Après plus de cinq ans passés à clamer son innocence dans la disparition et la mort de sa femme, Cédric Jubillar passe aux aveux. Dans une lettre manuscrite adressée à son avocat Pierre Debuisson et révélée ce 6 juillet par La Dépêche du Midi, l’homme provoque un rebondissement inattendu dans cette affaire débutée en décembre 2020. Faisant état d’« aveux de culpabilité », Me Debuisson affirme que son client souhaite « reconnaître sa culpabilité dans la disparition de sa femme Delphine ».
Cédric Jubillar avait été reconnu coupable du meurtre de son épouse, l’infirmière de 33 ans Delphine Jubillar, le 17 octobre 2025. Dans sa missive, le peintre-plaquiste assume son entière responsabilité dans la disparition de son épouse dans la soirée du 15 au 16 décembre 2020. « Ce n’est pas un jour de victoire, c’est un jour de vérité », déclare sur Franceinfo Me Mourad Battikh, l’un des avocats de la famille de Delphine Jubillar. Condamné en première instance à trente ans de réclusion criminelle, Cédric Jubillar devrait être « très prochainement » entendu par les magistrats.
Ce que révèle la lettre de Cédric Jubillar
La lettre manuscrite de Cédric Jubillar représente, sans conteste, un tournant essentiel dans cette affaire judiciaire tant commentée. Si son contenu n’a pas été intégralement rendu public, plusieurs éléments ont été révélés lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 6 juillet à 13 heures. Selon ses avocats, Cédric Jubillar a formulé des « aveux de culpabilité » grâce à une relation construite autour de la confiance.
« Au fil de nos rencontres, il a reconnu sa participation dans cette affaire, avec soulagement […]. Dans cette démarche, il veut aussi donner une sépulture à la mère de ses deux enfants », s’est exprimé Me Pierre Debuisson, avocat de Cédric Jubillar depuis janvier 2026 aux côtés de son père, Me Guy Debuisson.
Cédric Jubillar serait également prêt à révéler l’emplacement du corps de Delphine, introuvable depuis sa disparition en décembre 2020. La dépouille se situerait à quelques kilomètres seulement du domicile du couple, dans la commune de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Après plus de cinq ans, l’état du corps pourrait compliquer les analyses et les vérifications concernant les conditions de la mort de Delphine. Dans sa lettre, Cédric Jubillar explique que la disparition de son épouse survient après une énième dispute, sans préciser publiquement les détails de ces circonstances. Celles-ci seront réservées aux magistrats et ne devraient pas, pour l’heure, être dévoilées au grand public.
Il s’agit d’un « couple qui s’est dégradé depuis plusieurs mois avec des tensions de plus en plus fortes », précise en conférence de presse Me Pierre Debuisson. « Tétanisé quand il a repris ses esprits, il a tout de suite pensé à ses enfants et n’a pas voulu leur infliger ce regard terrible sur le corps inanimé de leur mère. Immédiatement, il a pris la décision de déplacer le corps de Delphine dans un endroit sur lequel il nous a donné quelques précisions ».
Cette révélation est vécue comme un « soulagement » par Pauline Rongier, avocate de la meilleure amie de la victime : « Enfin, on va savoir où est le corps », a-t-elle déclaré au micro de BFMTV. Déplorant le « temps perdu pour la justice, pour les proches, pour le recueillement », elle s’efforce toutefois de relativiser la portée judiciaire des aveux de Cédric Jubillar. « On n’en avait pas besoin pour le condamner […], on avait tout ce qu’il faut », assure l’avocate.
Cédric Jubillar exténué par ses conditions de détention
Dans le cadre de l’affaire Delphine Jubillar, Cédric Jubillar est détenu à l’isolement, par mesure de sécurité, à la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse, depuis le 18 juin 2021. Interdit de côtoyer physiquement ses codétenus du fait de son régime carcéral très strict, le peintre-plaquiste dépeint des conditions de vie difficiles, affectant selon lui sa santé physique et mentale. « Je n’ai jamais vu un type aussi dégradé en détention : il est exténué, je ne peux pas préparer sa défense dans ces conditions car je ne peux pas échanger normalement avec lui », déplorait en février dernier Me Pierre Debuisson.
Présentant un état « quasi dépressif » selon son avocat, Cédric Jubillar connaîtrait de grandes difficultés de sommeil. Perturbé par les hurlements de ses voisins, les coups contre les murs et la lumière allumée en pleine nuit, le peintre-plaquiste occupe ses journées en se contentant de regarder la télévision et de lire.
Sur la base de ces nouvelles révélations, la justice pourrait ordonner un supplément d’information, précise Frédéric Abela, journaliste à La Dépêche du Midi, qui a eu accès à la lettre de Cédric Jubillar.
« Il va y avoir un supplément d’informations sur la base de ses déclarations […]. À l’issue de cela, il va y avoir des recherches, effectuées sur la base de ces déclarations. »
À la suite des dernières révélations de Cédric Jubillar, le procès en appel devant la cour d’assises d’appel de Toulouse, prévu le 21 septembre 2026 pour une durée de quatre semaines, pourrait être reporté. « Il est évident qu’il faut laisser du temps au temps : tout est à reprendre », a estimé Me Guy Debuisson en conférence de presse.





