La cérémonie des Golden Globes 2026 s'est tenue le 11 janvier à Los Angeles. Le comédien américain, récemment naturalisé français, n’a pas hésité à revendiquer une part de "french touch" dans son discours.

Dimanche 11 janvier, la très attendue cérémonie des Golden Globes a une nouvelle fois ouvert la saison des récompenses à Hollywood. Comme le veut la tradition, ce sont les membres de la presse étrangère qui ont distingué les films et séries ayant marqué l’année écoulée. Une soirée rythmée par les discours engagés, les victoires symboliques… et une apparition particulièrement commentée : celle de George Clooney, désormais officiellement français.

L’introduction en français de George Clooney

Naturalisé français le 26 décembre dernier avec sa femme Amal Clooney et leurs deux enfants, l’acteur de 64 ans a créé la surprise en ouvrant son discours… en français. Un sobre mais chaleureux « Bonsoir mes amis », suivi d’un « C’est un honneur d’être ici », prononcé avec un sourire assumé et un accent encore hésitant. Avant de conclure, en anglais cette fois, sur une note d’autodérision : « Vous voyez ? ».

Un clin d’œil très remarqué, immédiatement salué par la salle, et qui faisait écho à la polémique née quelques semaines plus tôt aux États-Unis. La naturalisation du couple Clooney avait en effet suscité les foudres de Donald Trump, qui s’en était pris à l’acteur sur son réseau Truth Social : « Bonne nouvelle ! George et Amal Clooney, deux des pires pronostiqueurs politiques de tous les temps, sont officiellement devenus citoyens français. »

L’ancien président avait poursuivi, fidèle à son style provocateur : « Clooney est plus connu pour la politique que pour ses rares films, totalement médiocres. Il n’était pas du tout une star de cinéma, mais juste un type ordinaire qui se plaignait constamment du bon sens en politique. »
Une attaque frontale à laquelle George Clooney a préféré répondre par l’élégance et l’humour, transformant la controverse en moment de légèreté, tout en revendiquant avec fierté sa nouvelle citoyenneté.

Installée en France depuis 2021, la famille Clooney vit à Brignoles, dans le Var. Leurs jumeaux, Alexander et Ella, âgés de 8 ans, y sont scolarisés. Un choix de vie assumé, motivé par la volonté d’éloigner les enfants de la pression médiatique américaine. En octobre dernier, George Clooney confiait au magazine Esquire : « J’ai passé une grande partie de mon enfance dans une ferme, et quand j’étais petit, je détestais cette idée. »
Avant d’ajouter, plus serein aujourd’hui : « Ils ont une vie bien meilleure. J’avais peur d’élever nos enfants à Los Angeles, dans la culture hollywoodienne. En France, ils se fichent un peu de la célébrité. Je ne veux pas qu’ils se promènent en s’inquiétant des paparazzis. »

Chalamet, Clooney… et le jeu des générations

Autre franco-américain à l’honneur lors de la cérémonie : Timothée Chalamet, sacré meilleur acteur dans une comédie pour son rôle de Marty Supreme. Les deux hommes ont partagé un moment complice sur scène, plaisantant sur l’écart générationnel : la dernière fois que George Clooney avait remporté un Golden Globe, Timothée Chalamet n’avait que trois ans.
Une passation symbolique entre deux figures majeures du cinéma américain, incarnant chacune une époque et un rapport différent à Hollywood.

La soirée a également été marquée par la performance du jeune Owen Cooper, qui entre dans l’histoire des Golden Globes en devenant, à seulement 16 ans, le plus jeune lauréat du prix du meilleur acteur dans un second rôle pour la série Adolescence.
Diffusée depuis le 13 mars 2025 sur Netflix, cette mini-série britannique a dépassé les 100 millions de vues. Véritable électrochoc lors de sa sortie, elle explore l’influence des réseaux sociaux dans la radicalisation masculiniste de jeunes garçons. Adolescence repart avec quatre trophées, s’imposant comme la série la plus récompensée de la soirée.

Ex æquo avec elle, le film Une bataille après l’autre a également raflé quatre prix : meilleure actrice dans un second rôle pour Teyana Taylor – qui a livré un discours poignant dédié aux femmes racisées du monde entier – meilleur scénario et meilleure réalisation pour Paul Thomas Anderson, ainsi que meilleur film musical ou comédie.
Malgré une performance saluée par la critique, Leonardo DiCaprio, en concurrence directe avec Timothée Chalamet, est reparti bredouille, ce qui ne l’a pas empêché d’échanger une franche accolade avec son meilleur rival pour les Oscars.

Côté musique, le Golden Globe de la meilleure chanson originale revient au film d’animation Netflix K-POP DEMON HUNTERS pour le titre « Golden ». La meilleure musique de film a été attribuée à Sinners, une bande originale aux accents blues, interprétée avec la participation de plusieurs membres du casting.
Une reconnaissance de plus pour des œuvres qui font tomber les frontières entre cinéma, musique et culture populaire.