« Je vous confirme que le gouvernement dont j’ai la charge ne déviera pas du cap qu’il s’est fixé, revenir sous les 3 % de déficit public en 2029 », affirmait Sébastien Lecornu le 6 mai dans une lettre adressée au patron de Medef, divulguée par le quotidien économique Les Échos. Le Premier ministre a déclaré ce jeudi 7 mai que l’exécutif allait continuer son effort visant à stabiliser au mieux les finances publiques, avec comme objectif de placer le déficit public à hauteur de 3 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2029.
Le courrier en question fait suite à l’interpellation par le président du Medef, Patrick Martin, du locataire de Matignon. Sébastien Lecornu a appelé à la « mobilisation de l’ensemble des acteurs économiques » depuis. Une initiative qui intervient alors que la France est plus que jamais exposée à une éventuelle crise économique, causée par l’envolée des prix des carburants. D’après les données publiées à la fin du mois de mars par l’agence nationale spécialisée dans les statistiques et les données économiques (Insee), le déficit public de la France est actuellement fixé à 5,1 % du PIB, ce qui est une nette amélioration par rapport à ce qui était anticipé par Bercy, qui prévoyait 5,4 % pour cette année.
Une volonté de « renforcer » le dialogue
Mais « l’exigence de redressement de nos finances publiques appelle à des responsabilités partagées. L’État y prendra toute sa part. J’attends la même mobilisation de l’ensemble des acteurs économiques », ajoutait le chef du gouvernement, jugeant « indispensable » de « conforter [l’]efficacité » des dispositifs d’aide aux entreprises. Sébastien Lecornu va même jusqu’à estimer « encore possible » un allègement de leurs impôts, notamment concernant leur production.
La semaine prochaine, le Premier ministre doit présenter de nouvelles aides aux secteurs impactés par cette flambée des prix à la pompe. L’objectif selon Sébastien Lecornu est de bâtir un budget « permettant de réduire notre déficit public l’an prochain, sans pour autant casser la fragile croissance qui est la nôtre, surtout dans le contexte international » actuel.
Pour atteindre ce déficit à hauteur de 3 % du PIB, il souhaite « mieux nourrir et structurer ces débats avec le Parlement, comme avec les partenaires sociaux », en proposant de « renforcer [le] dialogue », notamment avec le patronat en amont des échéances budgétaires. « Si vous souhaitez porter des propositions d’économies ou de réformes, le gouvernement est prêt à les instruire sans tabou », ajoute-t-il.
Une « règle d’or constitutionnelle » sur le déficit irrecevable
Dans une lettre datée du 10 avril dernier, le Medef avait proposé des axes d’amélioration sur la procédure budgétaire. L’organisation patronale proposait notamment l’établissement d’une « règle d’or constitutionnelle » sur le déficit public. Seulement, Sébastien Lecornu expliquait que ces modifications de procédures ne relevaient pas de sa compétence, mais de celle du Parlement. Ne bénéficiant pas de majorité au Parlement, selon lui la réforme « aurait peu de chances d’aboutir ». De plus, avec la mise en place d’une telle règle, « la gestion du Covid eût été impossible, sauf à recourir à des hausses massives d’impôts ».
Dernièrement, au mois d’avril, le gouvernement avait légèrement diminué sa prévision d’origine concernant la croissance attendue pour l’année 2026 à 0,9 %, contre 1 % fixé auparavant. L’exécutif avait également revu à la hausse la croissance de l’inflation, surtout dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. En parallèle, le gouvernement prévoyait enfin de maintenir son objectif d’un déficit à 5 % du PIB.





