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Sénatoriales : la droite garde sa majorité, le RN en mesure de former un groupe pour la première fois

Le Sénat francais. (Crédits: Kristy Sparow/Getty Images)
La majorité LR-centristes tient, mais le RN et ses alliés de l’UDR disposent d’au moins quatorze sénateurs pour former un groupe, une première. LFI fait aussi son entrée au Sénat avec l’élection de Gabriel Amard dans le Rhône, à sept mois de la présidentielle.

Onze élus issus du scrutin, dont deux dans les Bouches-du-Rhône, deux dans le Var et deux dans les Alpes-Maritimes. Avec les trois sénateurs déjà en place, le Rassemblement national et ses alliés de l’UDR d’Éric Ciotti franchissent largement le seuil des dix élus nécessaire pour former un groupe au Sénat. La sénatrice de l’Ain Sylvie Goy-Chavent a également annoncé son intention de les rejoindre, ce qui porterait leur nombre à quinze. Le RN n’était jamais parvenu jusque-là à constituer un groupe. Marine Le Pen a salué sur X « une victoire historique ». Le 27 septembre, 178 des 348 sièges de la Haute Assemblée étaient remis en jeu, dans 64 circonscriptions. Les votants sont les grands électeurs : principalement des élus et délégués municipaux, mais aussi des parlementaires et des conseillers départementaux et régionaux.

Or, les municipales de mars avaient déjà fait progresser le RN dans les villes moyennes, et ce socle lui a servi de tremplin. Jordan Bardella promet un groupe qui portera « la voix des territoires oubliés ». Parmi les élus figure la députée et vice-présidente du parti Edwige Diaz, en Gironde. Tout n’a pas basculé pour autant : dans l’Aude, le PS a conservé ses deux sièges face au RN.

La majorité tient, LR perd du terrain

Gérard Larcher, candidat à sa propre succession, devrait être reconduit à la présidence du Sénat lors du vote prévu le 1er octobre. Il a d’ailleurs « pris acte » de l’arrivée d’un groupe RN, en rappelant que la majorité sénatoriale demeure, selon lui, la première force de l’hémicycle. La droite et le centre tiennent les rênes depuis 2014, et ce scrutin n’y change rien. Mais leur majorité s’érode. Les Républicains, qui disposaient de 131 sièges dont 77 étaient à renouveler, compteraient autour de 125 élus selon le sénateur Max Brisson, contre 123 selon le décompte du Monde. L’essentiel des pertes vient de Provence-Alpes-Côte d’Azur, où l’UDR d’Éric Ciotti a fait une percée.

Les principales figures de la majorité, elles, s’en sortent : Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, est réélu en Vendée, Mathieu Darnaud, président du groupe, en Ardèche. L’Union centriste, qui comptait 59 élus et visait la barre des 60, annonce pour l’instant des effectifs stables. Les groupes ont jusqu’au 5 octobre pour déposer leur liste, et le « mercato » des prochains jours peut encore rebattre les chiffres.

À gauche, le tableau reste presque inchangé. Le PS, qui comptait 64 sénateurs, a perdu un siège dans la Creuse mais gagné dans le Doubs, département jusque-là représenté uniquement par la droite et le centre, et dans l’Hérault. Les Écologistes, qui comptaient 16 sièges avant le vote, en perdent un en Gironde et un dans le Bas-Rhin, dans le sillage de la perte de Bordeaux et de Strasbourg aux municipales.

LFI entre au Sénat

Depuis sa création en 2016, La France insoumise butait sur la porte du Palais du Luxembourg. Gabriel Amard, gendre de Jean-Luc Mélenchon, l’a poussée dans le Rhône, où la gauche partait en ordre dispersé. Le fondateur du mouvement y voit un « heureux augure pour 2027 ». La soirée s’est pourtant vite crispée. Chez les Français de l’étranger, la candidate insoumise Martha Peciña a échoué à trois voix près. Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a aussitôt accusé les Écologistes d’avoir refusé une liste commune, ce qui aurait « fait perdre un siège à la gauche au détriment de la droite ». Les Verts ont répondu qu’ils avaient proposé la troisième place sur une liste d’union et que leurs propres grands électeurs avaient voté pour la liste LFI.

L’élection de Marc Péré, divers gauche à la tête d’une liste d’union en Haute-Garonne, ouvre un deuxième front. LFI le dit « apparenté », les Écologistes le revendiquent. Yannick Jadot, suspendu à titre conservatoire par son parti, a affirmé qu’aucun des deux élus ne rejoindrait le groupe écologiste. Une réunion doit trancher le 29 septembre. Ces tensions disent aussi l’état des Verts à sept mois du premier tour : Marine Tondelier, dont la candidature sera réexaminée par son parti en décembre, reste créditée de faibles intentions de vote dans les sondages, tandis que Sandrine Rousseau plaide pour un rapprochement avec Mélenchon.

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