Cinq allers-retours Intercités entre Paris et Clermont-Ferrand resteront à quai les 12 et 13 août. La climatisation, jugée trop fragile pour encaisser la chaleur, a poussé la SNCF à annuler ces cinq liaisons. Les voyageurs concernés ont été prévenus par message, assure la compagnie. Ce contretemps ferroviaire n’est qu’un symptôme parmi d’autres d’une semaine qui s’annonce éprouvante pour tout le pays.
Météo-France a placé, mardi 11 août à midi, 21 départements supplémentaires en vigilance orange canicule. Ils rejoignent les 22 territoires du Centre et du Sud-Est déjà sous alerte depuis la veille. Au total, 43 départements sont désormais concernés, de la Charente à la Manche, en passant par la pointe bretonne. Dès 5 heures du matin, le thermomètre affichait 27 °C au Luc, dans le Var, et à Nice, 26 °C à Montpellier, 25 °C à Clermont-Ferrand comme à Orange. Les maximales grimperont mardi entre 35 °C et 37 °C sur l’ensemble des zones orange.
Il ne s’agit pas d’un nouvel épisode à proprement parler, précise Météo-France, mais de la poursuite de la troisième vague de chaleur amorcée le 28 juillet dans le Sud-Est, qui s’étend désormais et s’intensifie. Un premier épisode, précoce, avait déjà frappé le pays fin mai. Le 10 août, les stations du Var et du Vaucluse frôlaient encore les 40 °C, avec 39,9 °C relevés au Luc et 38,7 °C à Visan.
67 départements en orange dès mercredi
Le répit n’est pas pour tout de suite. Météo-France annonce que 67 départements basculeront à leur tour en vigilance orange le 12 août, avec un pic de chaleur attendu au milieu de la semaine. Pays de la Loire, sud de la Bretagne, Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine seront particulièrement exposés. Localement, certains prévisionnistes évoquent des pointes à 38-40 °C. Parallèlement, 35 départements du sud restent en vigilance jaune orages, avec un risque accru sur les reliefs alpins, pyrénéens et du Massif central. Le 3 août déjà, deux randonneurs de 14 et 21 ans avaient été frappés par la foudre sur le GR10, dans les Hautes-Pyrénées.
Sur le plan énergétique, la tension monte aussi. Le parc nucléaire d’EDF a enregistré le 9 août son record d’indisponibilités liées à la sécheresse et à la chaleur, avec 15,6 % de puissance manquante dans l’après-midi, selon des calculs de l’AFP. En cause : la hausse des températures des cours d’eau et la baisse de leur débit, qui contraignent l’exploitant à réduire la puissance de certains réacteurs, voire à les arrêter, faute de pouvoir refroidir les installations sans risque pour les milieux aquatiques.
L’eau, ressource sous cloche pour 67 départements
Autre front sous tension : l’eau. Au 9 août, la totalité des départements métropolitains se trouvait au moins en seuil de vigilance sécheresse, selon le gouvernement. Parmi eux, 67 sont désormais classés en situation de crise, le niveau maximal de restriction, et 21 en alerte renforcée. Une réunion de crise du Comité d’anticipation et de suivi hydrologique doit se tenir mercredi avec les préfectures de région.
Concrètement, arrosage du jardin, remplissage de piscine ou lavage de voiture sont interdits dans les zones les plus touchées. Les règles varient selon la commune et le type d’eau consommée, souterraine, prélevée en rivière ou distribuée au robinet ; la plateforme gouvernementale VigiEau permet de vérifier, adresse par adresse, les restrictions en vigueur. Ne pas les respecter expose à une amende pouvant atteindre 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive.
Selon l’Office français de la biodiversité, 1 373 cours d’eau présentaient au 1er août des ruptures d’écoulement ou des assecs, soit 554 de plus en un mois seulement, du jamais-vu à cette période de l’année. Certaines villes du Sud n’ont pas vu tomber une goutte de pluie depuis plus de deux mois, à l’image de Cannes, où le compteur affiche 65 jours sans précipitation. Fait plus inhabituel, des départements du nord du pays commencent eux aussi à basculer en zone de crise hydrique.






