Malgré la date butoir qui approche à grands pas, les pays européens continuent de maintenir leurs efforts en termes de pollution. La qualité de l’air s’améliore effectivement en Europe mais des efforts restent encore nécessaires afin d’atteindre les objectifs fixés par l’Union européenne à l’horizon 2030, indique le rapport annuel sur la qualité de l’air, publié le jeudi 30 avril par l’Agence européenne de l’environnement (AEE). « Les normes de l’UE ont été globalement respectées dans la plupart des régions d’Europe en ce qui concerne les particules fines [PM2,5] et le dioxyde d’azote [NO2] », note l’AEE dans un communiqué.
Dans environ 20 % des stations de surveillance, « la pollution atmosphérique reste supérieure aux normes de qualité de l’air en vigueur dans l’UE, en particulier pour les particules fines d’un diamètre inférieur ou égal à 10 microns [µm] [PM10], l’ozone de basse altitude [O3] et le benzo[a]pyrène [BaP] », précise l’agence européenne.
Des efforts encore insuffisants
L’étude annuelle de l’AEE couvre au total 39 pays européens, dont les 27 membres de l’Union européenne, et douze autres pays membres associés à l’agence, comme la Suisse, la Norvège, la Turquie, ou l’Albanie. L’agence reconnaît toutefois que les pays membres de l’UE doivent continuer de mettre en œuvre efficacement leur feuille de route qui avait été fixée en 2024 pour pouvoir atteindre les limites de qualité de l’air d’ici 2030.
« Pour la plupart des polluants, l’écart par rapport à l’objectif fixé pour 2030 est important et nécessitera probablement des mesures supplémentaires », insiste l’AEE, qui note que des efforts considérables restent encore à réaliser, en particulier sur les particules fines. Des efforts qui sont parfois compliqués à faire appliquer dans la sphère politique, rapporte l’AFP, comme en témoigne la récente suppression en France des zones à faibles émissions (ZFE), une mesure qui avait été mise en place contre les véhicules polluants dans certaines zones urbaines comme dans les centres-villes.
Les objectifs qui avaient été fixés en 2030 dans l’UE restent donc encore inférieurs aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mises à jour en 2021. L’agence européenne met aussi l’accent sur l’absence de progrès significatifs sur le front de l’ozone qui se trouve en basse altitude et « qui n’a pas diminué de manière significative », ce qui aurait causé par conséquent 63 000 morts dans l’UE en 2023.
La France poursuit sa transition avec son budget vert
« Le réchauffement climatique devrait aggraver la pollution par l’ozone en Europe en raison de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des conditions météorologiques liées à la chaleur, qui favorisent sa formation », explique l’AEE dans son rapport. Elle explique en effet que les actions au niveau local et national « pourraient ne pas être suffisantes » étant donné que l’ozone ainsi que ses précurseurs se déplacent sur de longues distances. « Une réduction efficace dépend également d’une coopération européenne et internationale renforcée pour lutter contre la pollution atmosphérique transfrontalière », insiste l’AEE.
Depuis 2023, « 19 États membres, dont la France, [respectaient] l’ensemble de leurs plafonds d’émission pour les cinq polluants visés », constatait le bilan de la qualité de l’air extérieur en 2024. En France, plus de 8 milliards d’euros avaient été investis dans la protection de l’air, soit une augmentation de plus de 20 % par rapport à l’année 2022 d’après les statistiques publiques de l’énergie, des transports et de l’environnement. Le gouvernement français a publié mardi 28 octobre 2025 son budget vert pour accélérer la transition écologique. Les investissements en 2024 en faveur de la décarbonation de l’économie dépassaient les 110 milliards d’euros.
Pour respecter la trajectoire européenne en termes de neutralité carbone, les investissements annuels devraient, selon le gouvernement français, doubler d’ici la fin de la décennie. En avril 2026, le gouvernement a de nouveau fixé le montant de son enveloppe pour le Fonds vert 2026 à destination des collectivités : un montant reconduit à 837 millions d’euros.





