La cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Milan-Cortina prévue ce vendredi 6 mars à Vérone se fera sans représentants politiques français, a annoncé la ministre des Sports, Marina Ferrari mercredi 4 mars. Cette décision est due à l'autorisation accordée aux athlètes russes et biélorusses de défiler sous leur drapeau national.

Un boycott de la cérémonie des Jeux paralympiques. La ministre des Sports, Marina Ferrari, a annoncé ce mercredi 4 mars dans la soirée lors d’une conférence de presse qu’elle n’enverra « pas de représentant politique à la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Milano-Cortina », ce vendredi 6 mars. La ministre a expliqué avoir pris cette décision pour exprimer son désaccord concernant le retour des athlètes russes et biélorusses sous leur bannière. Une décision qui est pour le moment également valable pour la cérémonie de clôture qui aura lieu dimanche 15 mars. Au total, ce seront dix athlètes russes et biélorusses qui pourront concourir sous leurs drapeaux et hymnes. Toutes les sanctions à l’encontre des comités paralympiques des deux nations ont été levées en septembre 2025 lors d’un vote favorable à l’assemblée générale du Comité international paralympique. Une première aux Jeux olympiques et paralympiques depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 soutenue par Minsk.

« Pour autant, je serai bien évidemment présente dès le lendemain en Italie », a toutefois assuré Marina Ferrari, ajoutant que « c’est important que je sois sur place au côté des parathlètes et de nos amis italiens qui organisent ces Jeux paralympiques ». Une décision qu’elle considère « mesurée » et qu’elle a « mûrement réfléchie ». « C’est une décision qui se veut respectueuse des institutions sportives, du Comité international paralympique », mais aussi « de la décision qui a été prise », a-t-elle ajouté, évoquant indirectement la participation d’athlètes russes et biélorusses concourant sous leur bannière.

Un boycott de plusieurs nations

« C’est aussi un désaccord que nous exprimons par rapport à cette position. On a pris un peu de temps, avant d’arrêter cette décision, car il nous semblait qu’il fallait qu’on puisse à la fois marquer notre désaccord, répondre à la hauteur des enjeux diplomatiques et sportifs et continuer à manifester notre soutien au paralympisme et à nos athlètes », a expliqué la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. Un boycott qui se limite toutefois à la représentation politique. La délégation sportive serait représentée lors de la cérémonie d’ouverture par des bénévoles qui défileront à Vérone, comme l’avait annoncé une semaine plus tôt le Comité paralympique et sportif français (CPSF). « Je respecte la décision du monde sportif », a toutefois indiqué Marina Ferrari, ajoutant qu’elle tenait « bien à distinguer le fait politique du fait sportif, c’est pour ça que je serai présente en Italie » dès le lendemain de la cérémonie. « C’était important de venir les soutenir pour que ce moment reste un beau moment pour eux », a-t-elle tenu à rappeler.

La France fait partie des dix pays qui ont fait le choix de ne pas être représentés à cette cérémonie. Après la Tchéquie, l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, les Pays-Bas et l’Ukraine c’est l’Allemagne qui a annoncé qu’aucune délégation, sportive comme politique, ne sera présente lors de la cérémonie d’ouverture. « Nous avons décidé que l’équipe d’Allemagne aux Jeux paralympiques ne participerait pas au défilé des nations », a déclaré dans un communiqué ce mercredi 4 mars le Comité paralympique allemand. Une décision qui « vise à la fois à se concentrer sur les compétitions à venir et à exprimer respectueusement notre solidarité avec la délégation ukrainienne », ont-ils expliqué. Le commissaire européen des Sports et de la Jeunesse, Glenn Micallef, a également refusé de se rendre en signe de protestation à Vérone.

À Vérone, des difficultés logistiques

Pour ce qui est de la cérémonie en elle-même, les organisateurs ont choisi les arènes de Vérone, s’inspirant de la cérémonie d’ouverture de Paris 2024, innovante puisqu’elle a eu lieu en dehors d’un stade. « Un voyage enchanteur à travers l’histoire, la culture et la beauté de l’Italie. Ici, les cérémonies deviennent magiques », est-il possible de voir écrit sur le site des Jeux d’hiver de Milan-Cortina. À travers les différents symboles de l’histoire de l’Italie dans ces arènes, les contraintes liées à ce lieu, vieux de plusieurs millénaires, restent cependant bien présentes. Pour relier ces sites historiques à ceux des paralympiques, il faut compter entre deux et trois heures de route, alors même que les premières compétitions se déroulent dès le lendemain de la cérémonie.

« Ce n’est donc pas possible pour les athlètes de participer à cette cérémonie. Cela les ferait revenir à une heure du matin après six heures de route. Ce n’est pas du tout raisonnable sur le plan sportif », a déclaré à nos confrères de Franceinfo, Jean Minier, directeur des sports au Comité paralympique et sportif français. Quelques semaines plus tôt, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à Milan, les délégations avaient déjà rencontré des difficultés liées à la distance entre les différents sites.