Trois entreprises reprennent Relais Colis. Placée en mars en redressement judiciaire, l’entreprise spécialisée dans la livraison de colis depuis une cinquantaine d’années a finalement trouvé trois repreneurs, vendredi 22 mai : GLS, JP Home et Mondial Relay. GLS reprend notamment la marque Relais Colis et son réseau d’environ 7 000 points relais en France pour les colis de moins de 30 kg, tandis que JP Home prend à sa charge la livraison des colis lourds. Mondial Relay, de son côté, récupère le centre de tri de Combs-la-Ville, situé en Seine-et-Marne. Les montants de ce rachat n’ont toutefois pas été communiqués. Selon GLS, l’opération doit encore être menée conformément aux règles applicables en matière de contrôle des concentrations et devrait être finalisée à l’été 2026.
Le directeur général de GLS France, Youssef Tagemouati, affirme dans le communiqué que ce qui a convaincu l’entreprise est avant tout « la qualité du réseau Relais Colis : des milliers de commerçants partenaires, une marque pionnière ancrée dans le quotidien des Français, et des équipes qui connaissent parfaitement ce métier ». Une ambition clairement affichée : « faire de GLS France le partenaire logistique de référence pour soutenir durablement la croissance du commerce électronique en France », affirme-t-il.
172 salariés dans l’attente d’être conservés
Selon le directeur général du groupe, Karl Pfaff, le réseau OOH européen de GLS dépassait, fin avril 2026, les 140 000 points relais et consignes, soit une croissance de 42 % sur un an. Plus largement, le rachat permet aussi à GLS d’étendre son réseau hors domicile en Europe, notamment en multipliant les points relais et consignes afin de soutenir la croissance à long terme du e-commerce.
Relais Colis affirme de son côté avoir « fait le maximum pour préserver le plus d’emplois », mais n’a toutefois pas laissé savoir si ses 172 salariés allaient être conservés. Une information que l’entreprise devrait probablement garder pour la réunion du comité social et économique (CSE) qui a lieu ce mardi 26 mai. D’après des informations de l’AFP, seulement 96 collaborateurs de l’entreprise seront gardés au sein de l’entreprise, dont 40 employés par GLS, 30 employés par JP Home, 9 employés par Mondial Relay et 17 personnes par l’entreprise Ciblex, filiale du groupe Walden.
Relais Colis sur une pente glissante depuis trois ans
Dans la décision rendue publique à propos du redressement judiciaire, Relais Colis avait fait état d’un « contexte économique défavorable », notamment dû à la crise sanitaire liée au Covid-19. « Le segment du petit colis n’a enregistré qu’une croissance modérée limitée à 3 ou 4 % », rapporte l’entreprise, une performance qui « s’est révélée insuffisante pour absorber les coûts d’exploitation », relevait-elle.
En seulement trois ans, Relais Colis a perdu en tout 18 % de son chiffre d’affaires, en passant de 149,3 millions d’euros en 2021 à 121,63 millions d’euros en 2024. Fondée en 1969 en tant que société de livraison de colis à domicile pour La Redoute, qui souhaitait réduire sa dépendance envers La Poste, Relais Colis a créé, à partir de 1983, un réseau de livraison de colis en commerces de proximité. Rachetée en 2015 au groupe Kering, l’entreprise a ensuite été utilisée par de grands commerçants en ligne en France comme Amazon, Vinted ou encore Cdiscount, allant jusqu’à revendiquer 45 millions de colis livrés par an.





