Le pape Léon XIV a prononcé le 1er octobre dernier son premier grand discours sur le climat lors d’une conférence marquant le 10e anniversaire de l’encyclique Laudato Si', une lettre rédigée par son prédécesseur, le pape François.

Dans son discours, il a souligné l’importance de ce document qui appelle à prendre soin de notre environnement. Il a également appelé la société à faire pression sur les gouvernements du monde entier pour relever ce défi.

« Depuis le début, cette encyclique a grandement stimulé l’Église et de nombreuses personnes de bonne volonté », a-t-il déclaré. « Son impact s’est même étendu aux sommets internationaux, au dialogue œcuménique et interreligieux, aux milieux économiques et commerciaux, ainsi qu’aux études théologiques et bioéthiques. »

Cette lettre fait figure d’appel à l’action, bien qu’elle ait été publiée avant l’adoption historique de l’Accord de Paris sur le climat en décembre 2015. Cette même année, au moins dix dirigeants mondiaux avaient d’ailleurs fait référence aux mots du Pape François lors de leurs discours à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques.

C’est la première fois que le Pape Léon XIV prend la parole au sujet du changement climatique, bien qu’il se soit déjà brièvement exprimé sur le sujet auparavant. Début septembre, il avait notamment abordé la question climatique lors d’un discours prononcé à l’occasion de la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création.

« De toutes parts, l’injustice, les violations du droit international et des droits des peuples, les graves inégalités et la cupidité qui les alimente engendrent la déforestation, la pollution et la perte de biodiversité », a affirmé le souverain pontife. « Les phénomènes naturels extrêmes provoqués par les changements climatiques issus de l’activité humaine sont de plus en plus intenses et fréquents, sans parler des effets à moyen et long terme des ravages humains et écologiques des conflits armés. »

Plus tôt cet été, le Pape Léon XIV avait exprimé son approbation quant à l’installation d’un parc solaire qui fera du Vatican le premier État neutre en carbone au monde. Le mois dernier, il avait également inauguré un nouveau centre de formation écologique dans les jardins de Castel Gandolfo, qui sera consacré à l’agriculture durable, à la gestion écologique et à d’autres enseignements de Laudato Si’.

Lors de son discours le 1er octobre, le souverain pontife a souligné que les défis identifiés dans Laudato Si’ sont « encore plus pertinents aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a dix ans ».

Il a également affirmé que la responsabilité de protéger la planète incombe à chacun et a par la suite exhorté les citoyens à faire pression pour obtenir des changements politiques dans leurs propres communautés.

« La société doit faire pression sur les gouvernements pour qu’ils élaborent des réglementations, des procédures et des contrôles plus rigoureux », a-t-il déclaré. « Les citoyens doivent jouer un rôle actif dans la prise de décisions politiques à l’échelle nationale, régionale et locale. Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de lutter contre les atteintes à l’environnement. »

Son discours prouve une nouvelle fois que le pape Léon XIV, dont les opinions sur plusieurs questions restent floues malgré tout, peut adopter la même position intransigeante que son prédécesseur au sujet des changements climatiques. « Nous habitons la même planète, dont nous devons prendre soin ensemble », a -t-il conclu.