Alors que de nouvelles attaques américaines ont frappé l’Iran dans la nuit de lundi 25 à mardi 26 mai, Donald Trump exhorte fermement les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, à s’ajouter aux accords d’Abraham, afin de normaliser leurs relations avec Israël.

Donald Trump fait pression sur les pays du Golfe. Les États-Unis ont frappé, dans la nuit de lundi 25 à mardi 26 mai, le territoire iranien, notamment dans le sud du pays. Ce sont les premières frappes américaines recensées depuis plusieurs semaines. Un coup dur pour les négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui se poursuivent cette semaine. Le président américain Donald Trump a posé de nouvelles conditions dans l’espoir de signer un accord.

Dans un dernier élan avant les discussions avec l’Iran, Donald Trump a fermement exigé que les pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite, « signent immédiatement les accords d’Abraham ». Le texte qui a déjà été signé en 2020 et qui vise à normaliser les relations entre Israël et des pays arabes : le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Maroc et le Soudan. Mais depuis la signature, nombreux sont les pays qui refusent de rejoindre les accords, notamment l’Arabie saoudite.

Dans un long message publié sur Truth Social, il exhorte les pays avec lesquels il a échangé le samedi 23 mai dans le cadre des discussions visant à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient :

« J’ai déclaré qu’après tout le travail effectué par les États-Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d’Abraham ».

Des pays qui « servent de boucliers aux bases américaines » ?

« Ce serait un honneur de les avoir comme membres de cette coalition mondiale sans précédent », a notamment écrit sur son profil Truth Social le président américain. Pour Donald Trump, qui a initié lors de son premier mandat les accords d’Abraham, l’élargissement de ce cadre diplomatique doit désormais accompagner un éventuel accord avec l’Iran.

« Si l’Iran signe son accord avec moi, en tant que président des États-Unis d’Amérique, ce serait un honneur de l’accueillir au sein de cette coalition mondiale sans précédent », a-t-il dissuadé.

Dans une déclaration écrite diffusée à la télévision d’État iranienne, le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a insisté sur la perte d’influence de Washington, qui s’éloigne d’après lui « chaque jour davantage de son ancien statut » dans la région du Golfe. Les États-Unis « n’ont plus de lieu sûr dans la région pour mener leur agression », a dénoncé le guide suprême, qui n’est pas réapparu depuis sa nomination au début du mois de mars. « Il n’y aura pas de retour en arrière » et les pays au sein du Golfe qui sont régulièrement victimes de frappes par l’Iran en représailles des attaques israélo-américaines du 28 février dernier « ne serviront plus de boucliers aux bases américaines », a-t-il aussi affirmé.

L’incertitude d’un accord de paix

Des hauts responsables iraniens, dont le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont tous rendus lundi 25 mai à Doha au Qatar pour la première fois depuis le début de la guerre. « Nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions », a affirmé le même jour le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. « Mais de là à dire que la signature d’un accord est imminente, personne ne peut l’affirmer », a-t-il toutefois nuancé.

L’accord reste encore possible, a assuré le secrétaire d’État américain Marco Rubio, parlant de discussions « autour de la formulation précise du texte initial », ce qui, devrait selon lui prendre plusieurs jours. « Le président a exprimé sa volonté de parvenir [à un accord]. Soit il conclura un accord, soit il n’y aura aucun accord », a ajouté le secrétaire d’État américain.

Des attaques recensées dans le sud de l’Iran

Le cessez-le-feu qui a été conclu le 8 avril dernier entre les États-Unis et l’Iran a surtout eu pour effet de provoquer des semaines de blocages et de menaces des deux côtés jusqu’à finalement faire état de discussions et d’avancées considérables ces derniers jours. Donald Trump avait même laissé entrevoir un compromis à venir au cours du week-end. Mais après qu’Israël annonce intensifier ses attaques sur le Liban puis par l’attaque américaine sur l’Iran, les espoirs de convenir à un accord de paix semblent à présent s’éloigner.

Selon le commandement américain du Centcom, « des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines » ont été visés dans des frappes. C’est dans le sud de l’Iran, à Bandar Abbas, que plusieurs explosions ont notamment été entendues par les habitants aux alentours de minuit, rapportent les médias iraniens. L’armée américaine a de son côté précisé « faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu ». Après ces frappes, les marchés aux quatre coins du monde ont « retrouvé un ton plus prudent », malgré « l’optimisme du week-end », commente Daniela Hathorn, analyste pour le magazine Capital. Les bourses européennes ont ouvert sans direction franche tandis que le pétrole est de nouveau revenu à la hausse.