Ancienne consultante, Alix Chatain a fait du Covid un accélérateur pour repenser la pédagogie et la relation entre étudiants, écoles et entreprises. Fondatrice de Puls’Up, elle accompagne aujourd’hui établissements et organisations dans le développement des compétences, la transformation des programmes et le management du changement.

Passée par le luxe, les RH, le conseil et l’enseignement supérieur, cette « caméléon » des univers professionnels revendique une vision : faire de la formation un connecteur d’aspirations et un booster de performance. Rencontre avec une entrepreneuse qui veut redonner du souffle au secteur.

Vous étiez consultante avant de créer Puls’Up. Qu’est-ce qui a déclenché ce virage entrepreneurial ?
Alix Chatain : J’ai travaillé plusieurs années dans des cabinets de conseil et des PME reconnues pour leur expertise en trade marketing, RH ou communication. Mais il me manquait un sens : relier enseignants, étudiants et entreprises. Quand mon ancienne école m’a proposé d’intervenir à l’INSEEC MSC & MBA en 2020, ce fut une révélation. J’ai quitté mon poste de direction pour me lancer. Deux mois plus tard, la Covid est arrivée. Une épreuve, certes, mais aussi un accélérateur : les écoles avaient besoin d’agilité pour garder le lien. Puls’Up est devenue une ressource stratégique et j’ai alors structuré l’activité en société.

Vous avez donc transformé la crise en opportunité…
Absolument. C’est même ma devise : saisir les opportunités, voire les provoquer. J’ai dû repenser les formats et innover sans cesse. Puls’Up a aidé les écoles à maintenir l’engagement des étudiants, en structurant leurs programmes et en connectant la pédagogie aux besoins réels du marché.

Qu’est-ce qui distingue Puls’Up dans un secteur concurrentiel ?
Alix Chatain : Notre approche globale. Nous ne faisons pas que transmettre un savoir : nous préparons des jeunes réellement employables. Cela passe par des modules sur-mesure, des formats impactants, des immersions en entreprise, un suivi continu. Nous travaillons aussi avec les managers pour comprendre les causes des défaillances, rétablir la communication et réconcilier les générations. Notre rôle est de créer des ponts entre les mondes académique et professionnel.

Vous insistez beaucoup sur la place de l’humain. Pourquoi est-ce central ?
Alix Chatain : Parce que l’échec en entreprise vient rarement d’un manque de compétences techniques. Il découle souvent de problèmes relationnels, de communication ou de management. Mettre l’humain au centre, c’est donner aux managers et aux alternants les clés pour progresser ensemble. Nous travaillons aussi la marque employeur : accueillir les jeunes, leur offrir des repères clairs, des process adaptés, et surtout les responsabiliser.

Vous avez introduit une dimension artistique dans vos programmes. Quelle est votre démarche ?
Alix Chatain : Depuis plusieurs années, je collabore avec des institutions comme le Louvre ou la Comédie-Française. L’art développe créativité, ouverture et dépassement de soi. Nous organisons par exemple des ateliers d’improvisation au musée pour travailler la négociation et la communication. L’idée est de sortir les étudiants de leur cadre habituel pour stimuler confiance, esprit critique et culture générale. J’aime aussi créer des challenges en incubateur pour révéler leur potentiel entrepreneurial.

L’intelligence artificielle bouleverse déjà la formation. Comment l’intégrez-vous ?
Alix Chatain : Plutôt que de la craindre, j’ai choisi de l’embrasser. Nous avons conçu un business game immersif qui associe stratégie marketing de luxe et intelligence artificielle. Les étudiants évoluent dans un environnement professionnel simulé qui leur permet à la fois de comprendre les usages concrets de l’IA et de s’approprier ses applications, tout en développant un comportement collaboratif et constructif grâce à des scénarios qui sollicitent leur force de proposition. L’objectif est de sensibiliser aux usages, de donner des repères éthiques et de rappeler que l’humain reste au centre. La technologie est un levier, mais la valeur se crée dans l’usage et la vision.

Quels sont vos défis aujourd’hui ?
Alix Chatain : Développer Puls’Up après avoir eu deux enfants en trois ans, attirer de nouveaux talents et continuer à innover. Le marché reste souvent figé, avec des programmes trop théoriques. Je veux amener du concret, du terrain, et aider les jeunes à devenir de véritables atouts pour les entreprises.

Un dernier mot plus personnel ?
Alix Chatain : Je crois à l’équilibre et à l’adaptabilité. La formation est une clé d’ouverture incroyable. Et je reste fidèle à cette idée : valoriser les jeunes, les écoles et les entreprises, tout en me laissant la liberté de mener plusieurs vies. À 40 ans, je passe un diplôme agricole pour reprendre les terres de ma grand-mère où je travaille déjà avec des chevaux, un formidable exercice de communication non verbale. Puls’Up, c’est un projet entrepreneurial, mais aussi une vision : transformer le potentiel en réussite durable.

 

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