« Tout le monde peut avoir sa propre opinion, mais nous sommes là pour le football, pas la politique », a déclaré lors d’une conférence de presse l’attaquant iranien Mehdi Taremi.
L’équipe iranienne est arrivée à Los Angeles dimanche 14 juin, à la veille de son premier match, disputé face à la Nouvelle-Zélande dans la nuit de lundi à mardi, à 3 heures, heure de Paris. Après un accueil chaleureux à son départ de Tijuana, au Mexique, elle a rejoint la Californie le jour de l’annonce d’un accord-cadre entre Washington et Téhéran, qui doit encore être signé vendredi 19 juin. Cette avancée diplomatique nourrit l’espoir d’un arrêt durable des hostilités, sans constituer, à ce stade, un accord de paix définitivement conclu.
« Je suis très heureux d’être ici au nom de l’Iran. Nous sommes là pour jouer au foot, avec respect pour les Iraniens au pays ou à l’étranger. Le foot est séparé de la politique », a également déclaré le sélectionneur iranien, Amir Ghalenoei. La sélection venait de Tijuana, la ville mexicaine où elle a installé son camp de base, initialement prévu à Tucson, dans l’Arizona.
Une sélection qui veut rester à l’écart de la politique
Alors que Mehdi Taremi a tenu un discours proche de celui de son entraîneur, l’attaquant a aussi dénoncé les difficultés rencontrées par d’autres acteurs du tournoi, notamment l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé à son arrivée aux États-Unis malgré un visa valide, les autorités américaines invoquant des « préoccupations de contrôle ».
« Ce n’est pas seulement l’Iran qui est affecté dans cette Coupe du monde, ce sont aussi les arbitres… Normalement, la Coupe du monde, c’est la paix et la joie… J’espère qu’à l’avenir, ce sera meilleur pour tous les supporters », a déclaré Mehdi Taremi.
L’arrivée des joueurs iraniens aux États-Unis a été particulièrement scrutée après des mois d’incertitude concernant leur participation au tournoi. L’annonce de l’accord-cadre a atténué une partie de la pression diplomatique entourant leur venue, sans dissiper les enjeux de sécurité. Un important dispositif de surveillance a notamment été déployé autour de l’hôtel de la sélection et devrait accompagner son premier match.
Los Angeles abrite une importante communauté iranienne, particulièrement dans un secteur surnommé « Tehrangeles ». Les opposants au régime de la République islamique comptent profiter de la présence de la Team Melli pour réaffirmer leur hostilité au pouvoir de Téhéran. Des manifestations sont prévues lundi 15 juin près du SoFi Stadium, une enceinte ultramoderne d’environ 70 000 places. Certains supporters pourraient également brandir l’ancien drapeau iranien, celui d’avant la révolution islamique, orné d’un lion et d’un soleil, dont l’introduction dans les stades a été interdite par la FIFA.
Ailleurs dans le tournoi, l’Espagne face au Cap-Vert
Championne d’Europe en titre et invaincue depuis 30 matchs, hors séances de tirs au but, l’Espagne affiche une ambition claire pour cette Coupe du monde. Elle commencera toutefois la compétition sans Lamine Yamal dans son onze de départ. Tout juste remis d’une blessure aux ischio-jambiers, le jeune prodige barcelonais débutera sur le banc ce lundi 15 juin à Atlanta, face au Cap-Vert, pour l’un des matchs les plus déséquilibrés du tournoi sur le papier. Le sélectionneur capverdien, Pedro Leitão Brito, a néanmoins assuré dimanche 14 juin que ses joueurs ne participaient pas à la Coupe du monde « pour faire de la figuration ».
Après le Cap-Vert, l’Espagne affrontera l’Arabie saoudite, puis l’Uruguay dirigé par l’Argentin Marcelo Bielsa. La Belgique du Français Rudi Garcia jouera également ce lundi 15 juin à Seattle, face à une sélection égyptienne emmenée par la vedette de Liverpool Mohamed Salah.
Les premiers résultats du tournoi
L’entraîneur français des Diables rouges espère redonner de l’élan à son équipe, qui reste sur 13 matchs sans défaite. Avec des cadres expérimentés comme Thibaut Courtois, Romelu Lukaku et Kevin De Bruyne, ainsi que des joueurs plus jeunes comme Charles De Ketelaere et Jérémy Doku, la Belgique espère renouer avec un parcours à la hauteur de ses ambitions après plusieurs campagnes décevantes.
Sans grande surprise, l’Allemagne, quadruple championne du monde, s’est imposée dimanche 14 juin dans la soirée, 7-1 face à Curaçao. Elle occupe la tête du groupe E devant la Côte d’Ivoire, victorieuse de l’Équateur 1-0, grâce à une meilleure différence de buts. La Tunisie s’est lourdement inclinée face à une équipe suédoise particulièrement offensive, qui s’est imposée 5-1 et a pris la tête du groupe F. L’autre rencontre marquante du week-end, entre les Pays-Bas et le Japon, s’est conclue par un match nul 2-2. Pour les Bleus, rendez-vous mardi 16 juin à 21 heures : l’équipe de Didier Deschamps affrontera le Sénégal pour son premier match de la Coupe du monde.





