Mistral AI a franchi une étape en annonçant ce mardi 17 février avoir acquis la start-up française Koyeb, qui fournit un cloud sans serveur. Une opération qui permet à l'entreprise d'Arthur Mensch de développer son activité.

Toute première fois. Pour sa première acquisition, la start-up française Mistral AI a annoncé ce mardi 17 février qu’elle a acquis la start-up qui propose un service de cloud sans serveur, Koyeb, rapporte l’agence Reuters. « Avec cette première acquisition, Mistral AI fait un pas important dans sa mission de bâtir un champion de l’IA intégrée et de développer des infrastructures avancées d’IA », a déclaré Mistral dans un communiqué. Cette annonce a été faite à la suite de l’acquisition par la jeune pousse d’un data center en Suède, ce qui représentait son premier investissement hors de France.

La start-up spécialisée dans l’intelligence et basée à Paris avait profité du salon VivaTech qui a eu lieu en juin dernier pour lancer officiellement son offre intégrée d’infrastructure, qui permet à ses potentiels clients de faire développer des modèles d’intelligence artificielle à grande échelle. La conception est faite en partenariat avec Nvidia, la multinationale américaine de la tech. Mistral Compute permet donc d’entraîner des modèles d’IA sur-mesure, mais aussi de mettre en place des services conversationnels ou de génération de code.

L’objectif de maîtriser l’ensemble de la chaîne

En acquérant Koyeb, Mistral AI va encore plus loin. Un communiqué sur l’opération précise que Koyeb fournit une plateforme sans serveur qui permet « aux développeurs et aux entreprises d’exécuter et de faire évoluer des applications d’IA sans avoir à gérer l’infrastructure ». Ce service permet d’exécuter des inférences, c’est-à-dire que c’est une IA entraînée qui peut donc répondre en temps réel à des questions. Il permet aussi d’exécuter du code généré par une intelligence artificielle, mais aussi de nourrir des applications natives de l’IA. Les clients peuvent choisir d’utiliser ce service sur le réseau de Koyeb, ou bien de le faire fonctionner sur leurs propres serveurs.

Si le grand public connaît bien Le Chat, l’IA conversationnelle de Mistral AI, la start-up française se tourne désormais davantage vers un autre marché : celui des grandes entreprises qui cherchent à déployer de l’IA. L’entreprise d’Arthur Mensch est valorisée à 12 milliards d’euros. Après la dernière levée de fonds organisée par le néerlandais AMSL, l’entreprise a signé des contrats avec CMA CGM, HSBC, etc.

L’enjeu pour la start-up est d’avoir la main sur toute la chaîne de valeur, de la conception d’algorithmes à l’infrastructure technique. « Les produits et l’expertise de Koyeb accéléreront notre développement dans le domaine du calcul et contribueront à la création d’un véritable cloud IA », a expliqué dans un communiqué Timothée Lacroix, cofondateur et directeur technique de Mistral AI.

Une opération au montant inconnu

Concernant le montant de l’opération, aucune donnée chiffrée n’a été communiquée. Néanmoins, selon les Échos, il est possible qu’il s’agisse d’une opération de taille modeste en comparaison à Mistral. Une opération d’autant plus modérée en comparaison avec celles dont certains acteurs américains sont à l’origine, alors que ces derniers investissent des milliards de dollars. Pour Mistral AI, cette acquisition est tout de même symbolique : elle fait passer le message d’une volonté de croître par croissance externe.

Concrètement, les trois cofondateurs de Koyeb ainsi que leurs 13 collaborateurs rejoindront dès le mois de mars l’équipe d’ingénieurs de Mistral. L’entreprise a été fondée en 2019 et est immatriculée à Boulogne-Billancourt. En 2023, elle a levé 6,6 millions d’euros en 2023 et revendiquait à ce moment-là quelque 50 000 utilisateurs, dont de grandes entreprises comme Tesla ou encore Intel.