Le président américain a annoncé ce mardi 17 février les trois projets issus de l’accord commercial conclu avec Tokyo en juillet dernier. Les deux pays prévoient de construire des infrastructures aux États-Unis dans les secteurs du pétrole et du gaz, dans la production d’énergie et dans les minéraux.

« Je suis heureux d’annoncer trois FORMIDABLES projets », s’est félicité Donald Trump. Le président américain a annoncé ce mardi 17 février les trois projets majeurs prévus dans le cadre de l’accord entre les États-Unis et le Japon. L’accord commercial commencé en juillet dernier engage Tokyo à investir 550 milliards de dollars à Washington d’ici 2029. En contrepartie, les États-Unis prévoient une limitation à 15 % des droits de douane américains sur les produits japonais importés.

Donald Trump s’est félicité sur son réseau social Truth Social de ces projets à venir « dans les secteurs stratégiques du pétrole et du gaz au Texas, la production d’énergie dans l’Ohio et les minéraux critiques en Géorgie ». L’homme d’affaires et secrétaire au Commerce Howard Lutnick a précisé dans un message posté sur X que ces projets devaient représenter en tout « un engagement de 36 milliards de dollars dans notre économie ». L’annonce du président américain intervient avant même le déplacement de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi à la Maison-Blanche prévu au mois de mars prochain. Donald Trump s’était rendu au Japon en octobre 2025 pour échanger sur l’accord commercial.

« Une victoire massive de l’America First »

Ce mercredi 18 février, Sanae Takaichi s’est réjouie de ces projets qui « renforceront l’alliance nippo-américaine », qui, d’après elle, permettront « au Japon et aux États-Unis de construire conjointement des chaînes d’approvisionnement résilientes dans des secteurs stratégiques pour la sécurité économique ». Elle a également ajouté être convaincue que ces initiatives « incarnent pleinement […] la promotion d’avantages mutuels, le renforcement de la sécurité économique et la stimulation de la croissance économique ».

Par ailleurs, dans son message publié sur son réseau social, Donald Trump a insisté sur « l’ampleur de ces projets », qu’il qualifie comme étant « tellement importante ». Selon lui, « cela n’aurait pas pu être réalisé sans ces mots très particuliers, DROITS DE DOUANE ». Pour le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, il s’agit surtout d’une « victoire massive de l’America First », terme utilisé pour désigner la politique commerciale américaine qui a pour vocation de faire passer en priorité les intérêts des États-Unis.

Le premier projet de la liste consiste à financer une centrale électrique au gaz naturel dans l’État de l’Ohio qui devrait par ailleurs être la « plus grande de l’histoire », avec notamment une capacité de 9,2 gigawatts, a précisé Howard Lutnick. L’investissement de cette centrale électrique est prévu à hauteur de 33 milliards de dollars. L’exploitation de cette usine sera confiée à la société SB Energy, une filiale de l’investisseur technologique japonais SoftBank Group. L’installation alimentera en électricité les centres de données qui sont dédiés à l’intelligence artificielle, a précisé la Première ministre japonaise. Dans sa pleine capacité, sa puissance serait égale à celle de neuf réacteurs nucléaires. D’après l’agence de presse américaine Bloomberg News, la consommation de la centrale pourrait fournir une consommation électrique à environ 7,4 millions de foyers.

Des bénéfices américains à hauteur de 90 %

Le deuxième grand projet est celui d’un terminal pétrolier en eau profonde dans le Texas. Un coût qui s’élève à 2,1 milliards de dollars, ce qui devrait notamment permettre l’exportation de « 20 à 30 milliards de dollars de pétrole brut » dans sa pleine capacité. Le troisième projet prévu est celui d’une usine de fabrication de diamant synthétique. Ce composant est crucial dans l’industrie de la Chine, qui domine ce secteur sur le marché mondial. La Maison Blanche a précisé que cette usine sera exploitée par Element Six, une société de diamants industriels qui est une unité du groupe De Beers, le plus grand producteur de diamants au monde. Le site devrait permettre « de produire localement 100 % de la demande américaine en granulés de diamant synthétique […] Nous ne dépendrons plus des approvisionnements étrangers », a déclaré Howard Lutnick.

Pour l’instant, Tokyo affirme avoir transmis seulement 1 à 2 % des investissements directs, le reste étant constitué de prêts ou de garanties de prêts apportés par un autre organisme public pour soutenir des financements privés. Le protocole de l’accord prévoit que les États-Unis gardent la main sur la destination des investissements. Les projets proposés sont examinés par un comité nippo-américain et doivent, in fine, être approuvés par Donald Trump. À présent, Tokyo devrait garantir les financements nécessaires dans les 45 jours. Avant de pouvoir entièrement rembourser les investissements japonais, les deux pays se partageront à part égal les gains remportés par les trois projets financés. Puis après le remboursement total, 90 % des bénéfices resteront aux États-Unis. Le secrétaire au Commerce s’est félicité de ce partenariat : « Le Japon apporte le capital. Les infrastructures sont construites aux États-Unis. Les recettes seront structurées afin de permettre au Japon un retour sur investissement et aux États-Unis de détenir des actifs stratégiques. » De son côté, Sanae Takaichi a affirmé que le Japon continuera « à travailler en étroite collaboration afin […] de garantir leur mise en œuvre rapide et sans heurts ».