Dans ce reportage exclusif pour le magazine TIME France, la star américaine a choisi de dévoiler la cicatrice de sa mastectomie préventive, pratiquée en 2013. Un geste fort et symbole d’espoir qui encourage l’accès à l’information et à la prévention du cancer du sein, le cancer féminin le plus fréquent dans le monde et la première cause de mortalité par cancer chez les femmes. Déjà, En 2013, Angelina Jolie sensibilisait au dépistage du cancer du sein, en révélant sa mastectomie au monde. Un acte dont l’impact sans précédent connu sous le nom d’« Effet Angelina » entraîna notamment une augmentation de 20% des dépistages en France.
A 50 ans, cette infatigable humanitaire, fondatrice de Kids in Need of Defense (KIND), de la fondation Maddox et d’Atelier Jolie, qui a travaillé pendant plus de deux décennies pour le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés avant de terminer sa carrière en tant qu’envoyée spéciale, évoque également dans nos pages son engagement continu en faveur des communautés vulnérables à travers le monde. Pour TIME France, elle partage sa vision de l’aide humanitaire et des actions à mener sur le terrain, qui selon elle, doivent s’appuyer sur un leadership local.
Nous l’avons rencontrée.
Dans Coutures, le film d’Alice Winocour, vous incarnez une cinéaste américaine diagnostiquée d’un cancer du sein. Quel a été votre rapport à cette dimension du scénario ?
C’est une histoire très personnelle pour moi ; j’ai tout de suite ressenti une profonde résonance avec Maxine Walker, mon personnage. J’ai toujours admiré le travail d’Alice, c’est une réalisatrice brillante, et sa façon d’aborder la maladie est inédite. Trop souvent, les films sur les épreuves des femmes – surtout le cancer – parlent de fin et de tristesse, rarement de la vie. Alice a réalisé un film sur la vie et c’est précisément pour cela que les sujets sensibles qu’il aborde sont traités avec autant de délicatesse. Les épreuves, les maladies, les douleurs font partie de notre existence, mais ce qui compte, c’est la manière dont on les affronte. Pour moi, et pour tant de femmes qui ont vécu cela, il était essentiel de rappeler que ce qui permet de traverser ces moments, c’est justement la vie. Ma mère a été malade pendant des années. Un soir où on l’interrogeait sur sa chimiothérapie, très émue, elle m’a dit qu’elle aurait préféré qu’on lui parle d’autre chose, elle avait l’impression que la maladie devenait toute son identité. J’aime ce film parce qu’il raconte bien plus que le parcours d’une personne malade : il montre la vie. C’est cette perspective lumineuse qui m’a touchée et donné envie d’incarner ce rôle.
Vous portiez le bijou de votre mère pendant le tournage, mais vous ne le portez pas aujourd’hui.
Je le porte rarement, car il contient ses cendres, je ne veux pas le perdre.
Lorsque le professeur, magistralement interprété par Vincent Lindon, annonce son cancer du sein à Maxine, on comprend que cette nouvelle est aussi difficile à formuler pour lui qu’à entendre pour elle.
“Il y a un moment où le médecin sait, mais pas le patient”, m’a dit un jour un médecin. Dans cette scène, il m’était impossible de ne pas penser à ma mère, assise dans un fauteuil similaire, recevant la même information. J’ai trouvé l’interprétation de Vincent Lindon remarquable. Le respect profond qu’il témoigne aux spécialistes du cancer du sein, tout comme à leurs patientes, sa manière de les comprendre… Tout cela m’a donné l’impression qu’il aurait pu être mon propre soignant.
Environ 2 femmes sur 1 000 sont porteuses du gène BRCA, lié aux cancers de l’ovaire et du sein – ce dernier est la principale cause de mortalité féminine par cancer. Dès lors, le dépistage du BRCA ne devrait-il pas être proposé systématiquement à toutes les femmes ?
Bien sûr. Chaque femme devrait toujours pourvoir déterminer son propre parcours de santé et disposer des informations nécessaires pour faire ses choix : les tests génétiques et le dépistage ont vocation à être accessibles et abordables pour les femmes présentant des facteurs de risque évidents ou des antécédents familiaux significatifs. Lorsqu’en 2013, j’ai partagé mon expérience, c’était pour encourager des choix éclairés. Les décisions en matière de santé doivent être personnelles, et les femmes doivent disposer des informations et du soutien nécessaires pour faire ces choix. L’accès au dépistage et aux soins ne devrait dépendre ni des ressources financières ni du lieu de vie.
Vous avez souhaité dévoiler les cicatrices de votre mastectomie dans TIME France. Pourquoi ?
Je partage ces cicatrices avec beaucoup de femmes que j’aime. Et je suis toujours émue lorsque je vois d’autres femmes partager les leurs. J’ai souhaité me joindre à elles, sachant que TIME France partagerait des informations sur la santé mammaire, la prévention et les connaissances sur le cancer du sein.
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le premier numéro de TIME France disponible en kiosque à partir du 18 décembre.
Dans les coulisses du shooting photo – Vidéo : Nawel Odin





