Le géant de l’aéronautique Airbus a publié ce lundi 12 janvier son bilan annuel. Avec une hausse de 4 % comparée à l’année dernière et une révision de ses objectifs en décembre, le géant de l’aéronautique européen Airbus reste le leader mondial derrière son rival Boeing.

Le bilan d’Airbus est tombé. Suite à la révision du bilan annuel en décembre, le groupe européen a annoncé ce lundi 12 janvier une hausse de 4 % de ses ventes d’avions commerciaux par rapport à 2024, avec 793 appareils livrés à 91 clients. Et malgré une progression de son concurrent américain Boeing, qui réduit l’écart chaque année, Airbus conserve toujours son avance. Au début de l’année 2025, l’entreprise européenne s’était engagée à livrer au total 820 appareils de tous types. L’année passée, Airbus avait livré 766 appareils contre 735 en 2023. Mais confronté à des « problèmes de qualité » des A320 – ses avions phares – en décembre, Airbus a revu à la baisse son objectif initial de 820 appareils, le réduisant à 790. La production reste bien en dessous du niveau avant la crise du covid-19. En 2019, année de référence, l’entreprise avait livré jusqu’à 863 appareils… soit 70 de plus qu’en 2025.

« L’aviation commerciale a fait preuve d’une résilience extraordinaire en 2025. Malgré un contexte géopolitique changeant et l’incertitude qui en découle sur les marchés », a analysé Christian Scherer, directeur général d’Airbus, au cours d’une conférence téléphonique. Il poursuit en expliquant ne constater aucun fléchissement de la demande de trafic aérien, allant jusqu’à évoquer un « appétit des compagnies » encore présent pour les avions neufs. En se basant sur les chiffres publiés ce lundi, Christian Scherer conclut que les « livraisons sont en hausse d’une année à l’autre » et ce, malgré les problèmes persistants rencontrés dans les chaînes d’approvisionnement.

Des problèmes d’approvisionnement 

Le constructeur européen rencontre en plus des difficultés liées aux panneaux de fuselage (partie de la structure d’un aéronef) de ses A320 un second problème : les moteurs arrivent très tard sur les chaînes d’assemblage, notamment pour les avions monocouloirs qui sont parmi les mieux vendus. Christian Scherer constate que « cette tendance se poursuit en 2026, en particulier avec Pratt & Whitney [l’entreprise en charge de la construction des moteurs, ndlr] ». Par conséquent, de nombreux planeurs se retrouvent en attente de leurs moteurs. La production de « planeurs » a de fait chuté, passant de « plus de 60 au milieu de l’année » à un nombre jugé insignifiant.

Du côté des commandes, Airbus a enregistré 1 000 commandes brutes et 889 nettes, c’est-à-dire comptabilisées après les annulations ou négociations, pour 57 clients, dont 656 A320, 193 A350, 49 A220, 100 A330neo et deux A330 MRTT. Ces modèles, dont le coût unitaire peut dépasser plusieurs dizaines, voire centaines de millions de dollars, représentent un chiffre d’affaires important pour le constructeur européen.

 Une concurrence accrue en 2026 ?

Le grand concurrent d’Airbus, l’américain Boeing, a réussi cette année encore à réduire l’écart qui le sépare de l’avionneur européen, le dépassant même sur la prise de commandes pour 2026. Et ce, malgré les difficultés de l’entreprise, grâce au soutien d’une politique commerciale agressive menée par l’administration de Donald Trump. L’entreprise américaine affiche pour cette année 2025 un nombre de 999 commandes nettes prises sur les onze premiers mois de l’année. En tout, le carnet de commandes de la branche Aviation commerciale (BCA) affichait 4 319 avions Boeing.

Malgré cela, l’avionneur européen conserve une avance notable, estimée à environ 140 appareils sur son concurrent américain Boeing. Ce dernier publiera ses chiffres de livraisons et de commandes annuelles ce mardi 13 janvier. Le nombre de livraisons est estimé par les analystes entre 590 et 610 appareils. Un chiffre qui s’améliore et contribue à réduire, année après année, l’écart avec Airbus. Entre janvier et novembre 2025, Boeing a déjà livré 537 avions, un niveau inédit sur cette période depuis l’avant-Covid.

Des bilans scrutés 

Deux ans plus tôt, Boeing avait considérablement réduit son volume de livraisons par rapport aux années précédentes, avec seulement 348 avions commerciaux livrés, un chiffre au plus bas depuis des décennies pour le constructeur. Pour les analystes, il est plus difficile d’estimer la production de Boeing, qui n’a pas fourni d’objectif officiel de livraisons pour 2025.

Le directeur général d’Airbus le souligne lui-même : « Il est indéniable que Boeing a bénéficié d’un appui politique. Ce que cela signifie pour nous, c’est que nous devons être plus convaincants que notre concurrent et son soutien politique, par la qualité de nos produits. » Il a toutefois félicité le retour de Boeing « dans la cour des grands après tant d’années », ajoutant que ce retour était pour Airbus « une bonne chose », affirmant que « cette concurrence est saine, elle va nous rendre encore plus agressifs ». Un nombre de commandes pour les Américains qui pourrait donc leur permettre, pour cette année 2026, de concurrencer plus frontalement le géant européen.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours très scruté, que ce soit par les analystes, les marchés financiers ou les investisseurs. L’industrie de l’aviation étant en expansion, des résultats financiers importants sont constatés. Les compagnies aériennes s’acquittent de la majorité du prix d’achat lorsqu’elles reçoivent leurs appareils : la livraison reste donc surveillée de près, puisque c’est l’élément qui déclenche le paiement immédiat des appareils et donne une indication directe sur les résultats financiers des avionneurs.