulté par une série de rapports pointant du doigt la « sous-estimation chronique » des risques de vol dans le musée du Louvre, l’obsolescence des dispositifs de sûreté ainsi que la priorisation accordée à des « opérations visibles et attractives » au détriment de la sécurité. Laurence des Cars avait aussi dû avouer n’avoir découvert qu’après le cambriolage la fragilité alarmante des dispositifs de sécurité dans la galerie Apollon. Cette dernière galerie est celle où les cambrioleurs avaient réussi à s’introduire en plein jour le 19 octobre dernier pour s’emparer de huit bijoux d’une valeur totale de 88 millions d’euros. 

Dans son communiqué, le ministère de la Culture dit être convaincu que le nouveau dirigeant du Louvre « saura s’appuyer sur l’ensemble des forces vives du musée, et de leurs savoir-faire, pour écrire collectivement une nouvelle page de l’histoire » du musée. Depuis la mi-décembre, la direction du musée est confrontée au pire conflit social de son histoire, critiquée pour avoir accepté que l’établissement soit surfréquenté, comptant quelques neuf millions de visiteurs par an, alors qu’il est équipé de matériels vieillissants. En dénonçant leurs conditions de travail et l’absence de réel dialogue social, les employés du musée mènent une grève qui a contraint le Louvre à fermer ses portes à quatre reprises, ce qui a par ailleurs provoqué une perte de deux millions d’euros de recettes. La déléguée CFDT au Louvre, Valérie Baud, a affirmé auprès de l’AFP que le personnel avait « besoin d’un apaisement social », assurant que les discussions avec l’ancienne directrice étaient dans « l’impasse ». Son homologue de la CGT, Gary Guillaud, est dans l’expectative mais explique espérer tout de même que Christophe Leribault maintiendra au Louvre « la qualité du dialogue social » qui est instaurée au château de Versailles.

Un homme aux qualités « humaines et professionnelles »

Le maire de Versailles, François de Mazières, a confié auprès de l’AFP que le nouveau directeur du Louvre possédait des qualités « humaines et professionnelles », ce pourquoi il admet voir partir « avec regrets » Christophe Leribault de la direction du château. « Il arrive dans une situation difficile mais il a les qualités pour faire face », a affirmé l’édile. Le nouveau patron du Louvre doit s’attaquer à présent à une gouvernance ardue du musée, qui au fil des années est devenu un « État dans l’État », selon le député républicain Alexandre Portier, qui préside la commission d’enquête sur la sécurité des musées. 

Rachida Dati, qui était auditionnée ce lundi 23 février à huis clos à l’Assemblée nationale, a fait état de « 17 mesures » de réforme concernant le musée. Les détails ne sont cependant pas encore connus. De l’autre côté, l’exécutif continue malgré tout à défendre un « Louvre Nouvelle Renaissance », qui était un projet lancé par Emmanuel Macron en janvier 2025, un chantier qui coûterait plus d’un milliard d’euros et qui suscite les réticences des syndicats ainsi que des doutes du côté de la Cour des comptes, concernant son financement.